Sa­lut les pi­geons

Motor Sport - - Edito - NI­CO­LAS GOURDOL

Je suis dé­so­lé, Mes­sieurs les jeunes en­tre­pre­neurs ré­vol­tés, mais les au­to­mo­bi­listes sont associés de­puis plus long­temps que vous aux cé­lèbres oi­seaux des villes de la fa­mille des co­lum­bi­dae. Des pi­geons en­core dans le vi­seur d’élus à la gâ­chette fa­cile. Le par­le­ment a vo­té fin oc­tobre le ba­rème du bo­nus/ma­lus 2013 et, comme di­raient le Ca­nard en­chaî­né et Fe­lix Baum­gart­ner, on a fran­chi le mur du “çon” ! La tranche haute passe de 231 à 201 grammes, avec une dou­lou­reuse qui s’en­vole de 3 600 à 6000 eu­ros ! Est donc concer­née par ce coup de mas­sue la grande ma­jo­ri­té des spor­tives du mar­ché. Dans le cas d’une Che­vro­let Ca­ma­ro, ce­la re­pré­sen­te­ra 15 % du prix de la voi­ture… Au­tant en in­ter­dire tout de suite l’im­por­ta­tion, on ga­gne­ra du temps. Les ama­teurs de GTI en prennent aus­si pour leur grade. 3 000 eu­ros pour une Mé­gane R.S. ven­due un peu plus de 30 000, voi­là une me­sure équi­table et pleine de bon sens… Même les tran­quilles pères de fa­mille ré­si­gnés au die­sel se­ront mis à contri­bu­tion puis­qu’un Grand Scé­nic rentre dans la tranche à 2 600 eu­ros. Et pan ! A l’heure où l’OMS com­mence (en­fin) à poin­ter du doigt la dan­ge­ro­si­té du ma­zout, où la grande ma­jo­ri­té des spé­cia­listes s’ac­corde sur la né­ces­si­té de ré­équi­li­brer le mix die­sel/es­sence pour li­mi­ter les im­por­ta­tions de die­sel et la sur­pro­duc­tion d’es­sence, le gou­ver­ne­ment en­fonce le clou. Un non-sens à tous les ni­veaux, et pas seule­ment ce­lui de ne pou­voir s’of­frir une voi­ture plai­sir sans être as­som­mé. Cette loi aux vieux re­lents pro­tec­tion­nistes risque de n’avoir pour seule consé­quence que de ra­len­tir un peu plus le mar­ché du neuf au pro­fit de ce­lui de l’oc­ca­sion, moins pro­fi­table pour notre éco­no­mie et moins éco­lo­gique. L’éco­lo­gie, par­lons-en ! Dif­fi­cile de croire que celle-ci soit au coeur des pré­oc­cu­pa­tions des au­teurs de ce texte de loi. Le fait de ne s’en te­nir qu’au C02 est dé­jà ab­surde, mais le plus ri­di­cule reste de ne pas te­nir compte d’un pa­ra­mètre es­sen­tiel dans la no­tion de pol­lu­tion, à sa­voir le nombre de ki­lo­mètres par­cou­rus. Pour ré­su­mer, of­frez-vous un pe­tit die­sel des fa­milles, pre­nez vos 200 eu­ros de bo­nus et rou­lez 60 000 km/an. Une ma­nière po­li­ti­que­ment cor­recte de faire un bras d’hon­neur à la pla­nète ! A n’en pas dou­ter, si l’in­com­pé­tence de nos élus en ma­tière d’au­to­mo­bile était ma­lus­sée, la crise de la dette ne se­rait bien­tôt plus qu’un mau­vais sou­ve­nir.

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