Le ma­riage Al­pine Ca­te­rham

Re­nault a choi­si une joint-ven­ture avec Ca­te­rham pour re­don­ner vie à Al­pine. Ren­dez-vous dans trois ans pour le pre­mier bé­bé d’une union rai­son­née, pas for­cé­ment rai­son­nable.

Motor Sport - - Actu -

Nour­ri à la dy­na­mique Nis­san, Car­los Ta­vares a choi­si de re­don­ner le goût de l’au­to­mo­bile à Re­nault. Je suis gra­ve­ment ma­lade de la pas­sion au­to­mo­bile, et en­core plus ma­lade de la pas­sion du sport au­to­mo­bile » avoue-t-il sans dé­tour. Ain­si, il s’est bat­tu en pre­mière ligne pour re­don­ner vie à Al­pine, pas­ser des vel­léi­tés de longue date à la réa­li­té, dans un contexte peu fa­vo­rable. Avant d’an­non­cer of­fi­ciel­le­ment le choix du par­te­na­riat, le Di­rec­teur Gé­né­ral de Re­nault, in­gé­nieur de for­ma­tion, nous avait pré­ci­sé sa stra­té­gie : Il est évident que nous avons les com­pé­tences et le ta­lent pour faire une Al­pine. Mais nous vou­lons aus­si don­ner de la pé­ren­ni­té à cette marque que nous ai­mons. Pour ce­la, il faut que l’as­sise in­dus­trielle et fi­nan­cière de sa re­lance soit abou­tie. Les ten­ta­tives pré­cé­dentes ont échoué parce que le “bu­si­ness case” ne te­nait pas de­bout. Le ticket d’en­trée était trop im­por­tant. Face à pa­reille si­tua­tion, on peut cou­per ce ticket et prendre le risque de sor­tir une voi­ture ap­proxi­ma­tive, pas aus­si abou­tie et ex­pres­sive qu’elle de­vrait l’être. Ou bien trou­ver un par­te­naire avec le­quel par­ta­ger le ticket d’en­trée. Moi, j’ai choi­si cette so­lu­tion, d’autres au­raient peut être pris la pre­mière. Je crois beau­coup à la marque. Elle a un pas­sé ex­tra­or­di­naire, spor­tif et hu­main. La créa­ti­vi­té et la dé­brouillar­dise dont ces gens ont fait preuve sont en ac­cord avec les dé­fis que nous af­fron­tons au­jourd’hui. Et si vous trou­vez un par­te­naire qui a la même pas­sion que vous, nor­ma­le­ment, un plus un, c’est su­pé­rieur à deux » . A pré­sent on le sait, ce par­te­naire

qui a les mêmes idées, qui a les pieds sur terre, qui ne se contente pas de faire des belles au­tos que l’on ne re­voit » , c’est Ca­te­rham. Concrè­te­ment, Ca­te­rham s’est en­ga­gé à prendre une par­ti­ci­pa­tion de 50 % dans Al­pine. Re­nault a mis l’usine de Dieppe dans la cor­beille de la ma­riée. La nou­velle en­ti­té s’ap­pel­le­ra So­cié­té des Au­to­mo­biles Al­pine Ca­te­rham et se­ra di­ri­gée par Ber­nard Ollivier, fi­dèle du lo­sange et an­cien de Re­nault Sport Tech­no­lo­gies (RST). RST a né­go­cié en amont la fai­sa­bi­li­té du pro­jet avec Ca­te­rham Tech­no­lo­gy & In­no­va­tion (CTI), la toute jeune branche en­gi­nee­ring que Ca­te­rham a éta­blie à 17 km de chez Lo­tus. Des in­gé­nieurs d’Ethel, à l’exemple de To­ny Shute, un des pères de l’Elise, ont re­joint Ca­te­rham. Mike Gas­koyne, le di­rec­teur tech­nique de Ca­te­rham F1, est lui aus­si par­tie pre­nante. Des Ca­te­rham et des Al­pine d’un genre nou­veau et à la per­son­na­li­té dis­tincte se­ront pro­duites à Dieppe, avec le sou­tien de l’Etat fran­çais et de la Ré­gion Haute-Nor­man­die. Re­nault et Ca­te­rham vont créer un dé­par­te­ment d’ingénierie com­mun qui pour­ra bé­né­fi­cier du sa­voir-faire de CTI et de RST. Les frais d’études et de fa­bri­ca­tion se­ront par­ta­gés à 50/50.

De gauche à droite : Da­to Ka­ma­ru­din Me­ra­nun (Ca­te­rham Group), Car­los Ta­vares (DG de Re­nault), Ber­nard Ollivier (DG de la So­cié­té des Au­to­mo­biles Al­pine Ca­te­rham To­ny Fer­nandes (Ca­te­rham Group), et Gra­ham McDo­nald (Ca­te­rham Cars).

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.