CHAQUE RES­PI­RA­TION DES TUR­BOS RÉ­SONNE COMME UN COUP DE FOUET QUI IM­PRIME VOS TYM­PANS

Motor Sport - - Essai -

comme à peu près toutes celles qui roulent en­core au­jourd’hui, est pas­sée à la fonte. Les freins car­bone étaient si long à mettre en tem­pé­ra­ture qu’ils en de­ve­naient dan­ge­reux sur route ou­verte. Là, ça freine bien et tout de suite. Je me sens as­sez vite à l’aise au vo­lant de ce pré­ten­du monstre, même pas in­ti­mi­dé par les énormes “pss­schit” à chaque lâ­cher de gaz. Les tur­bos rap­pellent ain­si à leur ma­nière qu’ils ne de­mandent qu’à pas­ser à l’ac­tion. La pres­sion de 0,95 bar est dé­li­vrée vers 4 000 tours, avec la pro­gres­si­vi­té d’un boxeur sous ex­ta. En fait, j’exa­gère. Même s’il est vrai que le couple co­los­sal dé­boule vio­lem­ment, le cô­té on/off à l’an­cienne du V6 n’est pas si ca­ri­ca­tu­ral que l’on peut l’ima­gi­ner. Avec un meilleur rap­port poids/puis­sance qu’une Porsche 997 Tur­bo dans une au­to de course qui fête ses vingt ans, je vous laisse ima­gi­ner à quel point la pous­sée est dé­li­rante, op­pres­sante même, et ac­com­pa­gnée d’un in­croyable va­carme. Chaque res­pi­ra­tion des tur­bos ré­sonne comme un coup de fouet qui vient im­pri­mer du­ra­ble­ment vos tym­pans. On re­pas­se­ra pour la no­blesse, mais ques­tion sen­sa­tions, on a rare- ment fait mieux. Ques­tion plai­sir de pi­lo­tage aus­si ! De la ba­garre, de la sueur, bien sûr, il y en a. Mais pas au point de vous obli­ger à cal­mer le jeu avant d’avoir ne se­rait-ce qu’en­tre­vu le po­ten­tiel de l’au­to. La 400 est sau­vage, certes, mais ul­tra-pré­cise, prévenante, et j’ose­rais même dire pro­gres­sive aux li­mites. Qui pour­rait ima­gi­ner trou­ver sur cette ma­mie sur­vol­tée un train avant aus­si in­ci­sif ?

Et que dire de la mo­tri­ci­té ? Je me sur­prends à ou­vrir les gaz en grand aus­si tôt qu’avec des su­per­spor­tives mo­dernes. Dans les courbes ra­pides, l’équilibre est ex­cellent. Un pe­tit le­ver de pied suf­fit pour poin­ter à la corde sans ris­quer de vio­lentes fa­cettes. Je dé­cèle bien un lé­ger flou au coup de vo­lant et dans les gros ap­puis, mais n’ou­blions pas que la voi­ture est chaus­sée en Mi­che­lin Pilot Sport pre­mière gé­né­ra­tion et que le châs­sis, en­tiè­re­ment ré­glable, est en confi­gu­ra­tion route. A la sor­tie du pif-paf, j’ai même droit à une jo­lie glisse des quatre roues pour re­joindre le vi­breur op­po­sé. Seul le freinage, très ef­fi­cace au de­meu­rant, ré­clame un cer­tain doig­té (de pied) pour ne pas blo­quer les roues avant. Le ré­sul­tat est à la hau­teur du plai­sir pris au vo­lant avec un chro­no de 1’24”44. C’est moins d’une se­conde der­rière une Mer­cedes SLS AMG, et un dixième de­vant une Ma­se­ra­ti MC Stra­dale. Nul doute qu’avec des se­mi-slicks et des ré­glages ap­pro­priés nous au­rions en­core pu faire beau­coup mieux.

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