L’AMG TEND PLUS VERS LA MÉ­GANE R.S., SI VOUS VOYEZ CE QUE JE VEUX DIRE…

Motor Sport - - SUPERTEST -

route de Ma­gny-Cours. Et pour que le voyage soit plus at­trayant, en ac­cord avec mon aco­lyte, nous avons cou­pé par les vi­gnobles du San­cer­rois et les ves­tiges de la Na­tio­nale 7. D’un cô­té, des pompes à es­sence, des hô­tels et des bis­trots en ruine, de l’autre des vi­gne­rons bien vi­vants, ré­com­pen­sés par une recherche de qua­li­té qui at­tire le client étran­ger. Avec leurs boîtes qui tra­vaillent toutes seules et leur punch suf­fi­sant pour évo­luer sur un fi­let de gaz, nos ber­lines se moquent des bou­chons et se plient à la conduite dé­ten­due. La trans­mis­sion au­to­ma­tique ZF et la sus­pen­sion pi­lo­tée de la BMW ex­cellent dans la pré­ve­nance. L’AMG tend plus vers la Mé­gane R.S., si vous voyez ce que je veux dire. Elle est sèche, un point c’est tout, plus agi­tée sur une chaus­sée dé­gra­dée. Et puis sa boîte double em­brayage “or­di­naire amé­lio­rée” est moins raf­fi­née dans ses ma­nières, tan­dis que son launch control n’est pas un équi­pe­ment in­dis­pen­sable pour al­ler cher­cher le pain. Aus­si per­fec­tion­née soit-elle, la A 45 AMG dé­rive bel bien de la A 250. Ce­la lui donne une sa­veur “pré­pa- ra­teur”, alors que la 1M se contente de re­prendre tel quel un groupe pro­pul­seur des ca­té­go­ries su­pé­rieures. La re­cette ne date pas d’hier, elle a fait ses preuves mais ne va pas dans le sens d’une ré­duc­tion pous­sée de la con­so. La jauge des­cend moins vite sur la Benz quand on a le pied lé­ger. Au fil des ki­lo­mètres, les ca­rac­tères se pré­cisent. On a chez AMG une ri­gueur mê­lée de froi­deur, qui tranche avec un sens de la sé­duc­tion, voire de la fan­tai­sie au ni­veau es­thé­tique. En gris, la M135 se confond avec toutes ses soeurs: pour vivre heu­reux, vi­vons ca­ché, ne fai­sons pas de bruit. Jus­te­ment, la A 45 a aus­si dans sa pa­lette d’équi­pe­ments un échap­pe­ment plus so­nore, et même en noir intégral elle reste re­pé­rable.

Drôle de mo­teur

Pen­dant ce temps-là, le ciel s’est as­som­bri, de gros nuages noirs se sont po­si­tion­nés au-des­sus de nos au­tos et, coup de ton­nerre, le ciel nous est tom­bé sur la tête à une heure de Ma­gny-Cours. La Mé­téo s’était pour­tant mon­trée op­ti­miste. L’hi­ver est en­tré sans frap­per, plus d’image, plus de son. ESP et trans­mis­sion in­té­grale ne sont pas un re­mède contre l’aqua­pla­ning et la ré­duc­tion de vi­si­bi­li­té, mais ils ont plus qu’un ef­fet pla­ce­bo, sur­tout sur une BMW qui a gar­dé son ca­rac­tère de pro­pul­sion. La ques­tion se pose moins sur la Mer­cedes qui se vit comme une trac­tion avant et mo­dule avec dis­cré­tion ses re­ports sur l’ar­rière. Quand on pense plus à la vo­lup­té qu’au chro­no, l’AMG est moins à son avan­tage. Elle n’a pas non plus cette part de fo­lie, voire de ter­reur, que peuvent dé­ga­ger ses aî­nées à mo­teur V8. En plus d’être na­tu­rel­le­ment une trac­tion, elle a un drôle de mo­teur qui vous ca­ta­pulte comme un res­sort, une mé­ca­nique que l’on peut qua­li­fier de flexible quand on em­ploie­ra les termes sou­plesse, onc­tuo­si­té, élas­ti­ci­té pour le 6 en ligne de BMW. Mes­dames, Mes­sieurs, que la fête com­mence. Dé­jà pas­sée à la mou­li­nette sur le cir­cuit école de Ma­gny-Cours, la BMW M135i xDrive a éta­bli un chro­no qui fait ré­fé­rence et bat­tu plus gros qu’elle. Ce n’est pas ga­gné pour la Mer­cedes.

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