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Motor Sport - - REPORTAGE -

ne Ariel Atom fend la foule qui s’amasse à l’ar­ri­vée de la Bu­gat­ti Vey­ron; une GT-R pa­tiente sa­ge­ment à cô­té d’un es­saim de Lo­tus Exige; une Stra­tos s’échauffe tan­dis que l’écho d’une Ford RS 200 ex-usine re­bon­dit sur le mas­sif de la Haute-Ta­ren­taise. L’évé­ne­ment a conser­vé sa sin­gu­la­ri­té, son dé­cor, son am­biance, tout en pre­nant en­core de l’am­pleur. Une as­so­cia­tion a été créée cette an­née pour pé­ren­ni­ser le concept ima­gi­né en 2011 par un pas­sion­né très éloi­gné du monde de l’évé­ne­men­tiel. L’équipe em­me­née par Ni­co­las Ri­chel s’ef­force de don­ner chaque an­née un cadre un plus ri­gou­reux à ce ras­sem­ble­ment de voi­tures de sport unique en son genre. Les 29 et 30 juin der­niers, tout le monde s’était mo­bi­li­sé dans la pe­tite sta­tion de Mont­cha­vin-les-Coches, des com­mer­çants à la mu­ni­ci­pa­li­té en pas­sant par l’Office du Tou­risme et une bonne cen­taine de bé­né­voles. Les hô­tels aus­si jouent le jeu pour lo­ger les “pi­lotes” et leurs ac­com­pa­gnants. Avec plus de 3000 spec­ta­teurs pour cette troi­sième édi­tion, le Mo­tor Spor­tive Day est un évé­ne­ment qui compte pour la pro­mo­tion d’une ré­gion vi­vant es­sen­tiel­le­ment du tou­risme. Cette an­née, les or­ga­ni­sa­teurs ont étof­fé le pro­gramme avec une belle ba­lade le sa­me­di dans quelques cols des en­vi­rons. L’op­tion tou­risme est par­ti­cu­liè­re­ment ap­pré­ciée par ceux qui viennent de loin et la mé­téo exé­crable n’a pas dé­cou­ra­gé les par­ti­ci­pants, Manu et son Atom en tête. Les bap­têmes res­tent concen­trés sur la jour­née du di­manche. Quatre-vingt-cinq spor­tives de tout poil sont là pour as­su­rer le spec­tacle. Une qua­ran­taine a dû être re­fu­sée pour d’évi­dentes ques­tions de lo­gis­tique. Un jeune homme tré­pigne dans la file d’at­tente avec une mine ra­dieuse. Le ti­cket qu’il tient ner­veu­se­ment dans la main droite lui donne droit à un tour de ma­nège en 458 Ita­lia avec un Dé­dé en pleine forme. Moyen­nant 60 eu­ros au lieu de 30, il a pu choi­sir son au­to. C’est nou­veau, et ça plaît. La for­mule évite la foire d’em­poigne et les frus­tra­tions. Elle met aus­si un peu d’huile dans les rouages d’une or­ga­ni­sa­tion com­plexe et pé­rilleuse. Tout le suc­cès de l’évé­ne­ment tient dans la ca­pa­ci­té d’as­su­rer un maxi­mum de ro­ta­tions sans in­ci­dent ni temps mort. In­chan­gée, la por­tion de route de 6 km fer­mée pour l’oc­ca­sion compte huit épingles sur 200 m de dé­ni­ve­lé. Beau ter­rain de jeu.

Bap­têmes du feu

Le bal­let in­ces­sant de ces taxis de luxe est aus­si fas­ci­nant que le sou­rire béat des hommes, femmes, en­fants qui en sortent. Cer­tains re­tiennent le chant d’une Fer­ra­ri, d’autres la bes­tia­li­té de l’Ul­ti­ma GTR, les sen­sa­tions d’une Lo­tus ou en­core les charmes in­soup­çon­nés de la TVR de l’ami Phi­lippe. Ce der­nier a pré­fé­ré un bon bol d’air au vo­lant de son An­glaise à une nou­velle séance de sau­na dans sa Ven­tu­ri 400 Tro­phy qui au­ra mar­qué l’édi­tion 2012 et le nu­mé­ro 49 de Motorsport. Nous croi­sons d’autres têtes connues, comme Lo­ris et son Au­di RS3 vi­dée, ar­ceau­tée, gon­flée à bloc et tou­jours pi­lo­tée avec au­tant de pa­nache. Il est re­ve­nu ta­touer les épingles sans ses potes en GT3 RS. Le gang des contre­bra­queurs suisses a lais­sé sa place à des Mo­né­gasques em­me­nés par Gilles, cascadeur de son état. La fine équipe est car­ré­ment ve­nue avec un ca­mion trans­por­tant rien moins qu’une Lan­cia Stra­tos, une Ford RS 200, une Fiat 121 Abarth et un Hu­mer H1. Cher­chez l’in­trus. Les spec­ta­teurs ont aus­si eu le pri­vi­lège de voir rou­ler un jour avant son lan­ce­ment of­fi­ciel une Mer­cedes A 45 AMG, mais la ve­dette de cette édi­tion était in­con­tes­ta­ble­ment la Bu­gat­ti. Pour la pe­tite his­toire, cet exem­plaire a été ache­té par plu­sieurs pas­sion­nés qui pro­posent au­jourd’hui la seule Vey­ron au monde dis­po­nible à la lo­ca­tion. Compte te­nu du coût de re­vient au ki­lo­mètre, la su­per­car était pro­po­sée pour les bap­têmes à un ta­rif pro­por­tion­nel à sa puis­sance: 125 eu­ros l’al­ler, 250 eu­ros l’al­ler/re­tour. Seule une poi­gnée de per­sonnes ont cas­sé leur ti­re­lire, les autres se sont juste rin­cé l’oeil. Dans un cadre de rêve sous un so­leil ra­dieux, le spec­tacle est as­su­ré sur le par­king comme sur la route. Les ac­cès aux épingles sont mal­heu­reu­se­ment in­ter­dits au pu­blic pour des rai­sons de sé­cu­ri­té. On peut y voir à l’oeuvre des par­ti­ci­pants plus ou moins gé­né­reux… Of­fi­ciel­le­ment, les li­mi­ta­tions de vi­tesse doivent être res­pec­tées. Il se­rait hy­po­crite de vous dire que le rè­gle­ment est sui­vi à la lettre, mais l’évé­ne­ment n’a rien d’un dé­fou­loir pour pi­lotes frus­trés. Un seul pe­tit in­ci­dent se­ra à dé­plo­rer sur plus de 300 bap­têmes réa­li­sés ! Il ne s’agit pas de cla­quer un chro­no mais de par­ta­ger sa pas­sion en fai­sant une bonne ac­tion. Les bé­né­fices de la jour­née sont re­ver­sés à l’oeuvre des pu­pilles des sa­peurs pom­piers. Cette an­née, l’as­so­cia­tion est re­par­tie avec un chèque de 8200 eu­ros. Le Mo­tor Spor­tive Day est dé­sor­mais so­li­de­ment an­cré dans le ca­len­drier des amou­reux de spor­tives et de mon­tagne. Ren­dez-vous en 2014. In­for­ma­tions et contact: www.mo­tor­spor­ti­ve­day.com

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