PIS­TARD

Xa­vier et sa Porsche 964

Motor Sport - - SOMMAIRE - TEXTE CLÉMENT BOUR­DIN PHO­TOS ALEXIS GOURE

N os pas­sions sont bien sou­vent trans­mises par nos pa­rents. C’est le cas de Xa­vier, comp­table de 42 ans, dont le père est à l’ori­gine de son amour des belles mé­ca­niques. « Mon père chan­geait très sou­vent de voi­ture, pas loin d’une fois par an. Il ai­mait ça et nous a trans­mis le vi­rus à mon frère et à moi. » Le rêve de Xa­vier? Pos­sé­der un jour une Porsche. Un rêve réa­li­sé voi­là huit ans avec l’achat d’une 911 3.2 en­tiè­re­ment d’ori­gine. Il s’ins­crit au Club911.net et se met ra­pi­de­ment à faire de la piste. Au fur et à me­sure qu’il s’amé­liore, grâce aux ins­truc­teurs pré­sents sur chaque sor­tie, il pré­pare son au­to mais dé­cide d’ar­rê­ter avant de trop la dé­na­tu­rer. En 2011 il s’offre une 964 Car­re­ra 2 dé­jà lé­gè­re­ment pré­pa­rée (mo­teur et trains rou­lants). « Le châs­sis était top mais il y avait un pe­tit pro­blème mo­teur et un manque de puis­sance. Au lieu de 250, elle sor­tait 233 ch. Sur les con­seils des membres du club, je suis al­lé en Suisse voir Pierre Ofz­ky, un pré­pa­ra­teur spé­cia­li­sé dans les Porsche an­ciennes. Il a ré­so­lu mon sou­ci et a au pas­sage re­vu la pré­pa mo­teur. Dé­sor­mais, le 3,6 litres sort 299 ch. » Une puis­sance très res­pec­table, d’au­tant plus que la Stutt­gar­toise ne pèse que 1220 kg. Avec cette voi­ture, do­tée de slicks lors de ses vi­rées sur piste, Xa­vier tourne au­tour des 911 GT3. Vous avez for­cé­ment re­mar­qué la dé­co Tag Heuer de la 964 de Xa­vier. Ce der­nier s’est at­te­lé à conce­voir une ré­plique de la 964 Car­re­ra Cup de Mi­ka Häk­ki­nen vic­to­rieuse à Monaco en 1993 car « elle me plai­sait, et ce­la per­met de dé­mar­quer ma 911 grise des autres. En plus, je suis fan de cet hor­lo­ger et de Steve McQueen, donc je conci­lie plu­sieurs pas­sions sur un même sup­port » .

Sor­tie men­suelle

Avec son Al­le­mande taillée pour l’ar­souille, Xa­vier se rend qua­si­ment une fois par mois sur piste, ac­com­pa­gné par­fois de sa femme So­phie-Anne, « elle aus­si conta­mi­née. Je la re­mer­cie d’ailleurs pour sa pa­tience lorsque je pars trois jours sans elle » . Il tra­verse donc la France de long en large pour rou­ler sur tous les types de cir­cuits. Ses pré­fé­rés? Le Cas­tel­let, qu’il consi­dère comme un des plus beaux cir­cuits de France, Lé­de­non pour son dé­ni­ve­lé ex­cep­tion­nel et son tra­cé tech­nique, et Di­jon-Pre­nois qui per­met no­tam­ment de dé­pas­ser les 250 km/h grâce à sa longue ligne droite. Notre gentleman dri­ver ne se li­mite pas à la France. Il fran­chit éga­le­ment ré­gu­liè­re­ment les fron­tières pour se rendre à Spa-Fran­cor­champs. Il a même po­sé une fois les roues de sa 964 “Tag” sur la Nord­schleife où les nom­breux vi­rages en aveugle et l’am­biance, par­ti­cu­liè­re­ment le mé­lange des genres ca­ra­vanes/voi­tures de sport, l’ont mar­qué au point de vou­loir y re­tour­ner un jour. Dé­sor­mais non-ho­mo­lo­guée pour la route, cette 964 est em­me­née sur piste par pla­teau, un coût qu’il ne faut pas né­gli­ger pour Xa­vier. « Quand on uti­lise un en­gin de ce genre, il faut pré­voir un bud­get pour les à-cô­tés, comme l’achat d’un pla­teau ou la pos­ses­sion d’un ga­rage pour le sto­ckage de la voi­ture par exemple. Mais sur­tout, il faut pen­ser aux consom­mables qui com­mencent à souf­frir pas mal sur une telle voi­ture, no­tam­ment les pla­quettes qui sont très ra­pi­de­ment usées, et les disques, sans ou­blier une vi­dange après deux track days. Sur mon an­cienne 3.2 le bud­get dé­dié à chaque sor­tie était re­la­ti­ve­ment mo­deste. Là, avec la 964, je compte bien 1000 eu­ros par sor­tie. » Outre l’as­pect éco­no­mique qui peut en re­bu­ter cer­tains de se rendre sur piste, Xa­vier dé­nonce les contraintes de plus en plus im­por­tantes sur les cir­cuits. « De­puis quelques an­nées, on ne peut plus faire ce que l’on veut. Les res­tric­tions so­nores peuvent dé­sor­mais in­ter­dire à cer­taines au­tos de rou­ler. Et ce­la touche tous les cir­cuits, même les plus pres­ti­gieux comme Le Mans ou Spa. D’ailleurs, si l’on pou­vait au­tre­fois rou­ler là-bas entre mi­di et 14 heures, c’est dé­sor­mais im­pos­sible. Tout ce­la gâche un peu le plai­sir. Sans ou­blier les coûts, en aug­men­ta­tion constante chaque an­née. »

Avec cette dé­co hom­mage à la 964 Car­re­ra Cup de Mi­ka Häk­ki­nen, la 911 de Xa­vier ne passe pas in­aper­çue.

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