PRÉ­FÉ­REZ LA CA­POTE

Le road­ster ja­po­nais pro­pose désormais une in­édite ver­sion tar­ga au mé­ca­nisme de toit très so­phis­ti­qué, mais ce­la ne pro­fite pas vrai­ment à l’ex­pé­rience de conduite.

Motor Sport - - ESSAI NOUVEAUTÉ - TEXTE CÉ­DRIC PI­NA­TEL PHOTOS D. R.

Comment éner­ver un in­gé­nieur Maz­da? Fa­cile. Il suf­fit de lui de­man­der s’il n’est pas temps de pro­po­ser une ver­sion plus puis­sante de la MX-5 au ca­ta­logue, main­te­nant que la cou­sine Abarth 124 existe. « Re­gar­dez bien la taille des porte-à-faux de la 124. Ils sont énormes et in­duisent une moins bonne ré­par­ti­tion des masses. Ce­la nuit for­cé­ment à l’équi­libre de pi­lo­tage de la voi­ture, par rap­port à notre MX-5 qui pos­sède qua­si­ment ses roues aux ex­tré­mi­tés de la car­ros­se­rie » , nous affirment les spé­cia­listes ja­po­nais de Maz­da pen­dant la pré­sen­ta­tion de la nou­velle RF. « Notre MX-5 ne né­ces­site pas d’aug­men­ta­tion de sa puis­sance car elle re­pré­sente dé­jà la sportive par­faite telle que nous l’ima­gi­nions. » Bref, vous pou­vez tou­jours cou­rir si vous at­ten­dez une nou­velle MX-5 po­si­tion­née au-des­sus des ver­sions 1,5 litre 131 ch et 2,0 litres 160 ch ac­tuelles.

Il y a pour­tant du nou­veau dans la gamme MX-5: cette fa­meuse RF (pour “Re­trac­table Fast­back”) que nous sommes al­lés es­sayer sur les routes au­tour de Bar­ce­lone. Elle rem­place dans l’es­prit l’an­cienne MX-5 à toit en dur ré­trac­table, mais avec un sys­tème in­édit rap­pe­lant le mé­ca­nisme des Fer­ra­ri 488 Spi­der et McLa­ren 650S Spi­der. Oui, ex­cu­sez du peu, la frêle sportive ja­po­naise s’équipe d’un toit élec­trique dont la so­phis­ti­ca­tion évoque de vraies su­per­cars dé­cou­vrables. D’abord pré­sen­tée à Pa­ris dans une soi­rée hy­per se­lect où l’au­dience sem­blait una­nime sur l’ap­port es­thé­tique de cette struc­ture digne d’une 911 Tar­ga, la MX-5 RF peine pour­tant à nous émer­veiller sous la gri­saille bar­ce­lo­naise. Maz­da la pré­sente comme une ver­sion luxueuse de la MX-5, mais sa sil­houette haute et un brin pa­taude tranche avec la lé­gè­re­té na­tu­relle de la va­riante “soft top”. Toit ou­vert, son pro­fil peut même pa­raître dés­équi­li­bré avec la fausse vitre ar­rière.

Dif­fi­cile, en re­vanche, de cri­ti­quer le très bel ha­bi­tacle de nos ver­sions d’es­sai. En fi­ni­tion haut de gamme, l’in­té­rieur de la MX-5 RF pro­fite de jo­lis ha­billages en cuir et Al­can­ta­ra, à la fa­çon des cou­sines ita­liennes de chez Fiat et Abarth. Mais avec la RF, fi­ni la grande vue pa­no­ra­mique au­tour des quatre roues. Vous au­rez beau en­le­ver le toit (en ap­puyant sur un simple bou­ton élec­trique pen­dant treize se­condes), les gros mon­tants ar­rière res­te­ront en per­ma­nence dans votre champ de vi­sion. Et une fois sur l’au­to­route, on ne res­sent pas les tra­vaux sup­plé­men­taires d’in­so­no­ri­sa­tion pro­mis par les in­gé­nieurs de Maz­da. Non seule­ment vous y prê­te­rez dif­fi­ci­le­ment at­ten­tion en ver­sion fer­mée, mais vous se­rez car­ré­ment sur­pris d’en­tendre de gros bruits d’air en confi­gu­ra­tion ou­verte à par­tir de 60 km/h: l’air com­mence alors à s’en­gouf­frer contre toute la par­tie ar­rière fixe, vous obli­geant dès lors à crier pour par­ler à votre pas­sa­ger. Et je ne me ris­que­rai pas non plus à dire qu’il y a moins de re­mous que dans la MX-5 “nor­male”.

Heu­reu­se­ment, ce drôle de couvre-chef n’al­tère pas le com­por­te­ment sa­vou­reux de la MX-5 mal­gré une prise de poids de 45 kg et des sus­pen­sions mo­di­fiées en consé­quence. Dans l’ar­rière-pays es­pa­gnol, la Ja­po­naise ré­gale son conduc­teur avec au­tant de maî­trise que son ho­mo­logue à ca­pote souple. Vous re­trou­vez ain­si un quatre cy­lindres au ca­rac­tère in­té­res­sant en ver­sion 2,0 litres, une di­rec­tion tran­chante et un équi­libre châs­sis re­mar­quable avec juste ce qu’il faut de rou­lis pour vous ai­der à la ca­ler sur ses ap­puis. La com­mande de boîte par­faite ne nous a pas don­né en­vie d’es­sayer la nou­velle boîte au­to­ma­tique op­tion­nelle, plus lente d’une se­conde pleine

sur le 0 à 100 km/h (!). Les per­for­mances en ligne droite de la RF 2,0 n’y perdent que très peu par rap­port au “soft top” (un dixième de plus sur le 0 à 100 km/h), mais pas­ser d’une 2,0 160 ch à une 1,5 131 ch donne plus que ja­mais l’im­pres­sion de conduire une au­to net­te­ment moins per­for­mante. Outre les ac­cé­lé­ra­tions qui vous com­pliquent la tâche au mo­ment de dou­bler un mo­no­space fa­mi­lial die­sel, les li­mites de grip de la 1,5 s’at­teignent beau­coup plus vite. Sans doute en rai­son de la monte pneu­ma­tique plus pe­tite.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.