Interview Tho­mas Ra­mette

MX Magazine - - Sommaire - Par ODV

Ap­pe­lé à la res­cousse par le team Ya­ma­ha Star Racing pour remplacer Fer­ran­dis et Ni­chols bles­sés sur la côte Est, Tho­mas Ra­mette n’a pas hé­si­té pour s’en­vo­ler au pied le­vé vers les USA. Le cham­pion de France SX1 out­door 2017 vit un rêve éveillé. Il nous livre en ex­clu les dé­tails d’une aven­ture qui mar­que­ra à ja­mais sa car­rière.

Ap­pe­lé en rem­pla­ce­ment des pi­lotes Ya­ma­ha Star Racing Colt Ni­chols et Dy­lan Fer­ran­dis, tous deux bles­sés, le Fran­çais Tho­mas Ra­mette a tra­ver­sé l’at­lan­tique pour de­ve­nir à son tour pi­lote d’usine aux US. Une ex­pé­rience en­ri­chis­sante pour le vi­ce­cham­pion an­glais d’are­na­cross 2018, et l’oc­ca­sion pour vous d’en ap­prendre un peu plus sur les cou­lisses du su­per­cross US !

Ren­con­tré sur le ter­rain d’en­traî­ne­ment pri­vé de Ya­ma­ha en Ca­li­for­nie, au len­de­main de l’épreuve d’in­dia­na­po­lis, Tho­mas Ra­mette s’est li­vré sans re­te­nue sur cette ex­pé­rience in­at­ten­due de pi­lote usine aux USA. Mi­cro…

Avant de par­ler des USA, fai­sons un ra­pide bi­lan de ta sai­son hi­ver­nale en Eu­rope… « Je suis pour la troi­sième an­née dans l’équipe SR75 Su­zu­ki. C’est un pe­tit team, ma­na­gé par Jeff Wal­ker qui me per­met de rou­ler dans de bonnes condi­tions en An­gle­terre. Ils prennent tout en charge là-bas et quand je roule en France, ils me laissent le ma­tos. Avec Cy­rille Cou­lon, on fait notre mé­ca­nique, même si on a notre mé­ca­no sur les courses. On a des sus­pen­sions A-kit de chez Sho­wa, ache­tées aux US. Cy­rille m’aide beau­coup pour le tes­ting, il aime ça plus que moi ! En 2017, j’étais moins ra­pide qu’en 2016, même si j’ai quand même dé­cro­ché le titre de cham­pion de France SX Out­door. En in­door, ça a été plus dif­fi­cile, Sou­bey­ras était au­des­sus. Dé­but 2018, en Are­na­cross, je me suis bien re­pris, j’étais dans une bonne dy­na­mique et même si une botte de paille m’a fait chu­ter et ra­ter une course, je ne fi­nis qu’à trois points de Cé­dric. Ce titre de vice-cham­pion est donc sa­tis­fai­sant compte te­nu des cir­cons­tances. »

Ce trans­fert aux US, c’était une sur­prise. Com­ment ça s’est pas­sé ? « Après le cham­pion­nat an­glais, j’étais en break an­nuel, j’avais ven­du mes mo­tos et j’at­ten­dais les nou­velles. Je n’avais pas rou­lé de­puis trois se­maines et j’étais par­ti en week-end au bord de la mer avec ma co­pine. À 10 heures du soir, j’étais au res­tau quand Jeff Wal­ker m’a té­lé­pho­né. Là, il me ra­conte qu’il vient d’avoir une conver­sa­tion avec Ga­reth Swa­ne­poel au su­jet du rem­pla­ce­ment de Colt Ni­chols et Dy­lan Fer­ran­dis au sein du team Ya­ma­ha Star Racing. Jeff me de­mande alors si ça m’in­té­resse et je tombe des nues. Je lui de­mande com­ment ça va se pas­ser avec nos spon­sors, avec Su­zu­ki, et il ré­pond que tout est dé­jà ar­ran­gé ! Je pen­sais que c’était pour

« Je n’ai même pas eu le temps de dire au re­voir à mes proches et j’ai sau­té dans l’avion! »

In­dia­na­po­lis mais il me dit que si je sai­sis l’offre, je dois par­tir le len­de­main ma­tin, rou­ler le jeu­di et faire la course de St-louis dans la fou­lée ! »

Ça ne laisse pas beau­coup de temps en ef­fet. Com­ment as-tu gé­ré ça dans la pré­ci­pi­ta­tion? « Tout s’est pas­sé hy­per vite. On n’a même pas fi­ni de man­ger, on a ren­du la chambre d’hôtel et l’on a pris la route pour ren­trer chez moi. Will Hahn, l’as­sis­tant team ma­na­ger chez Ya­ma­ha Star Racing, m’a ap­pe­lé sur la route pour me de­man­der mon numéro de pas­se­port et prendre les billets. À une heure du ma­tin, j’ar­rive chez moi, je fais mon sac, et à 3 heures me voi­là en route pour l’aé­ro­port. On a dé­col­lé à 6 heures, je n’avais pas dor­mi ! Sur un plan émo­tion­nel, c’était com­pli­qué : d’un cô­té c’est ex­ci­tant car c’est le rêve d’une vie de rou­ler pour un team usine. De l’autre, ça veut dire lais­ser ma co­pine pour deux mois qua­si­ment d’une mi­nute à l’autre, sans même avoir le temps de dire au re­voir à mes pa­rents… Ça n’a pas été évident mais main­te­nant, j’es­saie de vivre l’aven­ture au maxi­mum. »

Ton contrat res­semble à quoi? « Je n’ai pas de sa­laire. Le team prend en charge mes dé­penses, les voyages, mon billet pour ve­nir. Au ni­veau du logement, je suis hé­ber­gé chez Ga­reth Swa­ne­poel. J’ai des bo­nus aux ré­sul­tats. Mais je ne suis pas ve­nu ici pour ga­gner des sous. Par contre, si je roule bien, ça peut ou­vrir des portes, mais on n’en est pas en­core là. »

L’arrivée d’un nou­veau Fran­çais dans ce team amé­ri­cain, ça a été fa­cile ? « Ben, c’est eux qui ont choi­si ! C’est vrai que je n’étais pas leur pre­mier choix, mais y’a beau­coup de bles­sés, et les pi­lotes de la côte Ouest ne peuvent pas rou­ler sur la côte Est. Ceux qui roulent en Are­na­cross ont des contrats qui les lient à leurs teams. Bref, ça tom­bait bien pour moi parce que j’étais entre deux sai­sons et que mon team me lais­sait y al­ler. Une fois sur place, les Amé­ri­cains ont été très com­pré­hen­sifs. Je suis ar­ri­vé avec une nuit blanche pour faire du tes­ting le jeu­di avant la course. Ils ne m’ont mis au­cune pres­sion, mais c’était pas la peine, je me la met­tais dé­jà bien moi-même ! » Avais-tu la pos­si­bi­li­té de mo­di­fier les réglages de la moto ? « En fait, je me suis lais­sé gui­der car je n’avais au­cun re­père pour une 250. Ma der­nière course de GP en 250, c’était en 2009… De­puis 2010, je roule 450 ! Quand on es­saie cette moto, on dé­couvre un autre monde. Le moteur monte dans les tours sans ja­mais s’es­souf­fler, tu restes en deux au­tant que tu veux et si tu passes la trois, ça conti­nue à grim­per… Y’a une grosse puis­sance. Faut que je roule plus au rup­teur que sur une 450, ce qui n’est pas évident pour moi. En termes de sus­pen­sions, y’a aus­si une dif­fé­rence. Je pro­gresse grâce à ça car elles te mettent en confiance. Si­non, à part le gui­don je n’ai rien chan­gé sur la moto, je n’ai pas d’exi­gences par­ti­cu­lières genre le­viers dans des positions spé­ci­fiques ou des choses comme ça. Au ni­veau sus­pen­sions, ils roulent tous un peu pa­reil dans le team, je n’ai pas res­sen­ti le be­soin de faire dif­fé­rem­ment. »

Au quo­ti­dien, rou­ler pour un team officiel US, ça change quoi par rap­port à ce que tu vis d’or­di­naire en Eu­rope? « Il y a dix per­sonnes à temps plein pour le team qui s’oc­cupent de tout. Je n’ai à m’oc­cu­per que de moi, de mon en­traî­ne­ment. Je n’ai pas à chan­ger mes pneus, la­ver la moto, faire les filtres, les vi­danges, chan­ger l’em­brayage. J’ar­rive à 9 heures au ter­rain, la moto est prête, dé­jà en train de chauf­fer. Ça fait une belle dif­fé­rence ! »

Et le jour des courses, entre l’or­ga­ni­sa­tion de ce team sur un su­per­cross US et l’or­ga­ni­sa­tion de ton team sur une Are­na­cross, qu’est-ce qui change ? « C’est le même prin­cipe en plus grand. Il y a du monde pour tout : un gars pré­pare les repas, les bois­sons, vé­ri­fie qu’on mange à la bonne heure. Un autre ap­porte les te­nues neuves le ma­tin, un troi­sième s’oc­cupe des bottes neuves et les

net­toie, un qua­trième amène un casque neuf et un der­nier te fait tes lu­nettes… Mais ce n’est pas tout ! Entre chaque prac­tice, chaque manche, tout est ana­ly­sé : une per­sonne filme cha­cun de nos tours de roues et ceux de nos ad­ver­saires. On re­vient au ca­mion, les vi­déos sont vues sur la TV. On com­pare en­suite les temps in­ter­mé­diaires de chaque tour pour voir où l’on peut s’amé­lio­rer. Ils nous donnent notre temps idéal, le chro­no d’un tour où l’on fe­rait tous les sec­teurs par­fai­te­ment. C’est top, on peut s’amé­lio­rer dans l’ins­tant. Chez nous, on manque de per­son­nel pour faire ça. En gé­né­ral je suis seul avec mon mé­ca­no, ce n’est pas le même monde. »

Les mo­tos US et les mo­tos eu­ro­péennes sont-elles vrai­ment dif­fé­rentes ? « Au ni­veau du moteur, c’est dur pour moi de com­pa­rer car je viens de la 450 donc je n’ai pas de cri­tères de com­pa­rai­son di­rects. En termes de sus­pen­sions, ils roulent très très dur. Ce sont des bouts de bois ces mo­tos, mais c’est lo­gique vu la taille des obs­tacles. Ce­la te sauve la mise dans cer­taines si­tua­tions. Quand tu loupes une sé­rie de whoops, si la roue va en bas, ça ré­agit bien… On ne pour­rait pas rou­ler avec ces réglages-là en Eu­rope, les bosses sont moins hautes, moins raides… »

Et concer­nant le cir­cuit d’en­traî­ne­ment, il y a une dif­fé­rence no­table ? « Je connaissais dé­jà, ce n’est pas la pre­mière fois que je viens aux US et j’avais dé­jà rou­lé sur le ter­rain Su­zu­ki. C’est plus gros, plus grand, faut s’y ha­bi­tuer. Il faut pas­ser le cap men­tal et se lâ­cher. Chez Yam, y’a deux ter­rains, avec des sé­ries de whoops dif­fé­rentes, ça per­met d’al­ter­ner. »

Le fait de voir tes co­équi­piers s’en­traî­ner, ça t’a éton­né ? « Oui, car ils n’ar­rêtent ja­mais. Ils s’en­traînent six fois par se­maine, dont quatre jours sur la moto. Je pratique le même pro­gramme que Ples­sin­ger. On se lève à 6h45, on va cou­rir, faire du yo­ga, tout ça avant le pe­tit-dé­jeu­ner ! Ar­ri­vé au cir­cuit, on fait des chro­nos, des manches… Ga­reth a l’oeil, Will Hahn aus­si, et entre les séances, on dé­briefe. Après le cir­cuit, on va à la salle de mus­cu ou faire du vé­lo, la jour­née se ter­mine tard. Quand tu t’es in­fu­sé tout ça, je peux te dire que le soir

t’as pas en­vie de faire les ma­ga­sins ou d’al­ler traî­ner en ville. Tu t’af­fales dans le ca­na­pé et tu ne bouges plus ! Tu laves tes af­faires pour le len­de­main, tu pré­pares tout pour re­com­men­cer… »

Cette charge de tra­vail est-elle fa­cile à en­cais­ser quand on vient d’eu­rope? « C’est sûr que ça fait beau­coup mais en même temps, tu n’as rien d’autre à faire. Tu es pi­lote d’usine, avec seule­ment à te sou­cier de toi et de rien d’autre. En France, t’oc­cu­per de ta moto te prend du temps, de l’énergie… Ici, tu t’en­traînes dur mais tu as le temps de ré­cu­pé­rer cor­rec­te­ment au lieu de faire ta mé­ca­nique. »

Au ni­veau phy­sique, ils sont donc très af­fû­tés ? « Tu m’étonnes, ils en­chaînent les tours de­puis le mois de no­vembre, c’est des mé­tro­nomes. À la gym, ils sont bons, mais c’est sur­tout à moto qu’ils ont des au­to­ma­tismes in­croyables. Ils ne font ja­mais une er­reur. On leur re­proche sou­vent de ne pas faire de frac­tion­né mais ils sont au point tech­ni­que­ment, on ne peut pas trop dire qu’un Ples­sin­ger doit s’amé­lio­rer. C’est le meilleur pi­lote du monde en SX en 250, tu veux lui ap­prendre quoi? »

Aa­ron t’a ai­dé quand tu es ar­ri­vé ? « Oui, il donne des conseils, c’est vrai­ment un mec su­per. On échange beau­coup, même à In­dia­na­po­lis, il m’a ai­dé à me lâ­cher. Il n’est pas obli­gé de faire ça et j’ap­pré­cie. »

Où est-ce que les pi­lotes amé­ri­cains font la dif­fé­rence sur la piste ? « C’est l’in­ten­si­té qu’ils mettent entre les obs­tacles. En 450, tu t’en­dors un peu, ça passe sur le coup de gaz. Avec eux, en 250, il n’y a pas une se­conde de ré­pit, ils vont cher­cher le moindre cen­tième… Tu vois l’at­taque d’os­borne, c’est du non-stop. Si l’on prend un vi­rage don­né, on passe aus­si vite. Mais eux, ils en­chaînent ça sur tous les vi­rages et pen­dant vingt mi­nutes. Seuls les pi­lotes de GP connaissent ce type d’in­ten­si­té. Le fait de ne pas faire d’out­door, je res­sens que ça me han­di­cape un peu, mais on va rou­ler en MX aus­si ici donc ça va m’ai­der. »

Alors, si l’on parle de ces premières courses, quels sont les points po­si­tifs ? « Dé­jà, d’être là. C’est vrai que la pre­mière se­maine a été très stres­sante. Tu ar­rives en 250, tu ne sais pas la lon­gueur des sauts, les gaz qu’il faut mettre. Les premières séances de tes­ting se sont heu­reu­se­ment bien pas­sées. Il faut aus­si sa­voir que l’air en Ca­li­for­nie est très sec et au dé­but, j’avais du mal à res­pi­rer. Le pre­mier jour, je fai­sais un tour, j’étais mort. Ça al­lait mieux par la suite mais ça sur­prend ! À St Louis, tu dé­couvres le se­mi-re­morque, l’or­ga­ni­sa­tion… Être ar­ri­vé à m’adap­ter en si peu de temps, c’est dé­jà quelque chose de po­si­tif. Par rap­port aux courses que j’avais pu faire ici en 450, j’ai réus­si à me lâ­cher dès les pre­miers es­sais. Je ne sais pas si c’est d’être dans un team usine, mais men­ta­le­ment, j’étais li­bé­ré. Je fais 9 au chro­no, en heat je pars qua­si­ment en tête, le team ne s’at­ten­dait pas à ça. En fi­nale, j’ai un peu cra­qué phy­si­que­ment. Je sor­tais de trois se­maines sans rou­lage, d’une sai­son d’are­na­cross où les courses durent six mi­nutes et pas quinze, le tout sur un cir­cuit exi­geant. Être ar­ri­vé à faire un top 10 dans ces condi­tions, je peux dire que c’est plu­tôt po­si­tif. Même chose à In­dia­na­po­lis, je fais 6 au chro­no, c’est la preuve que je pro­gresse. Je n’étais qu’à 9/10e d’os­borne. En heat, qui cor­res­pon­dait à une fi­nale Est, je fais 6, c’est po­si­tif, non? »

Quels se­raient les points né­ga­tifs sur ces deux premières épreuves ? « Fran­che­ment, rien sur la pre­mière épreuve. À St Louis, la terre était par­faite, mais à In­dia­na­po­lis, outre le fait qu’il y avait le double de bons pi­lotes, les or­nières m’ont gê­né. Je me suis cris­pé, je ne fi­nis que 18 ou 19, c’est un peu le point né­ga­tif mais le team était content puisque le but était d’al­ler en fi­nale. Main­te­nant, j’ai trois se­maines pour me pré­pa­rer et faire mieux ! »

À ton ni­veau, que peut-on amé­lio­rer en seule­ment trois se­maines ? « Je suis ar­ri­vé sur une moto com­plè­te­ment nou­velle, à court de rou­lage… Ces trois se­maines vont me per­mettre de me re­mettre en forme phy­si­que­ment, de pro­fi­ter des conseils de cet en­tou­rage très pro­fes­sion­nel pour pro­gres­ser. Au­jourd’hui, sur une de­mi-fi­nale de sept mi­nutes au cir­cuit Yam, j’ai ga­gné sept se­condes, c’est pas mal. Ces sept se­condes, c’est ce qui me sé­pa­rait d’un gars comme Pe­ters qui ter­mine 8e à In­dia­na­po­lis. C’est plu­tôt po­si­tif, mais y’a en­core du rou­lage à faire pour être prêt pour Min­nea­po­lis. » Tu as eu des contacts avec des pi­lotes autres que ceux du team? « Mar­vin Mus­quin est ve­nu me voir, tou­jours sym­pa. Il m’avait dé­jà fé­li­ci­té par mail quand il a ap­pris la nou­velle. Pa­reil avec Sou­bey­ras. Je n’ai pas eu de nou­velles de Dy­lan, mais bon, il est concen­tré sur sa ré­édu­ca­tion je sup­pose. »

Sur les ré­seaux so­ciaux, tu as eu plu­tôt des en­cou­ra­ge­ments ou des cri­tiques ?

« J’ai réus­si à m’adap­ter très vite, c’est po­si­tif ! »

« Je ne re­garde pas trop, mais en ef­fet, il y en a tou­jours qui cri­tiquent. Il ne faut pas trop y prê­ter d’at­ten­tion. Per­sonne ne sait le tra­vail que ça re­pré­sente d’ar­ri­ver là, les sa­cri­fices. Ça semble beau pi­lote usine, même rem­pla­çant, mais ça met la pres­sion, c’est pas des va­cances. Ceux qui se lâchent der­rière un cla­vier manquent de res­pect par rap­port aux pi­lotes pro­fes­sion­nels qui prennent de sa­crés risques. On le voit avec Dy­lan qui au­rait pu jouer le titre et qui se blesse à la deuxième épreuve. Mais y’a sur­tout eu des com­men­taires po­si­tifs, les gens sont contents pour moi et ça mo­tive ! »

Tu pour­rais faire une car­rière ici? Ou car­ré­ment t’ins­tal­ler ? « J’ai­me­rais bien, mais les an­nées passent, j’ai 26 ans ! Si j’avais eu cette op­por­tu­ni­té à 19 ou 20 ans, ça n’au­rait pas été pa­reil, au­jourd’hui, en 250, je fais par­tie des vieux. En­fin, je ne suis pas en­core le Bray­ton fran­çais, ça se­rait plu­tôt Cou­lon (rires). On verra, je vis l’aven­ture à fond, je bosse, je fais mon maxi­mum jus­qu’à Ve­gas avant de ren­trer en France pour la sai­son es­ti­vale. Je se­rai peut-être leur pi­lote rem­pla­çant officiel, on verra. Quand à m’ins­tal­ler ici, je ne pense pas, on a un beau pays, j’aime bien ma ré­gion, je ne vois pas ma vie aux US. »

En ren­trant en France, tu de­vrais être bien au point, non? « Oui, ça c’est cool ! C’est vrai que d’avoir fait une sai­son moyenne l’an der­nier ça m’a fait me re­mettre en ques­tion. Je n’avais pas de cir­cuit à moi, j’ai per­du un peu de mo­ti­va­tion à force de me ta­per trois heures de route pour al­ler m’en­traî­ner. Je fai­sais du phy­sique, mais moins de moto et ça, tu ne peux pas le remplacer. Cette an­née, je vais avoir une piste à moi qui se­ra prête quand je ren­tre­rai. Je bos­se­rai aus­si avec Mehdi Cha­tain, je vais dé­mé­na­ger à Cler­montFer­rand… Bref, pour 2018, je mets toutes les chances de mon cô­té. Cette ex­pé­rience aux US m’avance aus­si dans ma pré­pa­ra­tion. Mais l’avan­tage ne se­ra pas dé­ci­sif, Sou­bey­ras l’au­ra aus­si cette ex­pé­rience amé­ri­caine, donc le duel va conti­nuer. » (rires)

« Aa­ron Ples­sin­ger m’aide beau­coup, c’est vrai­ment un mec sym­pa! »

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