LA TÉLÉPATHIE EN LA­BO­RA­TOIRE

Les pre­mières ex­pé­riences ré­per­to­riées ont été réa­li­sées aux Uni­ver­si­tés de Stan­ford et de Har­vard , entre 1915 et 1917. Elles ten­taient de re­pro­duire, à l’aide de cartes à jouer, des phé­no­mènes de voyance et de télépathie.

Mystères Magazines Hors-Série - - Editorial/Sommaire -

En 1927, le bio­lo­giste et psy­cho­logue J.B. Rhine en­ta­ma des pro­grammes ex­pé­ri­men­taux à L’uni­ver­si­té Duke de Du­rham, en Ca­ro­line du Nord. C’est dans cet éta­blis­se­ment qu’il prit la di­rec­tion du pre­mier La­bo­ra­toire Ins­ti­tu­tion­nel de Pa­ra­psy­cho­lo­gie, en 1930. Rhine et ses col­lègues po­sèrent l’hy­po­thèse qu’il existe une zone de l’ex­pé­rience hu­maine où les gens pa­raissent connaître, par flair ou in­tui­tion, des choses si­tuées hors de la por­tée di­recte

de l’oeil ou de l’oreille. C’est cette zone qu’ils dé­ci­dèrent de sou­mettre à des ex­pé­riences de la­bo­ra­toire, réa­li­sées sous un contrôle strict. De cette ma­nière, ils es­pé­raient dé­mon­trer que la connais­sance im­pro­bable de cer­tains faits ne pou­vait être ac­quise par pure coïn­ci­dence.

RHINE ET LE TEST DE ZENER

Pour ce faire, Rhine em­ploya le jeu de Zener for­mé de 25 cartes com­por­tant 5 sym­boles : une croix, un cercle, un car­ré, une étoile et 4 lignes on­du­lées.

Afin de nuan­cer ses ex­pé­riences, J.B. Rhine uti­li­sa des cartes de di­verses tailles et cou­leurs. Il eut re­cours à des cen­taines de su­jets dif­fé­rents. et va­ria :

- La du­rée des ex­pé­riences

- Les condi­tions de ti­rage

- La chro­no­lo­gie des tests

avec des su­jets is­sus de la rue. Les ré­sul­tats de ces tra­vaux furent pu­bliés dans La Re­vue mé­ta­psy­chique. La mort de Re­né War­col­lier, en 1960, al­lait mettre un terme à des re­cherches pro­met­teuses.

La balle fut à nou­veau dans le camp des amé­ri­cains qui ou­vrirent dif­fé­rentes pistes. Mon­tagne, Ull­mann et Stan­ley Kripp­ner réa­li­sèrent à l’hô­pi­tal Mai­mo­nides de New York des ex­pé­riences sur la télépathie en état de rêve.

Le phy­si­cien Hel­mut Sch­midt in­tro­dui­sit l’uti­li­sa­tion de gé­né­ra­teurs aléa­toires, dans le cadre des re­cherches en pa­ra­psy­cho­lo­gie ef­fec­tuées à Seat­tle, dans le La­bo­ra­toire de Re­cherches de la So­cié­té Aé­ro­nau­tique Boeing.

Au Stan­ford Re­search Ins­ti­tute, les phy­si­ciens Ha­rold Pu­thoff et Rus­sel Targ conçurent et réa­li­sèrent avec suc­cès des ex­pé­riences dites de “vi­sion à dis­tance”. Leurs ré­sul­tats furent pu­bliés et com­men­tés dans la re­vue scien­ti­fique Na­ture, en 1980 et 1981.

Par la suite, on re­fit ces ex­pé­riences dans le cadre du pro­gramme Star­gate, fi­nan­cé et contrô­lé par la C.I A. et on ob­tint aus­si des ré­sul­tats si­gni­fi­ca­tifs. Ceux-ci furent pu­bliés, en 1995, et ana­ly­sés quelques mois plus tard dans Le Jour­nal of Scien­ti­fic Ex­plo­ra­tion et Le Jour­nal of Pa­ra­psy­cho­lo­gy.

LES PHÉ­NO­MÈNES DE PRO­JEC­TION HORS DU CORPS

Au cours des deux der­nières dé­cen­nies, on com­men­ça à étu­dier les phé­no­mènes de pro­jec­tion hors du corps : Out of Bo­dy Ex­pe­rience (O.B.E.) et de l’ex­pé-

rience de la mort im­mi­nente : Near Death En­coun­ter (N.D.E.).

Ce n’est qu’en 1980 que l’in­for­ma­tique fut uti­li­sée pour la pre­mière fois dans les ex­pé­ri­men­ta­tions. Le pion­nier dans ce sec­teur fut Ro­bert Jahn, doyen de la Fa­cul­té d’in­gé­nie­rie de l’uni­ver­si­té de Prin­ce­ton, qui di­ri­geait le Prin­ce­ton En­gi­nee­ring Ano­ma­lies Re­search La­bo­ra­to­ry.

Par la suite, Charles Ho­nor­ton, un des plus brillants cher­cheurs de sa gé­né­ra­tion, in­tro­dui­sit la mé­thode Ganz­feld de pri­va­tion sen­so­rielle (le fa­meux cais­son ex­pé­ri­men­té par Mi­chaël Jack­son). Il tra­vaillait pour le compte du La­bo­ra­toire de Re­cherches Psy­cho­phy­siques de la Fon­da­tion Mac.

En par­cou­rant l’his­toire ré­cente des re­cherches sur la com­mu­ni­ca­tion té­lé­pa­thique, on no­te­ra tout par­ti­cu­liè­re­ment le dé­bat mou­ve­men­té qui na­quit au dé­but des an­nées 70 au­tour des ex­ploits d’uri Gel­ler, pré­sen­té au pu­blic comme le seul homme ca­pable de tordre des us­ten­siles en mé­tal par la seule puis­sance de sa pen­sée (té­lé­ki­né­sie).

Si les ad­ver­saires de Gel­ler pré­tendent qu’il n’est qu’un vil tri­cheur, dé­mas­qué par plu­sieurs illu­sion­nistes, ses par­ti­sans conti­nuent à croire, dur comme fer, que Gel­ler comme, plus tard, le fran­çais Jean-pierre Gi­rard, est ca­pable d’ex­ploits dif­fi­ci­le­ment ex­pli­cables. Lors­qu’on étu­die at­ten­ti­ve­ment la do­cu­men­ta­tion scien­ti­fique sur le cas Gel­ler, on s’aper­çoit que des illu­sion­nistes ont mis en évi­dence des tru­cages pos­sibles, mais non des tru­cages ef­fec­tifs.

ON NO­TE­RA TOU­TE­FOIS

que quelques ex­pé­riences po­si­tives si­mi­laires ont été étu­diées avec un pro­to­cole

très “poin­tu” et ont été va­li­dées par des scien­ti­fiques, en An­gle­terre et en Al­le­magne.

Au­jourd’hui, la télépathie, ba­sée sur les cartes de Zener est tou­jours tes­tée par le Pr Yves Li­gnon, qui di­rige le La­bo­ra­toire de Pa­ra­psy­cho­lo­gie de Tou­louse qui s’ins­crit dans le cadre de L’uni­té de Re­cherche Ma­thé­ma­tiques de la dite Uni­ver­si­té.

AVEC DEUX RÉ­SERVES TOU­TE­FOIS :

N- ûes sug­sides du îr ?,es ûi’non sont vua­si in­eyis­tantes9 ce vui déh ter­mine une rec­fercfe trls em­pih ri­vue et gien loin d.:tre ey­faus­ti,e)-

ûe îr ?,es ûi’non9 qer,ent ra­tioh na­liste9 use d.un pro­to­cole ga­sé uni­vue­ment sur la sta­tis­ti­vue9 ce vui est9 sans doute9 une dé­marcfe scien­ti­qi­vue mais vui9 dans un doh maine aus­si lié au psàc­fisme fuh main vue la té­lé­pat­fie et la clair,oàance9 est qor­cé­ment réh duc­teur-

De­vi­ner des des­sins pour prou­ver un pou­voir qui est, avant tout, ce­lui du coeur, ne m’ins­pire rien per­son­nel­le­ment d’autre qu’un pro­fond en­nui. Ce­la res­semble trop à ces tests dits de quo­tient in­tel­lec­tuel qui peuvent dé­ter­mi­ner un cer­tain sens lo­gique ou des ap­ti­tudes à l’étude mais cer­tai­ne­ment pas l’in­tel­li­gence elle-même.

J’ai eu l’oc­ca­sion de ren­con­trer cer­tains adeptes de La Men­sa, une as­so­cia­tion de sur­doués do­tés d’un gros Q.I., et ce que j’ai en­ten­du m’a confir­mé dans l’idée que la vé­ri­table in­tel­li­gence n’est pas ma­thé­ma­ti­que­ment quan­ti­fiable. Il en est de même pour la télépathie.

Que cette pro­fes­sion de foi (toute per­son­nelle) ne vous em­pêche pas de “faire jou­jou” avec le Test de Zener (voir en­ca­dré) l’ex­pé­ri­men­ter vous ou­vri­ra sû­re­ment quelques portes, mais sans ce sup­plé­ment d’âme qui per­met d’en fran­chir le seuil, vous ne pour­rez être qu’un té­lé­pathe de sa­lon, qui émet et re­çoit quelques bribes de sa­voir, sans éta­blir pour au­tant cette vé­ri­table com­mu­nion des âmes qui donne tout son sens à cette pra­tique.

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