LES DIF­FÉ­RENTS PRO­CÉ­DÉS POUR PAR­VE­NIR À L’HYP­NOSE

Mystères Magazines Hors-Série - - Exercices -

Jus­qu’ici, nous avons eu une idée ap­proxi­ma­tive de la ma­nière dont il faut abor­der l’état hyp­no­tique. Il nous faut à pré­sent in­sis­ter sur les dif­fé­rentes orien­ta­tions que peut prendre la tech­nique hyp­no­tique. Nous au­rons alors une meilleure connais­sance du pro­ces­sus et ser­rons en me­sure de choi­sir le sys­tème qui nous semble le plus adap­té se­lon chaque cas.

1 LA MÉ­THODE DE LA SUG­GES­TION

Il s’agit de convaincre le su­jet qu’un ob­jet dé­ter­mi­né pos­sède toute une sé­rie de ca­rac­té­ris­tiques, qu’il n’a pas en réa­li­té mais dont nous al­lons faire en sorte qu’elles existent pour lui. Ima­gi­nons que nous conve­nons avec le su­jet qu’une as­siette pos­sède les mêmes pro­prié­tés qu’un vo­lant de voi­ture. Si nous par­ve­nons à lui faire ad­mettre cette idée, nous réus­si­rons à lui faire ma­nier cette as­siette d’une ma­nière exac­te­ment iden­tique à la fa­çon dont il ma­nie­rait un vo­lant : il croi­ra qu’il est ef­fec­ti­ve­ment en train de conduire une au­to­mo­bile.

AUTRE EXEMPLE QUI A SON IM­POR­TANCE :

L’hyp­no­ti­seur par­vient à convaincre son pa­tient que, lors­qu’il lui tou­che­ra la main, ce­lui-ci plon­ge­ra dans un état de pro­fonde lé­thar­gie. Ou que, s’il lui dit « en­dor­mez-vous », le su­jet de­vra im­pé­ra­ti­ve­ment s’exé­cu­ter. Là aus­si, nous ef­fec­tue­rons le test dont nous avons dé­jà par­lé et qui consiste à faire se dres­ser l’un des bras du su­jet de­vant lui, lui dire que ce bras est ri­gide et le sen­tir ef­fec­ti-

ve­ment dur et im­mo­bile. Ce type de sug­ges­tion est fon­da­men­ta­le­ment ba­sé sur la force de convic­tion de l’hyp­no­ti­seur, le ton de sa voix, l’in­ten­si­té de son re­gard, de même que sur ses gestes fermes. Au fur et à me­sure de la pra­tique, vous al­lez as­si­mi­ler ces dif­fé­rentes ca­pa­ci­tés – au bout d’un cer­tain temps, elles vous sem­ble­ront même fa­ciles. Mais tant que vous man­quez d’en­traî­ne­ment, il vous faut être conscient que vos ap­ti­tudes à sug­gé­rer ne se­ront pas tou­jours à la hau­teur du be­soin, et que vous connaî­trez donc quelques échecs. Ceux-ci ne doivent pas vous dis­sua­der de conti­nuer : comme en toute chose, le tra­vail fi­nit par payer. Cer­tains pra­ti­ciens pos­sèdent une telle maî­trise de leur art qu’ils par­viennent à exer­cer leur pou­voir de sug­ges­tion au tra­vers du té­lé­phone. En ef­fet, si ce moyen prive du re­gard ou du geste, la voix en re­vanche au­to­rise le trans­fert d’ordres im­pé­ra­tifs. Mais c’ef­fet en ce do­maine n’est pos­sible qu’à la condi­tion qu’il y ait eu d’autres séances préa­lables avec ce su­jet (ce­lui-ci pos­sède dé­jà dans sa mé­moire une image très so­lide de l’hyp­no­ti­seur, ce qui reste une condi­tion in­dis­pen­sable).

2 LA MÉ­THODE DES STIMULATIONS SEN­SO­RIELLES

Nous ap­pel­le­rons sti­mu­la­tion sen­so­rielle toute « im­pres­sion » lais­sée au su­jet au tra­vers de la vue, de l’ouïe, du goût ou du tou­cher. Ima­gi­nons par exemple à quoi peut res­sem­bler une sti­mu­la­tion au­di­tive. Un son ai­gu, une mu­sique ex­trê­me­ment pre­nante, lan­ci­nante, fa­cile à re­te­nir, le son d’un coup de gong, d’un mé­tro­nome, le tic-tac d’une montre, des ap­plau­dis­se­ments… sont au­tant de stimulations au­di­tives. Or, cer­tains de ces sons suf­fisent à eux seuls à sti­mu­ler une transe hyp­no­tique. Le mé­tro­nome par exemple, émet un son par­ti­cu­liè­re­ment hyp­no­tique et peut être uti­li­sé sans au­cun autre ap­pui. On connaît le cas de per­sonnes très sen­sibles qui ont ac­cé­dé à un pro­fond état de re­laxa­tion après avoir en­ten­du le son d’un mé­tro­nome pen­dant seule­ment 5 mi­nutes et sans que l’on ait re­cou­ru à un quel­conque autre moyen. De la même ma­nière, cer­taines sug­ges­tions par­viennent au pa­tient par le biais de la vue. La tech­nique la plus « ex­pé­di­tive » est celle de la carte re­pré­sen­tant une spi­rale. Lorsque cette carte est agi­tée de­vant les yeux du su­jet, il se pro­duit une illu­sion vi­suelle qui donne la sen­sa­tion de gé­né­rer un point d’at­trac­tion pour la conscience du su­jet. Là aus­si, l’état hyp­no­tique peut être in­duit sans au­cune autre aide. Ou bien on uti­li­se­ra des frag­ments de mi­roirs re­liés par des fils, ou en­core de pe­tites sources de lu­mière au coeur de la pé­nombre, etc… Sur le plan tac­tile, il existe des sen­sa­tions par­fai­te­ment re­laxantes. On re­trouve ici les concep­tions de Mes­mer et de son «

ma­gné­tisme ani­mal ». En ef­fet, cer­tains hyp­no­ti­seurs ef­fec­tuent des « passes ma­giques » face au vi­sage et aux yeux du su­jet. En soi ces passes n’ont pas une grande im­por­tance, elles ne trans­mettent au­cune sorte d’éner­gie ni au­cun ma­gné­tisme par­ti­cu­lier ; elles sont donc à tout point de vue in­of­fen­sives. Pour­tant elles ont au­près du su­jet un cer­tain pou­voir sug­ges­tif et gé­nèrent chez lui la même sen­sa­tion de dé­tente que l’on pour­rait ob­te­nir par le biais de mas­sages éner­gi­sants. Sur ce plan-là, jus­te­ment, les mas­sages des tempes ont une ef­fi­ca­ci­té prou­vée (on se ser­vi­ra pour ce­la des pouces en dé­cri­vant des cercles sur la zone concer­née) ; une autre tech­nique consis­te­ra à réa­li­ser un mas­sage iden­tique, mais entre les sour­cils cette fois, ou bien en pro­cé­dant de même au­tour des yeux, du nom­bril ou par­fois des pieds.

3 LA MÉ­THODE DES STIMULATIONS MÉ­CA­NIQUES

Dans cette ru­brique entrent tous les pro­ces­sus mé­ca­niques liés à la lu­mière, aux sons, aux vi­bra­tions, etc… La fonc­tion de tous ces dif­fé­rents élé­ments est de gé­né­rer une at­mo­sphère psy­cho­lo­gi­que­ment fa­vo­rable pour que le su­jet s’aban­donne plus fa­ci­le­ment ou que sa conscience obéisse uni­que­ment à ces stimulations à l’ex­clu­sion de tout autre élé­ment.

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