MA­RIEZ LA PEN­SÉE EN MOTS À LA PEN­SÉE EN IMAGE

Mystères Magazines Hors-Série - - Apprenez A Visualiser -

Ima­gi­nez une forte lu­mière et pro­non­cez dis­tinc­te­ment une des­crip­tion de l’ob­jet choi­si comme si vous de­viez en par­ler à un aveugle. Vous au­rez as­so­cié la lu­mière et la pa­role. Vous au­rez ma­rié la pen­sée en mots à la pen­sée en image, et créé un équi­libre nou­veau dans votre es­prit. Faites une pause avant de re­com­men­cer votre exa­men. Res­pi­rez plus len­te­ment. Evo­quez un sou­ve­nir agréable, mais calme, un pay­sage har­mo­nieux ai­mé, une chan­son de grand-mère qui vous ber­çait du­rant votre en­fance, une pro­me­nade se­reine…

Après cette pause qui peut du­rer de quinze mi­nutes à un heure, pre­nez l’ob­jet réel et re­com­men­cez à l’exa­mi­ner de la même fa­çon. Es­sayez de res­sen­tir les mêmes sen­sa­tions que lorsque vous l’ima­gi­niez.

En quoi cet ob­jet dif­fère t-il de ce que vous en pen­siez ? Cer­tains dé­tails son­tils plus gros ou plus pe­tits qu’en contem­pla­tion in­té­rieure ? - Si l’en­semble de l’ob­jet est plus gros ou plus pe­tit dans votre es­prit qu’en réa­li­té, ce n’est pas grave : vous ap­pren­drez à cor­ri­ger pe­tit à pe­tit votre per­cep­tion. - Si une seule par­tie se montre sur­di­men­sion­née ou sous-di­men­sion­née, il fau­dra en te­nir compte du­rant les fu­turs exer­cices. PRÉ­CI­SION : Un dé­tail peut prendre une im­por­tance dé­me­su­rée alors que vous ne l’aviez pas re­pé­ré men­ta­le­ment. Une mé­di­ta­tion “ver­bale” se­ra peut-être né­ces­saire pour sa­voir si ce n’est pas lié au nom du dé­tail, à ce­lui de sa cou­leur, à un sou­ve­nir. Lorsque vous sen­ti­rez que la vi­sua­li­sa-

tion d’ob­jets ne vous pose plus ou peu de pro­blèmes, qu’elle de­vient fa­cile, que vous par­ve­nez à vi­sua­li­ser des ob­jets com­plexes ou bis­cor­nus, com­men­cez à vi­sua­li­ser des ob­jets re­pré­sen­tant des ani­maux d’une fa­çon réa­liste. Ce peut être une fi­gu­rine quel­conque, par exemple une vache de ferme en­fan­tine, en ma­tière plas­tique, au­tant qu’une oeuvre d’art re­pré­sen­tant un che­val, un chien ou un lion... Con­si­dé­rez d’abord l’ani­mal fi­gu­ré en tant qu’ob­jet. Ne pen­sez pas à son créa­teur, à la ma­chine qui l’a mou­lé... voyezle ac­ti­ve­ment. Mais sans pen­ser à sa vie.

DON­NEZ DE LA VIE À VOS IMAGES

Quand vous avez ac­quis une bonne maî­trise, com­men­cez à ima­gi­ner l’ani­mal vi­vant, à le “voir” gam­ba­der dans les prés ou cou­rir par les che­mins. Evi­tez ce­pen­dant les fauves, les lions et tigres ou, du moins, tâ­chez de ne pas les évo­quer tan­dis qu’ils dé­chi­quettent leurs proies. Dès que cette opé­ra­tion vous pa­raît fa­cile, dès que vous la maî­tri­sez, vous avez fran­chi une étape très im­por­tante. Vous pou­vez à pré­sent pas­ser à l’étape sui­vante : la vi­sua­li­sa­tion des

êtres hu­mains.

Cet exer­cice va vous per­mettre d’af­fi­ner vos per­cep­tions tac­tiles. Il s’agit de re­pé­rer par le tou­cher un ob­jet par­mi d’autres lui res­sem­blant.

Pre­nez trois pommes sen­si­ble­ment de même taille. Sai­sis­sez les réel­le­ment, phy­si­que­ment (pour l’ins­tant, ce n’est pas un exer­cice men­tal). A l’aide d’un feutre, nu­mé­ro­tez les : 1, 2, 3.

1. OB­SER­VA­TION VI­SUELLE ET RE­CON­NAIS­SANCE TAC­TILE

Re­gar­dez les at­ten­ti­ve­ment tour à tour. Il s’agit de les ins­crire dans votre es­prit, de par­tir du concret, du réel pour construire une re­pré­sen­ta­tion men­tale.

A pré­sent, fer­mez les yeux et, à tâ­tons, es­sayez de re­con­naître la 1, la 2 ou la 3 sim­ple­ment au tou­cher.

Ral­lu­mez la lu­mière et voyez si vous vous êtes trom­pé ou non.

2. OB­SER­VA­TION TAC­TILE ET RE­CON­NAIS­SANCE TAC­TILE

Si cet exer­cice vous pa­raît dif­fi­cile, com­men­cez par tou­cher les pommes dans la lu­mière et re­faites-le dans le noir. Re­com­men­cez tant que vous ne par­ve­nez pas à une re­con­nais­sance par­faite.

3. OB­SER­VA­TION TAC­TILE ET RE­CON­NAIS­SANCE VI­SUELLE

Es­sayez en­suite de les tou­cher dans le noir et de les re­con­naître en­suite vi­suel­le­ment.

COM­MEN­TAIRE SUR CET EXER­CICE

L’exer­cice des trois pommes vous a per­mis de cor­ri­ger le dés­équi­libre pré­exis­tant entre deux de vos sens. Pe­tit à pe­tit, vous al­lez consta­ter que vous êtes plus at­ten­tif à ce qui se passe au­tour de vous. Vous al­lez re­mar­quer des dé­tails qui vous échap­paient au­pa­ra­vant. Peut-être même ap­pré­cie­rez-vous plus for­te­ment le goût des ali­ments. En ef­fet, les sens “s’en­traident” et se dé­ve­loppent souvent en­semble. Spé­cia­le­ment lorsque vous pour­sui­vez un pro­gramme de dé­ve­lop­pe­ment de l’un d’entre eux.

Le but de l’exer­cice des trois pommes est, en si­mu­lant la perte d’un sens, d’ex­ci­ter un autre sens dans un but, jus­te­ment, d’ac­cor­dage et d’har­mo­ni­sa­tion.

N’es­sayez pas tout de suite de vi­sua­li­ser un pa­rent ou un ami. L’exer­cice pour­rait être faus­sé par votre proxi­mi­té af­fec­tive. De même ne choi­sis­sez pas une per­sonne que vous trou­vez an­ti­pa­thique ou avec la­quelle vous êtes en conflit.

Comment trou­ver votre fu­tur co­baye? Rien de plus simple : les pu­bli­ci­tés, les jour­naux, in­ter­net nous montrent une

foule de gens qui nous sont in­con­nus. Choi­sis­sez l’une de ces per­sonnes. Evi­tez éga­le­ment les “tops”, hommes ou femmes. Pre­nez les gens les plus ba­nals pos­sible. Créez-vous votre banque d’images per­so, cons­ti­tuée de per­sonnes or­di­naires de tous âges et de toutes cou­leurs.

Exa­mi­nez à pré­sent une de ces photos : d’abord de bas en haut, en “glis­sant”, puis de haut en bas, tou­jours en glis­sant.

ETABLISSEZ UN POR­TRAIT-RO­BOT

- Re­gar­dez les vê­te­ments. Qu’ont-ils de par­ti­cu­lier ?

- No­tez l’at­ti­tude du per­son­nage : qu’ex­prime t-elle ? De la bien­veillance ? De la sym­pa­thie ? De la contra­rié­té ? De la dou­leur ?

- Que “disent” les mains ? Fines ? Epaisses ? Mains d’ar­tiste, de pia­niste, d’ou­vrier ? Y a t-il une bague, un an­neau ? La per­sonne est-elle ma­riée ?

- La per­sonne est-elle grande ou pe­tite ? Maigre ou en­ve­lop­pée ? Se tient-elle droite ou cour­bée ? Quel est son âge ?

Glis­sez d’abord de bas en haut et de haut en bas, comme pré­cé­dem­ment. Même si vous avez for­cé­ment vu son vi­sage lors des pré­cé­dentes ma­noeuvres. Ré­su­mezle après ce ra­pide exa­men.

- ETABLISSEZ LA FORME DU VI­SAGE :

Est-elle ronde ? Tri­an­gu­laire...?

- No­tez l’em­pla­ce­ment des yeux : son­tils au mi­lieu du vi­sage ? Plus haut ? Plus bas ? - Le nez est-il long ? Court ? En trom­pette ? - Les sour­cils sont-ils four­nis ou non ? - Quelle est la forme du men­ton : Poin­tue ? Proé­mi­nente ? Avec une fos­sette ?Une fente ? - Les pom­mettes sont-elles hautes ? - La per­sonne est-elle eu­ro­péenne ? Asia­tique? - Quelle est la cou­leur de ses yeux ? De ses che­veux ?

Main­te­nant ca­chez la pho­to­gra­phie et exer­cez-vous au por­trait par­lé comme

dans l’exer­cice pro­po­sé ci-des­sous.

Voi­ci la mé­thode de re­cherche et de fi­la­ture des mal­fai­teurs qu’em­ployaient les po­li­ciers d’au­tre­fois. Au temps de Vi­docq, la pho­to­gra­phie n’exis­tait pas. Aus­si re­gar­dait-on soi­gneu­se­ment les ban­dits ar­rê­tés, les re­pris de jus­tice, pour les re­pé­rer après leur peine, après leur li­bé­ra­tion. Ain­si pou­vait-on ren­sei­gner un col­lègue po­li­cier de­vant re­layer une fi­la­ture pour qu’il ne se trompe pas de per­sonne. C’est la tech­nique du “por­trait par­lé”.

Met­tez-vous dans la peau de l’un de ces en­quê­teurs de ja­dis et dé­cri­vez la per­sonne ob­ser­vée en pho­to­gra­phie. Ce peut être un jeu de so­cié­té édu­ca­tif : vous “par­lez” le por­trait tan­dis que les autres joueurs doivent re­con­naître de qui vous par­ler dans un lot de pho­to­gra­phies.

Ima­gi­nez que vous de­vez ab­so­lu­ment le dé­crire, avec fi­dé­li­té et pré­ci­sion : ce cri­mi­nel en­dur­ci est en route pour com­mettre à nou­veau d’hor­ribles as­sas­si­nats. Votre in­ter­lo­cu­teur doit ab­so­lu­ment le re­pé­rer sans er­reur, le re­con­naître à coup sûr.

Pour vous ai­der, vi­sua­li­sez de haut en bas : com­men­cez par les che­veux et des­cen­dez.

Dé­sor­mais, vous sa­vez vi­sua­li­ser un être hu­main inerte. C’est un grand pas. Nous al­lons pas­ser bien­tôt aux être hu­mains vi­vants, en ac­tion, dans la réa­li­té de l’exis­tence.

Re­ve­nons à l’une des pho­to­gra­phies dont vous au­rez bien en tête le por­trait par­lé. Pour l’ins­tant, re­gar­dez cette image puis fer­mez les yeux et contem­plez-la in­té­rieu­re­ment.

Vé­ri­fiez que les deux images se cor­res­pondent, puis cor­ri­gez les er­reurs et les im­pré­ci­sions en pro­non­çant, à nou­veau, le por­trait par­lé.

Ou­vrez les yeux. Exa­mi­nez à nou­veau

la pho­to. La per­sonne re­pré­sen­tée sou­ri­telle ? Ima­gi­nez là mon­trant une ex­pres­sion de tris­tesse, et vice-ver­sa, tou­jours en re­gar­dant la pho­to­gra­phie. Ima­gi­nez, à pré­sent, ce vi­sage en co­lère, en état de plai­sir, en contra­rié­té, en souf­france.

Main­te­nant, vous de­vez com­men­cer à pou­voir fer­mer les yeux et à ima­gi­ner le su­jet de la pho­to mon­trant dif­fé­rentes ex­pres­sions.

UN CONSEIL POUR VOUS AI­DER À VI­SUA­LI­SER

Si vous n’y ar­ri­vez pas, à l’aide d’un pa­pier calque, dé­cal­quez l’image au crayon.

Ef­fa­cez les yeux, la bouche et amu­sez vous à des­si­ner som­mai­re­ment les ex­pres­sions : un simple trait en forme d’ac­cent cir­con­flexe ser­vi­ra à ex­pri­mer la tris­tesse,vous pou­vez ajou­ter une larme.

Les yeux se­ront des­si­nés pe­tits ou grands, très sché­ma­ti­que­ment. Des traits di­vers pour les rides du sou­rire... Ce­ci sans re­cherche d’ha­bi­le­té.

Res­tez élé­men­taires.

Re­com­men­cez l’exer­cice de vi­sua­li­sa­tion . Vous n’y par­ve­nez pas ? Tant pis! Pas­sez à autre chose, vous y re­vien­drez plus tard.

MO­DI­FI­CA­TION DES ÉLÉ­MENTS EX­TÉ­RIEURS

Vi­sua­li­sez men­ta­le­ment votre su­jet ha­billé, comme il l’est sur le cli­ché, puis por­tant une autre te­nue, en maillot de bain, nu...

Es­sayez de le voir mar­cher, faire du vé­lo, tra­vailler, jouer au bal­lon avec des en­fants, etc.

Mul­ti­pliez le si­tua­tions sans tou­te­fois vous in­quié­ter si vous n’y ar­ri­vez pas ou dif­fi­ci­le­ment.

Ima­gi­ner une voix est dif­fi­cile. Es­sayez quand même. Fer­mez les yeux et faites pro­non­cer à votre per­son­nage une ou deux phrases simples.

Si vous n’y par­ve­nez pas, ima­gi­nez des voix exa­gé­rées, ca­ri­ca­tu­rales : l’ac­cent de Do­nald Duck, ce­lui d’un ter­roir par­ti­cu­lier, un tic : bé­gaie­ment, chuin­te­ment… En prê­tant à votre sup­port de vi­sua­li­sa­tion une voix im­pro­bable.

Une voix qui ne peut pas être la sienne. vous par­vien­drez à sa­voir pré­ci­sé­ment quel type de voix il n’a pas.

C’est dé­jà ça !

Si vous avez res­sen­ti des dif­fi­cul­tés dans le por­trait par­lé voi­ci un exer­cice in­ter­mé­diaire qui “res­sour­ce­ra” votre at­ten­tion.

Choi­sis­sez une cou­leur dès le ma­tin d’une jour­née or­di­naire. Par exemple le bleu. Du­rant toute la jour­née, vous tâ­che­rez de re­mar­quer les ob­jets bleus. Vous en pro­non­ce­rez men­ta­le­ment le nom, en dé­ta­chant les syl­labes.

Vous es­saye­rez de sa­voir et de no­ter com­bien d’ob­jets bleus vous avez vus du­rant la jour­née.

Le soir, vous en fe­rez l’in­ven­taire. En manque t-il un ou deux par rap­port au compte que vous avez te­nu ?

Re­pas­sez le “film” de votre jour­née pour les re­pé­rer. Vous n’y par­vien­drez pas for­cé­ment la pre­mière fois. Mais en per­sé­vé­rant la chose de­vien­dra fa­cile.

Quels ob­jets avez-vous ou­bliés ?

Re­pré­sentent–ils quelque chose de par­ti­cu­lier dans votre his­toire per­son­nelle ? Par exemple un uni­forme si quel­qu’un de votre fa­mille a por­té le même ou une te­nue lui res­sem­blant.

Pen­sez-y sim­ple­ment. Bien­tôt, vous au­rez éli­mi­né les pen­sées pa­ra­sites qui vous touchent de trop près pour par­ve­nir à l’équa­ni­mi­té contem­pla­tive mé­mo­rielle, qui per­met de mieux ap­pré­hen­der l’ani­ma­tion de l’image du vi­vant d’après sa re­pré­sen­ta­tion.

EXER­CICE N° 10 LES TROIS POMMES

EXER­CICE N° 11 : VI­SUA­LI­SA­TION D’UN ÊTRE HU­MAIN

EXER­CICE N° 13 : VI­SUA­LI­SA­TION DES ÊTRES HU­MAINS EN AC­TION

EXER­CICE N° 12 LE POR­TRAIT PAR­LÉ

EXER­CICE N° 14 : LA CONTEM­PLA­TION MÉ­MO­RIELLE DES COU­LEURS

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