RIO SPI­DER 40 Un charme dis­cret

Spor­tif, sobre et de­si­gn, le der­nier-né de chez Rio dé­cline sur 13 mètres les élé­ments dis­tinc­tifs du chan­tier ita­lien. Une belle carte de plus pour un construc­teur qui a su se re­nou­ve­ler à temps.

Neptune Yachting Moteur - - Essai - Texte Marc Fleu­ry - Pho­tos DR et l’au­teur

Dou­ce­ment mais sû­re­ment, voi­là un chan­tier qui a su re­mon­ter la barre de­puis la crise. Très du­re­ment af­fec­té, comme tant d’autres, par la mo­ro­si­té éco­no­mique au dé­but de la dé­cen­nie, Rio Yachts est de­puis trois, quatre ans au ren­dez-vous chaque au­tomne. Il compte au­jourd’hui par­mi les construc­teurs do­tés d’un ca­ta­logue suf­fi­sam­ment four­ni pour pro­po­ser des mo­dèles al­lant de 34 à 58 pieds. Af­fi­chant un jo­li coup de crayon, ces ba­teaux sont at­ten­dus avec cu­rio­si­té, la faute à une sil­houette à la fois spor­tive et épu­rée, si­gnée du jeune de­si­gner lom­bard Ma­ri­no Al­fa­ni, ain­si qu’à une qua­li­té de construc­tion sans dé­faut. Na­vi­guant sur la même ca­rène que le Pa­ra­na 38 (Nep­tune n°223), le Spi­der 40 dé­cline donc sur tout juste 13 mètres les élé­ments sty­lis­tiques ha­bi­tuels du chan­tier ita­lien. En le dé­cou­vrant amar­ré dans la ma­ri­na cen­trale de Naples, on ne peut que re­mar­quer son as­pect cin­tré sur l’ar­rière, qui joue pour beau­coup dans sa fluidité gé­né­rale.

Des amé­na­ge­ments cus­to­mi­sables

Le li­vet glis­sant du haut de l’étrave jus­qu’à l’ar­rière du ba­teau ou la longue plage avant to­ta­le­ment dé­pouillée sont d’autres signes dis­tinc­tifs que l’on re­trouve sur les der­niers Rio. L’as­pect bi­seau­té des bor­dés ar­rière, qui semblent pro­lon­ger na­tu­rel­le­ment le des­sin du pare-brise et conduire jus­qu’à la pla­te­forme ar­rière, consti­tuée de larges planches de teck, est aus­si à no­ter. Outre son uti­li­té au port et au mouillage, la pla­te­forme vient éga­le­ment flui­di­fier la ligne. Si le chan­tier a une po­li­tique cus­tom en ma­tière d’amé­na­ge­ments, l’agen­ce­ment du cock­pit fait une nou­velle fois éta­lage du goût mar­qué d’Al­fa­ni pour les jeux entre pa­ral­lé­lisme et angles droits. À l’ar­rière, le bloc cen­tral dis­si­mu­lant des ran­ge­ments est pour­vu d’un dos­sier es­ca­mo­table of­frant à la fois des as­sises dans le sens de la marche ou vers l’ar­rière. Avec la longue ban­quette ins­tal­lée sur bâ­bord, les es­paces de confort ne manquent pas. Comme ce­la est de cou­tume chez Rio, la table, mue élec­tri­que­ment, sort du plan­cher afin d’of­frir un agréable es­pace re­pas. Pla­cée à mi-hau­teur, elle per-

met éga­le­ment de mettre en place un spa­cieux bain de so­leil. L’unique cui­sine du bord ins­tal­lée sur tri­bord, pour ce ba­teau conçu pour la Mé­di­ter­ra­née, dis­si­mule sous un grand ra­bat un évier et des plaques de cuis­son, ain­si qu’un ré­fri­gé­ra­teur et des ti­roirs de sto­ckage. Bien à l’abri der­rière le haut pare-brise en­ve­lop­pant, une mi­ni mé­ri­dienne oc­cupe l’es­pace si­tué face au poste de pi­lo­tage. Ce­lui-ci pré­sente une al­lure ori­gi­nale très contem­po­raine - une autre ha­bi­tude chez Rio - avec son écran Sim­rad pla­cé dans un bloc in­dé­pen­dant sur­plom­bant une console ha­billée d’une mou­ture car­bone. Les sièges des­ti­nés au pi­lote et à un pas­sa­ger dis­posent d’as­sises re­pliables et d’un re­pose-pied per­met­tant de bar­rer en po­si­tion as­sise ou de­bout.

Une élé­gance à l’ita­lienne

Les trois marches de la des­cente laissent dé­cou­vrir un in­té­rieur là aus­si très contem­po­rain, au de­si­gn lé­ché et aé­ré. Les amé­na­ge­ments du sa­lon de la ver­sion es­sayée se bornent à une grande et confor­table ban­quette en C, en­ca­drant une élé­gante table basse do­tée

d’un pla­teau dé­pliable. Le ma­riage des teintes beiges du plan­cher en bam­bou, des sel­le­ries et vai­grages blancs et des boi­se­ries aux cou­leurs ta­bac y sont du plus bel ef­fet. Le pont in­fé­rieur abrite éga­le­ment deux ca­bines. Celle sise la­té­ra­le­ment est pour­vue de cou­chettes su­per­po­sées, tan­dis que la pointe avant du ba­teau ac­cueille une ca­bine par­fai­te­ment sy­mé­trique do­tée d’un lit en îlot. Une salle de bain bien conçue vient com­plé­ter l’en­semble. Re­tour sur le pont pour tes­ter barre en main ce grand open en condi­tions réelles. Ce­la tombe bien, un vent de sud souffle au­jourd’hui sur la baie de Naples, le­vant une mer ha­chée qui va nous per­mettre de prendre toute la me­sure du ba­teau.

Un com­por­te­ment en mer ap­pré­ciable

La pre­mière im­pres­sion est sou­vent la bonne et la ca­rène du Spi­der 40 offre d’em­blée d’ex­cel­lentes sen­sa­tions en pré­sen­tant une bonne ri­gi­di­té sur une mer for­mée. Le ba­teau fend la houle avec au­to­ri­té, tan­dis que le pare-brise

pro­tège ef­fi­ca­ce­ment les pas­sa­gers ins­tal­lés dans le cock­pit. Bien ré­glée, la barre offre une grande sou­plesse de pi­lo­tage et per­met d’en­chaî­ner les vi­rages ser­rés en conser­vant un contrôle per­ma­nent. Pro­pul­sé par deux mo­teurs Vol­vo D4 de 300 che­vaux, le Spi­der 40 a at­teint les 34 noeuds à plein ré­gime lors de notre es­sai, sa vi­tesse de croi­sière s’éta­blis­sant au­tour de 24-25 noeuds, pour une consom­ma­tion os­cil­lant au­tour de 70 litres par heure. Cette puissance semble rai­son­nable mais les fans de vi­tesse et de sen­sa­tions fortes res­te­ront peut-être sur leur faim... Reste que ce grand open très bien conçu, sé­rieu­se­ment construit et af­fi­chant un ta­rif com­pé­ti­tif, ne manque pas d’ar­gu­ments pour ré­pondre aux be­soins d’une exi­geante clien­tèle mé­di­ter­ra­néenne.

Sil­houette élan­cée et plan de pont épu­ré, ce grand open ne manque pas d’ar­gu­ments pour sé­duire les plai­san­ciers mé­di­ter­ra­néens. 41

Le bi­mi­ni mon­té sur rails se dé­ploie en un tour de main. Un taud de pro­tec­tion so­laire peut aus­si être ins­tal­lé au-des­sus de la par­tie ar­rière du cock­pit.

Le tra­ceur sur­plom­bant la console de pi­lo­tage est un clas­sique chez Rio. La po­si­tion du bar­reur est ex­cel­lente.

Pla­cée à mi­hau­teur, la table offre la pos­si­bi­li­té d’ins­tal­ler un grand bain de so­leil.

La plate-forme de bain ar­rière est im­mer­geable dans sa ver­sion op­tion­nelle. No­tez les nom­breux traits de ca­rac­tère qui viennent flui­di­fier les lignes du ba­teau.

Sans ve­nir em­pié­ter sur l’es­pace de vie, la seule cui­sine du bord offre l’es­sen­tiel, avec ses plaques de cuis­son, son évier et son ré­fri­gé­ra­teur.

Avec son plan­cher en bam­bou, ses sel­le­ries et vai­grages blancs, et ses boi­se­ries aux teintes ta­bac, le sa­lon offre un conden­sé d’élé­gance à l’ita­lienne.

Oc­cu­pant la pointe avant, la ca­bine prin­ci­pale pré­sente une dé­co­ra­tion qui ne dé­pa­reille pas avec le reste du ba­teau.

La douche et les toi­lettes se trouvent à gauche dans la salle de bain.

Le Spi­der 40 na­vigue bien dans ses lignes à par­tir de 25 noeuds comme ici chez lui, au coeur de la baie de Naples.

Si­tuée sous le cock­pit, la vaste cale mo­teur donne fa­ci­le­ment ac­cès aux deux Vol­vo D4 de 300 che­vaux.

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