Un mo­teur ma­rin d’ex­cep­tion… pour une voi­ture de lé­gende

Les mo­teurs ma­rins de course BPM sont les plus ti­trés au monde. A la sur­prise gé­né­rale, en 1952, un cé­lèbre construc­teur d’au­to­mo­biles dé­cide d’en mon­ter un dans sa voi­ture per­son­nelle.

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Le des­tin de la mai­son Ci­si­ta­lia est peu or­di­naire car sa vie brève, une di­zaine d’an­nées tout au plus, et sa pro­duc­tion ré­duite ont néan­moins lais­sé une trace unique dans l’his­toire de l’au­to­mo­bile. La Com­pa­nia In­dus­triale Spor­tive Ita­lia­na naît en 1944 du dé­sir d’un riche in­dus­triel tu­ri­nois de pro­duire en sé­rie une pe­tite voi­ture de grand tou­risme. A l’époque, Pie­ro Du­sio, ma­gnat du tex­tile, grand spor­tif à ses heures et pro­prié­taire de la Ju­ven­tus, se voit vo­lon­tiers mar­cher dans les pas du sé­na­teur Agnel­li, le fon­da­teur de FIAT. C’est pré­ci­sé­ment Dante Gia­co­sa, un des in­gé­nieurs les plus pro­li­fiques du construc­teur tu­ri­nois, qui est contac­té par Du­sio pour conce­voir le ca­hier des charges du fu­tur mo­dèle des­ti­né à mar­quer le re­tour du pays à la pros­pé­ri­té. Gia­co­sa reste à son poste tout en ac­cep­tant la mis­sion et dé­cide Du­sio à re­cru­ter éga­le­ment le très ta­len­tueux Gio­van­ni Sa­vo­nuz­zi comme di­rec­teur tech­nique. Plu­sieurs pro­to­types, dont cer­tains sont en­ga­gés en com­pé­ti­tion, abou­tissent en sep­tembre 1947 à la pré­sen­ta­tion of­fi­cielle de la fa­meuse ber­li­net­ta 202 à mo­teur Fiat 1100 dont la car­ros­se­rie est si­gnée Pi­nin Fa­ri­na. L’ob­jet fait sen­sa­tion par son élé­gante com­pa­ci­té et com­mence im­mé­dia­te­ment une car­rière d’icône in­ter­na­tio­nale du de­si­gn. La nou­velle voi­ture est consi­dé­rée tout sim­ple­ment comme le pro­to­type de la voi­ture de sport mo­derne. Vite pro­mue au rang d’oeuvre d’art en­trée dans les col­lec­tions per­ma­nentes du MoMA de New York, la Ci­si­ta­lia 202 est née avec une mé­ca­nique mo­deste. Mais, peu avant de dis­pa­raître, la firme lance une ra­ris­sime ver­sion pro­pul­sée par un mo­teur de ba­teau de course plus puis­sant. C’est le pi­lote fran­çais Charles Poz­zi, fu­tur im­por­ta­teur de Fer­ra­ri en France et très ver­sé dans la com­pé­ti­tion mo­to­nau­tique, qui sug­gère de se four­nir chez BPM, le meilleur construc­teur ita­lien de mo­teurs de ra­cers. La so­cié­té Bot­ta Pu­ri­cel­li Mi­la­no, fon­dée en 1932, a dé­jà un pal­ma­rès ex­cep­tion­nel avec d’in­nom­brables re­cords du monde et des vic­toires à la pelle dans les cham­pion­nats na­tio­naux et in­ter­na­tio­naux. C’est son 4 cy­lindres Sport 2 800 cm de 160 che­vaux qui est re­te­nu pour être ins­tal­lé sous le ca­pot de la Ci­si­ta­lia pré­sen­tée au sa­lon de Ge­nève de 1952 sous le sigle 202D, puis en­ga­gée à la Mille Mi­glia quelques se­maines plus tard par les Du­sio, père

et fils. Leur Ber­li­net­ta Pi­nin Fa­ri­na n°621 en ver­sion Com­pe­ti­zione fait bonne fi­gure avant d’aban­don­ner après la casse d’un em­brayage mal pré­pa­ré à en­cais­ser le couple re­dou­table du ro­buste bloc ma­rin BPM conçu pour tour­ner à plein ré­gime pen­dant des heures. Sur un to­tal de cinq 202D pro­duites, il n’en exis­te­rait plus que deux au­jourd’hui, dont celle pré­sen­tée ici et qui n’est autre que la voi­ture per­son­nelle des Du­sio, père et fils, lan­cés dans leur ul­time dé­fi. Quant à la firme BPM, elle est tou­jours en ac­ti­vi­té près de Vé­rone en Ita­lie et per­pé­tue, par ses fa­bri­ca­tions et res­tau­ra­tions de mo­teurs et de trans­mis­sions spé­ciales, une tra­di­tion unique de suc­cès au plus haut ni­veau de­puis près de quatre-vingt dix ans. Le mo­teur du Ber­linVI, comme ce­lui de la Ci­si­ta­lia BPM, af­fiche d’ailleurs tou­jours une san­té de fer.

En 1952, l’aven­ture des au­to­mo­biles Ci­si­ta­lia touche à sa fin. Pour ga­gner des courses, l’usine choi­sit un puis­sant mo­teur ma­rin.

Dans les an­nées 1950, le mo­teur BPM 4 cy­lindres du Ber­lin VI est ce que l’on fait de mieux en com­pé­ti­tion mo­to­nau­tique.

Le 4 cy­lindres BPM 2800 cm en ver­sion com­pé­ti­tion était équi­pé de deux car­bu­ra­teurs We­ber double corps ho­ri­zon­taux.

De nom­breux mo­teurs de voi­tures ont été mon­tés dans des ba­teaux mais l’in­verse est un fait unique, en plus sur une lé­gen­daire Ci­si­ta­lia...

La marque Ci­si­ta­lia n’a du­ré que quelques an­nées mais son his­toire fas­ci­nante a mar­qué à ja­mais le monde de l’au­to­mo­bile. Créée en 1947, la car­ros­se­rie de la Ci­si­ta­lia 202 est consi­dé­rée comme une vé­ri­table oeuvre d’art. Elle est ex­po­sée au MoMA de New York.

Au dé­part de la Mille Mi­glia en 1952, Pie­ro Du­sio, fon­da­teur de Ci­si­ta­lia, et son fils Car­lo jouent leur va­tout avec un mo­teur BPM. Cette Ci­si­ta­lia 202-D, équi­pée d’un mo­teur ma­rin BPM de 2,8 litres, était la voi­ture per­son­nelle de Pie­ro Du­sio, créa­teur de la marque.

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