Élec­tro­nique : l’émer­gence des son­deurs « avant »

Neptune Yachting Moteur - - Sommaire -

Dans sa confi­gu­ra­tion clas­sique, le son­deur ex­ploite l’écho ren­voyé par un fais­ceau de sonde di­ri­gé à la ver­ti­cale et per­met­tant une ana­lyse des fonds si­tués sous le ba­teau. En rai­son de son dé­pla­ce­ment, l’image vi­sible sur l’his­to­rique de l’écran est par

cal­cul, le bud­get et le vo­lume des ins­tal­la­tions n’a qu’un rap­port as­sez loin­tain avec ceux des plai­san­ciers. Pour les mo­dèles adap­tés au grand pu­blic, la por­tée utile ne dé­passe guère la tren­taine de mètres, ce qui, à une vi­tesse sou­te­nue, ne laisse qu’une poi­gnée de se­condes pour ré­agir face à l’obs­tacle...

Des ta­rifs plus abor­dables

Dans la pra­tique, le son­deur de­vient per­ti­nent dans les ma­noeuvres d’ap­proche à basse vi­tesse dans une passe ou un che­nal mal ba­li­sé, un port en­com­bré, etc., ou à la pêche en point fixe ou à la traîne. Jus­qu’à pré­sent, ce type d’ap­pa­reil ne concer­nait que le haut de gamme et le nau­tisme de luxe, mais l’en­trée sur le mar­ché de gros ac­teurs, comme Na­vi­co (Sim­rad, Lo­wrance, B&G) et Gar­min pour­rait chan­ger la donne, avec des ta­rifs plus abor­dables qu’au­pa­ra­vant. Reste que l’in­ves­tis­se­ment n’est pas mince et que l’ins­tal­la­tion de la sonde doit être ef­fec­tuée avec soin afin d’ob­te­nir des ré­sul­tats fiables. On n’ou­blie­ra

Fa­bri­cant d’équi­pe­ments élec­tro­niques de ma­rine de­puis 1969, la so­cié­té bri­tan­nique Echo­pi­lot est un pré­cur­seur du son­deur avant grand pu­blic. Son mo­dèle est une en­trée de gamme à un ta­rif com­pé­ti­tif, dis­po­nible avec un écran de

7 pouces noir et blanc ou cou­leur. Sa tech­no­lo­gie re­pose sur un fais­ceau ver­ti­cal d’une ca­pa­ci­té construc­teur de 200 mètres à l’ho­ri­zon­tale et de 100 mètres en pro­fon­deur. Le si­gnal vi­déo peut être ren­voyé sur n’im­porte quel mul­ti­fonc­tion, la cou­leur per­met­tant en outre d’ana­ly­ser la na­ture des fonds grâce à des échos de dif­fé­rentes to­na­li­tés. Ils sont en­voyés au rythme de deux im­pul­sions par se­conde pour un af­fi­chage en temps réel. Des alarmes pro­gram­mables de 2 à 20 mètres ai­de­ront à aver­tir de la pré­sence d’un obs­tacle. La sonde tra­ver­sante est de qua­li­té pro­fes­sion­nelle, avec un corps en bronze. Pion­nier du son­dage avant, Echo­pi­lot a mis à pro­fit son ex­pé­rience pour dé­ve­lop­per aus­si un sys­tème FLS 3D, com­po­sé d’une boîte noire, de deux sondes et d’une té­lé­com­mande. Les don­nées, cal­cu­lées en trois di­men­sions, s’af­fichent sur n’im­porte quel tra­ceur équi­pé d’une en­trée vi­déo. l FLS2D 1 435 € l FLS3D 11 999 € sonde com­prise l Dis­tri­bué par Po­chon l In­fos www.po­chon.com

is­po­nible avec une sonde au ta­bleau ar­rière (ou tra­ver­sante) et com­pa­tible avec les com­bi­nés HDS Live Lo­wrance (la sé­rie HDS Car­bon né­ces­site une in­ter­face PSI 1 sup­plé­men­taire), le sys­tème Li­veSight a été conçu avant tout pour les pê­cheurs, cible pri­vi­lé­giée de cette branche du groupe Na­vi­co qui pos­sède aus­si Sim­rad et B&G. La ba­taille des bre­vets amé­ri­cains qui, sur fond de paie­ment de royal­ties, a long­temps op­po­sé Gar­min et Na­vi­co sur les tech­no­lo­gies DownVü du pre­mier et DownS­can Ima­ging du se­cond, est dé­sor­mais close. Le bre­vet Na­vi­co a été dé­cla­ré ca­duque. Ce conflit ju­ri­dique fa­vo­rable à Gar­min a re­tar­dé la sor­tie com­mer­ciale du Li­vesight au prin­temps 2019, plu­sieurs an­nées après celle du mo­dèle de son concur­rent. La tech­no­lo­gie Li­vesight per­met d’ob­te­nir en temps réel les échos de tout l’environnem­ent sous-ma­rin, si­tué de­vant et sous le ba­teau. La re­pré­sen­ta­tion est de type pseu­do-pho­to­gra­phique, facile à lire et très pré­cise à pe­tite dis­tance. Le prix est en outre rai­son­nable. l Sonde Li­vesight 1 558 € l In­ter­face PSI 1460 € l In­fos lo­wrance.com

Lan­cé en 2015, le sys­tème FrontVü re­pose sur une sonde mul­ti­fais­ceau (16 sources en si­mul­ta­né) mon­tée au ta­bleau (PS21) ou tra­ver­sante (PS51 TH). Cette der­nière a l’avan­tage de pou­voir être ins­tal­lée sur l’avant du ba­teau plu­tôt qu’à l’ar­rière. A l’in­verse, elle est da­van­tage ex­po­sée aux risques de chocs et à l’échouage. En outre, son in­cli­nai­son la­té­rale ne doit pas dé­pas­ser 25°. Pour ces rai­sons, elle est da­van­tage adap­tée aux ba­teaux qui na­viguent as­sez len­te­ment. Le mode FrontVü est sur­tout dé­dié à la dé­tec­tion d’obs­tacles, en af­fi­chant en temps réel le pro­fil du fond pour faire une ap­proche en toute sé­cu­ri­té. Le fais­ceau d’ana­lyse est étroit (20°), afin d’aug­men­ter la por­tée, jus­qu’à huit ou dix fois la hau­teur d’eau. La sonde en acier in­ox, qui contient toute l’élec­tro­nique (une ali­men­ta­tion in­dé­pen­dante de 10-35 V est né­ces­saire), est aus­si do­tée d’un cap­teur à trois axes AHRS (At­ti­tude and Hea­ding Re­fe­rence Sys­tem) qui per­met de dé­fi­nir sa po­si­tion dans l’es­pace et, après cal­cul, de sta­bi­li­ser l’image même par mer agi­tée. Gar­min pro­pose aus­si une ver­sion aug­men­tée bap­ti­sée FrontVÜ For­ward qui uti­lise les mêmes sondes. Elle est ca­pable d’af­fi­cher des échos si­mi­laires à ceux vus sur l’his­to­rique des échos d’un son­deur conven­tion­nel (af­fi­chable en op­tion sur la gauche de l’écran), à ce­ci près que la sonde ana­lyse aus­si la co­lonne d’eau si­tuée sur l’avant du ba­teau et non des­sous. À la dif­fé­rence du FrontVü qui ne s’in­té­resse qu’aux fonds, ce mode per­met de re­pé­rer les fins échos comme les plus gros, pois­sons, plon­geurs, ob­jets im­mer­gés si­tués de­vant l’étrave. Ce dis­po­si­tif in­té­res­se­ra da­van­tage les pê­cheurs, qui peuvent ain­si sur­veiller les mou­ve­ments des pois­sons au­tour du ba­teau et leur ré­ac­tion au leurre qui leur est pro­po­sé. l PS51 TH 1 499 € l PS21 1 399 €

Comme son nom l’in­dique, ce mode per­met de mo­dé­li­ser en trois di­men­sions la zone si­tuée de­vant le ba­teau et d’af­fi­cher le vo­lume cal­cu­lé à l’écran. Contrai­re­ment aux modes pré­cé­dents, il ne tra­vaille pas en temps réel, la fré­quence de ra­fraî­chis­se­ment va­riant de une à quatre se­condes. Autre dif­fé­rence im­por­tante, il n’en­re­gistre pas l’his­to­rique des échos, mais il offre une vue plus large de la zone ana­ly­sée, puisque le fais­ceau at­teint 120° horizontal­ement et 90° verticalem­ent. Il four­nit une vue très in­tui­tive des fonds, où les struc­tures im­mer­gées sont fa­ciles à re­pé­rer, au prix d’une pré­ci­sion net­te­ment moins grande que dans les autres modes. Il n’est com­pa­tible qu’avec la sonde PS31, conçue à l’ori­gine pour pou­voir être mon­tée sur un mo­teur élec­trique auxi­liaire adap­té à la pêche à la traîne à basse vi­tesse. Dans le cas d’un mon­tage im­mer­gé en per­ma­nence, il convien­dra donc de ne pas dé­pas­ser 17 noeuds ou de choi­sir un em­pla­ce­ment pour la sonde si­tuée hors de l’eau si vous na­vi­guez à des vi­tesses su­pé­rieures. l PS31 1 599 €

Le son­deur avant convient da­van­tage aux ca­rènes lentes de type traw­ler comme celle de cet Ou­ter Reef 620.

La sonde Li­vesight de­vrait être aus­si dis­po­nible en ver­sion tra­ver­sante.

Le Li­veVü offre une dé­fi­ni­tion plus pré­cise et se com­porte un peu à la ma­nière d’un ra­dar, re­pé­rant les échos les plus fins comme les pois­sons.

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