Le chan­tier peine à faire école à Pont Du­lys

Créa­tion d’un self, agran­dis­se­ment du ré­fec­toire... Des tra­vaux vont dé­mar­rer. Les pa­rents d’élèves craignent la pré­sence d’amiante dans ce bâ­ti­ment

Nice-Matin (Antibes / Juan-les-Pins) - - Antibes-juan-les-pins - M.-C.A ma­ba­lain@ni­ce­ma­tin.fr

Un gros câble élec­trique qui tra­verse les toi­lettes à por­tée de main, une bâche pous­sié­reuse qui re­couvre un mur du ré­fec­toire contre le­quel dé­jeunent les en­fants, des pans de mur, sous les fe­nêtres, cou­verts de moi­sis­sures, tout près des tables... Tel est le spec­tacle qu’ont contem­plé en­sei­gnants et pa­rents d’élèves du groupe sco­laire du Pont Du­lys, fin avril. Face à leur in­di­gna­tion, la Ville a ra­pi­de­ment rec­ti­fié le tir. Il s’agis­sait des « tra­vaux de pré­pa­ra­tion » d’un chan­tier im­por­tant, qui pré­voit l’agran­dis­se­ment du ré­fec­toire des­ti­né aux en­fants de la ma­ter­nelle, sous le préau exis­tant, l’ex­ten­sion du préau sur la cour, la re­struc­tu­ra­tion de la cuisine en self-ser­vice, etc. Des tra­vaux lourds, d’un coût glo­bal de 480 000 eu­ros hors taxes, qui de­vraient s’ache­ver mi-sep­tembre et qui in­quiètent les pa­rents. Car l’éta­blis­se­ment, vé­tuste, est de type Paille­ron. On craint la pré­sence d’amiante qui se­rait li­bé­rée dans l’air sous forme de par­ti­cules, une fois la dé­mo­li­tion dé­mar­rée. « Il y a trois ans, une ex­per­tise avait conclu à la pré­sence d’amiante dans la colle du li­no­léum du dor­toir pour les tout-pe­tits et des tra­vaux avaient été ra­pi­de­ment ef­fec­tués. Mal­heu­reu­se­ment, le ré­fec­toire n’avait pas été, à l’époque, pris en compte alors qu’il dis­pose du même re­vê­te­ment », as­sure une re­pré­sen­tante des pa­rents d’élèves. D’où une de­mande ferme de pou­voir ac­cé­der à une co­pie du diag­nos­tic amiante avant tra­vaux, obli­ga­toire avant chaque dé­mo­li­tion. La DDPP (Di­rec­tion dé­par­te­men­tale pour la pro­tec­tion de la po­pu­la­tion) a été aler­tée. Cer­tains pa­rents étaient prêts à blo­quer, du­rant une de­mi-heure l’ac­cès à l’école, tant la co­lère est forte ! Pour l’ins­tant, on n’en est pas ar­ri­vé là.

Diag­nos­tic amiante réa­li­sé en 

Une réunion avec les re­pré­sen­tants des pa­rents d’élèves, les en­sei­gnants, la di­rec­tion de l’éta­blis­se­ment et les ser­vices mu­ni­ci­paux concer­nés (bâ­ti­ments et restauration sco­laire) a eu lieu le 2 mai. Pro­messe a été faite de com­mu­ni­quer à tous le diag­nos­tic amiante réa­li­sé en 2015 en pré­vi­sion des tra­vaux. « Ce rap­port concerne les sols de la cour, du ré­fec­toire et du préau. Il fait près de 300 pages. Une syn­thèse va être faite par les ser­vices concer­nés et trans­mise la se­maine pro­chaine », as­sure Yves Da­han, ad­joint à l’Édu­ca­tion et à la Pe­tite En­fance. « Quel que soit le ni­veau d’amiante, même en des­sous des normes to­lé­rées, le chan­tier doit faire l’ob­jet d’un confi­ne­ment com­plet », s’en­flamme un re­pré­sen­tant des pa­rents d’élèves. En at­ten­dant, Yves Da­han pré­cise : « L’ac­cès à l’éta­blis­se­ment a été mo­di­fié. L’en­trée de la ma­ter­nelle est condam­née. Tout le monde passe par l’école élé­men­taire puis deux che­mi­ne­ments ba­li­sés et sé­pa­rés par des bar­rières ont été amé­na­gés. » Lun­di, la cuisine a fer­mé ses portes pour huit mois de chan­tier. Une so­cié­té spé­cia­li­sée livre des re­pas équi­li­brés, res­pec­tant les règles nu­tri­tion­nelles et le gram­mage pré­co­ni­sé pour les en­fants. Pour­quoi ces tra­vaux ne sont-ils pas ef­fec­tués hors pé­riode sco­laire ? « Im­pos­sible, ils sont trop lourds et ce­la du­re­rait trop long­temps. Mais les dé­mo­li­tions au­ront lieu du­rant les va­cances, bien sûr. Et le chan­tier se­ra sé­cu­ri­sé et les nui­sances so­nores li­mi­tées », as­sure Yves Da­han. En dé­but de se­maine, les re­pré­sen­tants des pa­rents d’élèves ont fait un constat. Né­ga­tif. « Nous n’avons tou­jours pas eu les ré­ponses à nos at­tentes fai­sant suite à la réunion du 2 mai. Une co­pie du Dos­sier Tech­nique Amiante doit être four­nie. Lors de cette réunion un en­ga­ge­ment d’or­ga­ni­ser de nou­velles ana­lyses dans l’élé­men­taire a été pris... Le che­mi­ne­ment des ma­ter­nelles n’est tou­jours pas sé­cu­ri­sé, il manque des bar­rières, la ru­ba­lyse étant in­suf­fi­sante...».

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