Pour­quoi et comment prendre soin de ses reins Soins

Le phy­sio­lo­giste An­dré Gior­dan consacre à cet or­gane très dis­cret un livre pas­sion­nant pa­ru aux édi­tions Lat­tès. Voi­ci 4 conseils pour mé­na­ger ses reins

Nice-Matin (Antibes / Juan-les-Pins) - - Santé - SO­PHIE CASALS sca­sals@ni­ce­ma­tin.fr

Le corps est la pre­mière mer­veille du monde, et on s’en pré­oc­cupe peu, quand on est ma­lade. À l’école, les pro­grammes sont in­di­gents, voire in­di­gestes, on le dé­coupe en tranche, sans faire le lien entre les dif­fé­rentes par­ties. Or, connaître son corps c’est un ou­til de santé », plaide An­dré Gior­dan, agré­gé en bio­lo­gie. Aus­si ce Ni­çois, pro­fes­seur à l’uni­ver­si­té de Ge­nève et spé­cia­liste de l’édu­ca­tion thé­ra­peu­tique a-t-il dé­ci­dé de prendre la plume pour mieux faire connaître le corps hu­main. Dans un pré­cé­dent ou­vrage 30 ans sans mé­di­ca­ments, l’au­teur avait dé­taillé comment « être son propre mé­de­cin, pour les bo­bos ». En met­tant en avant ce qui em­pêche le corps de bien fonc­tion­ner : « stress, mal­bouffe, manque d’ac­ti­vi­té ». « Le suc­cès du livre de Ju­lia En­gers, Le charme dis­cret de l’in­tes­tin (2015) ,a mis l’ac­cent sur un des or­ganes du corps. Or, il est d’autres or­ganes plus pri­mor­diaux qu’on mé­con­naît to­ta­le­ment : les reins sont to­ta­le­ment igno­rés.» Avec Le Rein a bon dos qui vient de paraître aux édi­tions JC Lat­tès, An­dré Gior­dan pro­pose aux lec­teurs de dé­cou­vrir cet or­gane dis­cret mais es­sen­tiel. Pour­quoi est-il si im­por­tant? « Il ne dé­bar­rasse pas seule­ment le sang de ses dé­chets, il per­met à l’en­semble du corps de fonc­tion­ner. Bien sûr, ils n’ont pas la no­to­rié­té du cer­veau, mais sans les reins le cer­veau se­rait to­ta­le­ment in­opé­rant. Le cer­veau est consti­tué de 80 % d’eau et les in­flux ner­veux qui trans­mettent

An­dré Gior­dan

Phy­sio­lo­giste, agré­gé en bio­lo­gie

les mes­sages sont des trans­ferts d’ions, is­sus de sels. Or, qui pré­sident à la ré­gu­la­tion de l’eau et des sels mi­né­raux dans le corps ? Si­non les reins…» Tour de contrôle in­terne, il ré­gule les prin­ci­pales ac­ti­vi­tés vi­tales. « C’est aus­si une glande, il pro­duit des hor­mones,

« Le rein, un or­gane très ef­fi­cace, mais il ne faut pas le pous­ser à bout »

dont l’EPO. Cette mo­lé­cule sti­mule la fa­bri­ca­tion de glo­bules rouges dans la moelle os­seuse.» Et ce n’est pas tout « les cel­lules du rein ac­tivent la vi­ta­mine D. L’or­gane in­ter­vient donc ain­si dans la mi­né­ra­li­sa­tion des os et donc d’une bonne struc­ture os­seuse. Au­riez-vous pen­sé à fa­vo­ri­ser vos reins pour évi­ter la frac­ture du col du fé­mur ? », in­ter­roge-t-il. Des fonc­tions as­su­rées par « deux gros ha­ri­cots de la taille d’un pe­tit verre de bière » com­po­sés d’un mil­lion de né­phrons, pe­tits tuyaux plus fins qu’un che­veu. « Les cel­lules de ces pe­tits tuyaux filtrent et ré­gulent. Le rein est un or­gane très ef­fi­cace, mais il ne faut pas le pous­ser à bout. » Voi­ci quatre conseils es­sen­tiels pour en prendre soin.

- Évi­ter cer­tains mé­di­ca­ments

Dans la vie quo­ti­dienne An­dré Gior­dan met en garde contre l’usage de cer­tains mé­di­ca­ments. À com­men­cer par le pa­ra­cé­ta­mol. « Si ces pe­tits ca­chets, que l’on prend au moindre bo­bo, sont uti­li­sés à fortes doses et à long terme, ils peuvent de­ve­nir très no­cifs. » Éga­le­ment dans le vi­seur : les cor­ti­coïdes et les an­ti­bio­tiques. « Il faut uti­li­ser les an­ti­bio­tiques quand c’est im­por­tant, mais pas pour les bo­bos de la vie quo­ti­dienne. Car les an­ti­bio­tiques cassent les cel­lules qui filtrent. » Pas bons pour les reins non plus : les pro­duits de contraste io­dés in­jec­tés lors­qu’on passe cer­tains exa­mens ra­dio­lo­giques. « Il fau­drait do­ser plus lé­gè­re­ment. »

- Sucre, sel et ré­gimes hy­per­pro­téi­nés… à consom­mer avec mo­dé­ra­tion

Pour ne pas mettre cet or­gane à rude épreuve, il faut mettre la pé­dale douce « sur le sucre qui confit les reins. » Bref, bon­bons, pâte à tar­ti­ner, et autres barres cho­co­la­tées doivent être consom­mées avec mo­dé­ra­tion. Par ailleurs il faut faire at­ten­tion de ne pas trop sa­ler ses plats. « Et évi­ter les ré­gimes hy­per­pro­téi­nés, qui ont tendance à fa­ti­guer les reins ».

- Ar­rê­ter de fu­mer

On sait que le ta­bac n’est pas bon pour la santé. Mais il est clai­re­ment l’en­ne­mi des reins. « Il ac­cé­lère l’évo­lu­tion des ma­la­dies ré­nales ».

- Boire de l’eau, ni trop peu, ni trop

Tout est une ques­tion de do­sage. « L’eau aide les reins à fonc­tion­ner, mais at­ten­tion à la sur­charge en eau », pré­vient le bio­lo­giste. «Àboi­rede l’eau de ma­nière ex­ces­sive, on risque l’in­toxi­ca­tion à l’eau avec un gon­fle­ment des or­ganes, une com­pres­sion du cer­veau et sur­tout un sur­croît de tra­vail des reins. » Autre ef­fet in­dé­si­rable : plus on boit, plus on va aux toi­lettes. « Une perte im­por­tante des urines en­traîne un dé­part abon­dant de sels mi­né­raux, oli­go-élé­ments et de vi­ta­mines. » Comment sa­voir quelle quan­ti­té d’eau boire ? « La so­lu­tion est simple : mi­rez vos urines. Si elles sont trop claires, il n’est pas né­ces­saire de conti­nuer à boire. Si par contre elles sont orange fon­cé, il faut boire da­van­tage! » Ed. JC Lat­tès. 220 pages. 18 €.

Mé­di­ca­ments, sucre, sel, ci­ga­rette, eau... nos consom­ma­tions sont sou­vent à re­mettre en cause. (Photos Get­ty Images, P. C., F. B., P. A.)

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