Des li­bel­lules à perche cap­turent mon vi­sage ”

Avant de se mé­ta­mor­pho­ser, le stade nau­tique prend son élan pour plon­ger dans son pas­sé...

Nice-Matin (Antibes / Juan-les-Pins) - - Antibes-juan-les-pins - MAR­GOT DASQUE mdasque@ni­ce­ma­tin.fr

De­puis trois ans je vois même éclore des pe­tits so­leils. Sous l’oeil bien­veillant de Florence Fer­ra­ri, les mi­nots ex­tra­or­di­naires se ré­vèlent. L’Eau pour rayon­ner offre aux en­fants au­tistes le moyen de s’ex­pri­mer dans l’eau chlo­rée. Théâtre d’ex­ploits, je n’ai pas seule­ment ac­cueilli les ath­lètes poids or, les conqué­rants taille ar­gent, les vain­queurs force bronze. Sur mon cur­ri­cu­lum vi­tae? Plus de deux cents titres de cham­pion de France. Alain Ber­nard, Franck Esposito… Pré­noms et pa­tro­nymes illus­trent la ri­gueur et l’exi­gence du Cercle des na­geurs d’An­tibes. Si l’as­so­cia­tion re­ven­dique cin­quante-deux an­nées d’exis­tence, elle ne dé­roge pas à ses tra­di­tions : ré­gu­liè­re­ment élu « meilleur club for­ma­teur », le CNA de­meure le seul club à s’être tou­jours qua­li­fié aux Jeux Olym­piques. At­ten­tion, ne croyez pas que je ne par­tage pas mes pro­fon­deurs ! An­tibes tri­ath­lon, Spon­dyle club, Pôle France de na­ta­tion et pas mal de monde en gra­din. Coupe d’Eu­rope de na­ta­tion, tour­nois eu­ro­péens et in­ter­na­tio­naux de wa­ter-po­lo et de nage avec Ce n’est pas pour rien que les ob­jec­tifs me tournent au­tour. Des li­bel­lules à perche cap­turent mon vi­sage. Je ne suis pas en­core à dé­fi­ler sur le ta­pis rouge de la Croi­sette mais ma bo­bine s’ap­prête à se re­trou­ver sur le pe­tit écran. Pour Sec­tion de re­cherches , ils m’ont dé­ni­ché. Ecrin de mé­daillés, j’ai eu droit à un pe­tit al­ler-re­tour de Florent Ma­nau­dou de­vant la ca­mé­ra. Jo­li coeur, clin d’oeil, bai­ser éclair. Le grand saut ? Par­lons-en jus­te­ment. En per­dant ma fosse à plon­geon au pro­fit d’un nou­veau bas­sin, je laisse tom­ber les trois mètres d’écla­bous­sures, les cinq mètres de cou­rage, les sept mètres de fris­son et les dix mètres d’au­dace. Échelle de la frousse, as­cen­sion du même pas peur, j’ai ap­pris à gar­der la tête haute en se bou­chant le nez. Mi­rage de ver­tige. À la place de l’oa­sis de sen­sa­tions : un so­la­rium à plan­ter. Dans deux ans, les lé­zards à la peau do­rée rem­pla­ce­ront les in­tré­pides amou­reux de la gra­vi­té. Pas que c’était mieux avant. Pas que ç’au­rait dû être au­tre­ment. C’est juste que les sou­ve­nirs d’avant ne peuvent plus flot­ter dans le pré­sent. Y’a plus le même dé­cor, on a re­plan­té autre chose. On a tour­né la page à coup de nage. En même temps, c’est pour faire un grand bond en avant. Parce qu’à vou­loir me faire briller comme un sou neuf, ce sont les spor­tifs qui vont scin­tiller. Parce qu’en me ré­no­vant je de­viens le deuxième stade nau­tique de France. Rien que ça ! Y’en au­ra pour les ath­lètes, oui. Mais pas seule­ment. Grâce à tout ce­la, je vais pou­voir res­ter éveillé un peu plus long­temps. Et per­mettre aux An­ti­bois de pi­quer une tête pour se la vi­der. C’est bien ça que vous cher­chez chez moi, non ? Un bon moyen de se vi­dan­ger les pen­sées…

Echelle de la frousse, as­cen­sion du même pas peur”

« Théâtre d’ex­ploits, je n’ai pas seule­ment ac­cueilli les ath­lètes poids or, les conqué­rants taille ar­gent, les vain­queurs force bronze... » (Pho­tos archives J. T., Sé­bas­tien Bo­tel­la, Cy­ril Do­der­gny)

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