Fred­dy Ta­che­ny “dé­ter­mi­né à faire pro­gres­ser le club !”

Ac­tion­naire ma­jo­ri­taire des Sharks d’An­tibes de­puis cinq ans, le Belge est de­ve­nu pré­sident de­puis le dé­part de Fré­dé­ric Jouve fin fé­vrier. Il tient à ras­su­rer les scep­tiques quand à la san­té de son club

Nice-Matin (Antibes / Juan-les-Pins) - - Sports - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR VI­VIEN SEILLER

Cer­tains l’ont vu pour la pre­mière fois lors des der­niers matchs d’An­tibes à do­mi­cile. Et pour­tant, Fred­dy Ta­che­ny est à la tête du club an­ti­bois de­puis quelques an­nées dé­jà. En re­trait du­rant la pré­si­dence de Fré­dé­ric Jouve, le Belge a de­puis peu été “for­cé” de re­ve­nir au pre­mier plan pour re­prendre en main la pré­si­dence des Sharks d’An­tibes. Un club qu’il as­sure ai­mer et qu’il tient à dé­ve­lop­per au ni­veau spor­tif. Même si l’ac­tion­naire ma­jo­ri­taire reste plu­tôt éva­sif sur cer­tains su­jets, il s’est ef­for­cé de ras­su­rer l’en­tou­rage du club et de re­dé­fi­nir les contours d’une évo­lu­tion qu’il ima­gine struc­tu­rée.

On a ap­pris le  fé­vrier le dé­part du pré­sident Fré­dé­ric Jouve. Estce pour rai­sons fi­nan­cières ?

Le dé­part de Fre­de­ric n’a rien à voir avec un as­pect bud­gé­taire. Le bud­get du club n’est pas du tout à la di­mi­nu­tion, il n’a ces­sé de croître d’an­née en an­née de­puis que j’ai re­pris le club [il y a cinq ans] .Il s’agit d’un non-évé­ne­ment et son sa­laire se­ra ré­at­tri­bué dans le do­maine spor­tif.

Le bud­get des Sharks est en de­çà de la moyenne de Pro A…

J’ai re­pris le club dans une si­tua­tion très pro­blé­ma­tique. Nous sommes par­tis de très bas et nous avons ré­so­lu la plu­part des pro­blèmes fi­nan­ciers il y a - ans. Il y avait une stra­té­gie à re­dy­na­mi­ser mais je ne fonc­tionne pas avec l’ar­gent que je n’ai pas. Je ne suis pas là pour me­ner An­tibes dans des eaux troubles. Le club est en bonne san­té fi­nan­cière, même si per­fec­tible en terme bud­gé­taire. Je suis là pour amé­lio­rer les choses struc­tu­rel­le­ment et au ni­veau du chiffre d’af­faires. Le but, c’est de dy­na­mi­ser le tra­vail dé­jà fait. Le club est dans une si­tua­tion sta­bi­li­sée et je conti­nue d’ailleurs à in­ves­tir chaque an­née dans l’équipe et dans les struc­tures, mais de ma­nière rai­son­née et me­su­rée. Je suis un com­mer­cial plu­tôt qu’un fi­nan­cier. Ce n’est pas l’his­toire d’un ac­tion­naire. Je n’ai pas dé­cou­vert de pé­trole dans mon jar­din, je suis un ma­na­ger qui peut don­ner une im­pul­sion. Je ne suis pas là pour in­ves­tir tel et tel mon­tant pour tel et tel mi­racle.

Seul Tou­lon pos­sède un bud­get in­fé­rieur aux Sharks () !

Tout n’est pas une ques­tion d’ar­gent. Un énorme bud­get ne ga­ran­tit pas d’être dans le top du clas­se­ment tout comme un pe­tit bud­get ne ga­ran­tit pas de des­cendre à l’éche­lon in­fé­rieur. Il est beau­coup plus im­por­tant d’avoir des struc­tures sta­bi­li­sées et un club pé­renne que d’ex­plo­ser un bud­get de ma­nière ir­réa­liste. J’avais en­ten­du par­ler « d’ac­tion­naire mi­racle » mais je n’y crois pas. Il est im­por­tant de mettre au point un sys­tème équi­li­bré. Le bud­get doit ve­nir des re­cettes, c’est comme ça qu’on mène une stra­té­gie du­rable. L’ac­tion­naire est là pour sé­cu­ri­ser les as­sises fi­nan­cières du club. Je suis là pour faire en sorte que notre club pro­gresse du­ra­ble­ment. Avec l’aide de tout le monde.

Com­ment fait-on pour exis­ter avec ces moyens li­mi­tés ?

Par la struc­tu­ra­tion in­terne et la for­ma­tion. Nous ne par­tons pas avec un mo­ral de dé­fai­tiste. An­tibes a énor­mé­ment d’atouts. On doit être be­so­gneux, tra­vailler plus que d’autres pour être créa­tifs par rap­port à des clubs qui dis­posent de moyens su­pé­rieurs.

Peut-on s’at­tendre à des in­ves­tis­se­ments dans les mois à ve­nir ?

Je vous donne ren­dez-vous dans quelques se­maines après avoir consi­dé­ré l’en­semble de nos par­te­na­riats. Mais il ne faut pas s’at­tendre à une re­cette mi­racle. J’au­rai une pho­to très dé­taillée du po­ten­tiel dans les se­maines à ve­nir. Ce sont ces élé­ments-là qui nous per­met­tront de fixer un cadre au­tour des pro­chaines évo­lu­tions bud­gé­taires. Nous ana­ly­sons, nous étu­dions les choses de ma­nière réa­liste. Et spor­ti­ve­ment? L’équipe a connu quelques sou­bre­sauts à cause des bles­sures. Ju­lien [Es­pi­no­sa, l’en­traî­neur] doit com­po­ser avec un groupe à re­struc­tu­rer de ma­nière ré­pé­ti­tive. À l’heure ac­tuelle, nous sommes éli­gibles en play-off comme pour le main­tien. Nous al­lons nous main­te­nir, c’est l’ob­jec­tif ab­so­lu de Ju­lien. Il y a vrai­ment une équipe très com­pé­ti­tive mais qui n’a ces­sé d’avoir des pro­blèmes avec les bles­sures de joueurs im­por­tants. C’est une an­née comme ça, ça fait par­tie du sport. On s’est dé­me­né pour trou­ver des rem­pla­çants par rap­port à ces coups du sort.

Une re­lé­ga­tion en Pro B pour­rai­telle com­pro­mettre l’ave­nir ?

Nous avons dé­jà été en Pro B quand j’étais là mais nous fe­rons tout pour nous sau­ver. Quelle que soit la pro­blé­ma­tique spor­tive, j’étais là, je suis là et je se­rai là. Dans les hauts comme dans les bas. Je suis to­ta­le­ment dé­ter­mi­né à faire pro­gres­ser le club. Il y a un beau pro­jet de pro­gres­sion.

Le rôle de Jé­rôme Alon­zo ( ) peu­til

 évo­luer ?

Nous avons la chance à An­tibes d’avoir énor­mé­ment de « sup­ports sym­pa­thiques ». Jé­rôme est sym­pa et ef­fi­cace. Il m’a dit com­bien il por­tait An­tibes dans son coeur en tant que pas­sion­né de bas­ket. De mon cô­té, il est évident que je se­rai à l’écoute de toutes les per­sonnes qui au­ront la vo­lon­té de mettre la main à la patte et de ve­nir nous ai­der à dé­ve­lop­per le club dans toutes ses fa­cettes. Pour Jé­rôme, il n’y a rien d’of­fi­ciel mais je reste à l’écoute en per­ma­nence. Je pense que j’ai beau­coup de choses à ap­prendre des gens qui connaissent beau­coup mieux la ville et la ré­gion que moi. Je leur de­man­de­rai de m’ex­pli­quer leur point de vue.

Les sup­por­ters des Sharks vont ap­prendre à vous connaître dans les mois à ve­nir…

J’ai tra­vaillé pen­dant vingt-cinq ans pour le groupe RTL Bel­gique et j’ai pas­sé douze ans à tra­vailler sur la construc­tion d’un cir­cuit voi­ture et mo­to en Bel­gique. Je suis quel­qu’un d’as­sez obs­ti­né. Je suis un homme de mé­dia mais ma pas­sion, c’est le sport au sens large. Les deux sont très proches. L’un est le conte­nu de l’autre et l’autre la rai­son de l’un. Ma­na­ger un mé­dia est très proche de ma­na­ger un club spor­tif. Avant le dé­part de Fré­dé­ric Jouve, j’étais dé­jà pro­prié­taire en étant ac­tion­naire ma­jo­ri­taire des Sharks de­puis cinq ans. Main­te­nant que le lan­ce­ment de mes autres ac­ti­vi­tés est suf­fi­sam­ment sta­bi­li­sé, je peux prendre le temps de m’im­pli­quer da­van­tage de ma­nière opé­ra­tion­nelle. Il ne faut pas s’at­tendre à des chan­ge­ments ré­vo­lu­tion­naires. J’ai la vo­lon­té de m’ap­puyer sur l’équipe ac­tuelle avec Ju­lien Es­pi­no­sa et Vincent Be­rard [di­rec­teur gé­né­ral].

An­tibes est le pre­mier club spor­tif que vous di­ri­gez ?

C’est le pre­mier club que je dé­tiens mais j’or­ga­nise des évé­ne­ments spor­tifs de­puis long­temps no­tam­ment pour les sports mé­ca­niques. J’ai éga­le­ment été proche des Spi­rou de Char­le­roi [pre­mière di­vi­sion belge de bas­ket].

Vous êtes dé­sor­mais ins­tal­lé à An­tibes ?

J’étais là, je suis là et je se­rai là ! ”

J’ai ef­fec­ti­ve­ment dé­ci­dé d’ac­qué­rir un bien à An­tibes. Je suis en train de re­cher­cher un lo­ge­ment pour pou­voir m’ins­tal­ler et ve­nir beau­coup plus souvent. Je ne veux pas être à l’hô­tel en per­ma­nence. Je veux ab­so­lu­ment mieux com­prendre et être au mi­lieu de l’en­semble des équipes pour me­ner à bien la vo­lon­té que j’ai.

Vous sui­vrez le der­by entre An­tibes et Mo­na­co de­main ?

Je ne pour­rai pas être là mais je se­rai en train de re­gar­der chaque mi­nute du match. Je dois me par­ta­ger entre pas mal d’ac­ti­vi­tés pro­fes­sion­nelles liées au sport. Je se­rai en Bel­gique pour un sa­lon de la mo­to que nous or­ga­ni­sons pour la pre­mière fois sur le cir­cuit de Met­tet [Wal­lo­nie]. Mais il faut bien pen­ser que si j’ai pu sta­bi­li­ser le club fi­nan­ciè­re­ment comme je l’ai fait, les dif­fé­rents sports dont nous nous oc­cu­pons y sont pour quelque chose. Il y a une sy­ner­gie pour équi­li­brer cer­tains comptes. 1. Le bud­get d’An­tibes est d’en­vi­ron 3 mil­lions 319 000 eu­ros contre 2 mil­lions d’eu­ros pour le HTV. 2. L’an­cien foot­bal­leur est ac­tuel­le­ment am­bas­sa­deur des Sharks d’An­tibes à titre ho­no­ri­fique.

Fred­dy Ta­che­ny as­sure que le club est en bonne san­té et en­tend mettre l’ac­cent sur le cô­té spor­tif. Les Sharks, e de ProA après  jour­nées, luttent pour le main­tien. Ils re­çoivent de­main à h à l’Azur Are­na le lea­der mo­né­gasque pour un der­by dés­équi­li­bré sur le pa­pier. (DR)

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