Le pa­tri­moine de pays en­core à la fête au­jourd’hui

Les ani­ma­tions conti­nuent au­jourd’hui sur les mé­tiers et sa­voir-faire

Nice-Matin (Cagnes / Vence / Saint-Laurent / Carros) - - La Une - LAURENT QUI­LI­CI lqui­li­ci@ni­ce­ma­tin.fr

C’est chaque fois un­dé­fi, il ya­souvent de­mau­vaises sur­prises, mais c’est un mé­tier fan­tas­tique qui per­met de don­ner une nou­velle vie auxoeuvres en train de­mou­rir. Et tra­vailler dans ce cadre c’est

vrai­ment agréable » . Peu de gens savent que­de­puis deux ans, dans ce pe­tit ate­lier de l’Es­pace So­li­dor au Haut-deCagnes, tra­vaille une res­tau­ra­trice d’art. Ce sa­me­di, Yu­ka Iwa­ha­na fai­sait dé­cou­vrir­pour la­pre­mière fois­son mé­tieràdes vi­si­teurs lorsde ces jour­nées du pa­tri­moine de pays. Pour­quoi res­tau­rer un ta­bleau, com­bien ce­la coûte-t-il, peut-on l’éclair­cir­quand il est sombre, com­bien de temps dure une oeuvre res­tau­rée? Au­tant de ques­tions que se pose le­pu­blic, gé­né­ra­le­ment fas­ci­né par cette pro­fes­sion mé­con­nue. Le guide-confé­ren­cier de l’of­fice de tou­risme Jean-Marc Ni col aï a vou­lu y ré­pondre en or­ga­ni­sant deux vi­sites gui­dées avec Yu­ka Iwa­ha­na dans son ate­lier ce sa­me­di. La pe­tite taille du lieu­ne­per­met d’ac­cueillir qu’une poi­gnée de per­sonnes. « Mais la grande baie vi­trée me per­met de tra­vailler à la lu­mière du jour » , ex­plique la res­tau­ra­trice en ta­blier. Une toi­le­géante de l’Ir­lan­daise Eli­za­beth Ma­gill oc­cupe presque tout le mur du fond. Yu­kaa fi­ni de lares-

tau­rer. « Le ver­nis gout­tait com­me­du miel, et em­por­tait la pein­ture. Du­pa­pier s’était col­lé

des­sus » . Après des études de sty­lisme (et de fran­çais) au Ja­pon, Yu­ka est ve­nue en France, à Nice, C’est en ren­con­trant des res­tau­ra­teurs d’art à Rome que l’en­vie lui est­ve­nue de fai­re­com­meeux. Colle de peau de la­pin et ap­pui-main Avantd’ob­te­nir la­maî­trise de sciences et tech­niques en res­tau­ra­tion qui lui per­met de tra­vailler dans des mu­sées, Yu­ka a fait une école d’arts ap­pli­qués, unDEUGd’his­toire

de l’art, et ac­quis les tech­niques né­ces­saires. La res­tau­ra­tion est un tra­vail ar­tis­tique. Yu­ka peint pour elle-même, plu­tôt à l’acry­lique, même si c’est­moins fré­quent, faute de temps. Mais c’est aus­si un tra­vail tech­nique qui exige du­ma­té­riel spé­ci­fique. Yu­ka achète la plu­part de ses pig­ments à une marque al­le­man­de­sur In­ter­net et les mé­lange el­le­même, sur la pa­lette ou sur le ta­bleau, afin d’ob­te­nir les cou­leurs sou­hai­tées. « On ne re­touche pas à l’huile », sou­ligne Jean-Marc Ni­co­laï. Yu­ka uti­lise des sol­vants chi­mi-

ques, plus ef­fi­caces, bien que né­ces­si­tant un masque. Il faut aus­si des bandes de ten­sion pour re­tendre les toiles, et des tis­sus pour les dé­chi­rures et trous, de plus en plus sou­vent syn­thé­tiques parce que plus stables. En re­vanche, la colle de peau de la­pin est tou­jours d’ac­tua­li­té. La res­tau­ra­trice se sert aus­si d’une pince à tendre les toi­le­setd’un ap­pui­main, qu’elle fa­brique el­le­même, afin de peindre sans trem­bler et sans tou­cher la toile. La res­tau­ra­tio­nest aus­si un art d’une in­fi­nie­mi­nu­tie.

(Pho­to L.Q.)

À la ren­contre d’une res­tau­ra­trice d’art avec le guide Jean-Marc Ni­co­laï.

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