Dé­serts mé­di­caux : de nou­velles pres­crip­tions

Mai­sons de san­té, té­lé­mé­de­cine, rôle éten­dus des in­fir­miers, cu­mul em­ploi-re­traite : le Pre­mier mi­nistre a sor­ti, hier, son or­don­nan­cier

Nice-Matin (Cagnes / Vence / Saint-Laurent / Carros) - - France -

As­su­rer l’ac­cès aux soins par­tout en France grâce aux mai­sons de san­té, à la té­lé­mé­de­cine ou à la co­opé­ra­tion entre pro­fes­sion­nels de san­té: le gou­ver­ne­ment a dé­voi­lé, hier, en Haute-Vienne son plan de lutte contre les dé­serts mé­di­caux, pri­vi­lé­giant le « prag­ma­tisme » aux me­sures choc [lire notre in­fo­gra­phie]. « L’ac­cès aux soins est au coeur du pacte so­cial », a dé­cla­ré le Pre­mier mi­nistre, ve­nu inau­gu­rer avec la mi­nistre de la San­té, Agnès Bu­zyn, une mai­son de san­té à Châ­lus, dans une ré­gion confron­tée comme tant d’autres au manque de mé­de­cins.

Un peu plus de 8 % de la po­pu­la­tion vit dans l’une des 9 000 com­munes sous do­tées en mé­de­cins gé­né­ra­listes, soit en­vi­ron 5,3 mil­lions d’ha­bi­tants, rap­pelle le gou­ver­ne­ment. Si rien n’est fait, la si­tua­tion s’ag­gra­ve­ra sous l’ef­fet de la baisse du nombre de gé­né­ra­listes, de nom­breux dé­parts à la re­traite et des nou­velles as­pi­ra­tions des jeunes mé­de­cins, à la re­cherche d’une vie plus équi­li­brée.

Pas de ré­par­ti­tion for­cée pour les gé­né­ra­listes

Le dé­cor choi­si par le gou­ver­ne­ment, à une tren­taine de ki­lo­mètres de Li­moges, n’est pas ano­din. Confor­mé­ment à une pro­messe du can­di­dat Ma­cron, le plan, fruit d’une concer­ta­tion avec les pro­fes­sion­nels et élus, pré­voit de dou­bler le nombre de mai­sons de san­té plu­ri­pro­fes­sion­nelles (910 en mars 2017) sur tout le quin­quen­nat.

Moins par­lantes pour le grand pu­blic, d’autres pistes com­plètent un « pa­nel de so­lu­tions adap­tables à chaque ter­ri­toire » van­té par Agnès Bu­zyn, op­po­sée aux « me­sures dé­fi­ni­tives » et « illu­soires ». Comme elle, M.Phi­lippe ne « croit pas à la ré­par­ti­tion for­cée et ad­mi­nis­tra­tive » des mé­de­cins. Ces der­niers conti­nue­ront donc de s’ins­tal­ler où ils le sou­haitent, n’en dé­plaise à cer­tains élus, et le nu­me­rus clau­sus (nombre d’étu­diants for­més an­nuel­le­ment, re­le­vé par le pré­cé­dent gou­ver­ne­ment) n’évo­lue­ra pas.

« Faire confiance aux ac­teurs » de ter­rain

« Faire confiance aux ac­teurs » de ter­rain, c’est la « nou­velle mé­thode » adop­tée par le gou­ver­ne­ment après cinq an­nées de ten­sions entre la pré­cé­dente mi­nistre Ma­ri­sol Tou­raine et les pro­fes­sion­nels de san­té. Des me­sures sa­luées dans un com­mu­ni­qué par le syn­di­cat d’in­ternes en mé­de­cine gé­né­rale Is­nar-IMG, qui y voit «un par­ti pris am­bi­tieux».

De même, le syn­di­cat de mé­de­cins rem­pla­çants (Reag­jir) s’est fé­li­ci­té de « l’écoute et [de] l’at­ten­tion » du gou­ver­ne­ment. Membre de la dé­lé­ga­tion ac­com­pa­gnant le Pre­mier mi­nistre et la mi­nistre de la San­té, le pré­sident du pre­mier syn­di­cat de mé­de­cins li­bé­raux (CSMF), Jean-Paul Or­tiz, s’est ré­joui de voir plu­sieurs de ses de­mandes exau­cées tout en re­gret­tant un plan « trop cen­tré sur les mai­sons de san­té ».

Les ac­tions lo­cales se­ront ré­gu­liè­re­ment éva­luées par un co­mi­té dé­dié, pré­si­dé par la mi­nistre.

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