Dis­corde au­tour du four à bois de la bou­lan­ge­rie

Un conflit de voi­si­nage en­ve­nimme la vie du vil­lage de La Colle où une bou­lan­ge­rie, do­té d’un four ré­ha­bi­li­té dans les règles de l’art, a ou­vert il y a quatre mois

Nice-Matin (Cagnes / Vence / Saint-Laurent / Carros) - - Villeneuve Région - M. T.

Ma­rie Millet et son fils Oli­vier ont re­pris le lo­cal du 16 rue Cle­men­ceau, pour ou­vrir, il y a quatre mois, une bou­lan­ge­rie. Ils ont in­ves­ti 200 000 eu­ros, avec, no­tam­ment, la ré­no­va­tion et la mise aux normes eu­ro­péennes d’un im­mense four à bois da­tant de 1870, par les Com­pa­gnons du de­voir. Un ou­til de tra­vail ex­cep­tion­nel qui ne plaît pas à tout le monde.

En­fer­mé dans son la­bo­ra­toire

Hier ma­tin, un seau avec des braises in­can­des­centes fraî­che­ment ôtées du four et mal­en­con­treu­se­ment pla­cé dans les par­ties com­munes a mis le feu aux poudres. Les voi­sins, qui em­mé­na­geaient ce jour-là dans un ap­par­te­ment si­tué à l’étage de la mai­son de vil­lage, n’ont pas ap­pré­cié être ain­si in­com­mo­dés par la fu­mée. Un aga­ce­ment qui se se­rait tra­duit par des in­sultes et des me­naces.

« Ils étaient six ou sept. L’un d’eux a blo­qué la porte, m’en­fer­mant dans mon la­bo­ra­toire en me di­sant : si tu ouvres, je te tue et je brûle ta bou­lan­ge­rie », rap­porte Oli­vier qui compte dé­po­ser plainte. La confi­gu­ra­tion, sin­gu­lière, des lieux, risque de rendre, à l’ave­nir, les re­la­tions de voi­si­nage bien com­pli­quées. Pour ac­cé­der à sa ré­serve de bois, aux sa­ni­taires ou à sa pâ­tis­se­rie si­tuée à l’étage, Oli­vier doit pas­ser par les par­ties com­munes. « Cette fois-ci c’était pour la fu­mée, la pro­chaine fois ça se­ra pour le bruit, car je commence à tra­vailler à 2 heures du ma­tin. À cette heure-là, qui vais-je ap­pe­ler pour me pro­té­ger ?» s’in­quiète Oli­vier qui a contac­té hier po­lice mu­ni­ci­pale et gen­dar­me­rie, qui, es­time-t-il, se sont dé­pla­cées mais sans prendre l’af­faire au sé­rieux. Sol­li­ci­tées à plu­sieurs re­prises en quelques mois pour des conflits entre le bou­lan­ger et son en­tou­rage, les forces de l’ordre ac­cu­se­raien­telles une cer­taine las­si­tude ? D’au­tant qu’Oli­vier Millet a dé­jà eu maille à par­tir avec la jus­tice. Il y a un mois, il a été condam­né à une amende pour vio­lences par le tri­bu­nal de po­lice. Des faits qu’il conteste.

« Le bou­lan­ger et sa mère sont plein de bonnes in­ten­tions. Ils ont re­lan­cé le four à bois, c’est un vrai plus pour le vil­lage. Mais ça fait quatre ou cinq fois que les gen­darmes se dé­placent pour des pro­blèmes d’ordre pri­vé, rap­pelle le pre­mier ad­joint Pa­trice Ci­rio qui as­sure que la mu­ni­ci­pa­li­té : leur ap­por­te­ra son aide si leurs dif­fi­cul­tés sont en lien avec leur ac­ti­vi­té com­mer­ciale ».

(Photo M. T.)

Pour ac­cé­der à sa ré­serve de bois, Oli­vier, ici avec sa mère, doit pas­ser par une par­tie com­mune, via la porte si­tuée au fond du la­bo­ra­toire.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.