Le squat d’un han­gar ir­rite le voi­si­nage de­puis des mois

Des fa­milles oc­cupent illé­ga­le­ment un ter­rain désaf­fec­té à Golfe-Juan. L’as­so­cia­tion «Prales» les dé­fend mais les ri­ve­rains ne sup­portent plus les nui­sances so­nores

Nice-Matin (Cagnes / Vence / Saint-Laurent / Carros) - - Vallauris-golfe-juan - JÉ­RÉ­MY TOMATIS jto­ma­tis@ni­ce­ma­tin.fr (1) Prales si­gni­fie Frères en langue tsi­gane.

Àbout de nerfs. Ch­ris­tophe Kra­mer et Joy Cam­pa­nel­la n’en peuvent plus du brou­ha­ha qui se trame en bas de chez eux. Une gêne acous­tique per­pé­trée de­puis des mois, par quelques fa­milles rom qui squattent un han­gar désaf­fec­té si­tué à un jet de pierre de leur ré­si­dence, à Golfe-Juan. « Ça dure de­puis le mois de juin, té­moigne Ch­ris­tophe. Au dé­but, on voyait des en­fants qui jouaient à la trot­ti­nette. Bon, ce n’était que des ga­mins. Mais dé­sor­mais, ils sont ins­tal­lés avec des tables, du linge, et il y a de plus en plus de monde. »

« C’est de­ve­nu un parc d’at­trac­tion »

Ce n’est pas tout : « Fin août, ils ont dé­cou­pé le grillage qui les sé­pare de notre ré­si­dence pour ve­nir prendre leur douche à la pis­cine. Et tout l’été ils ont uti­li­sé l’eau des bouches à in­cen­die du che­min des Cour­cettes qui est juste der­rière. Au dé­but ils se fai­saient dis­crets. Mais de­puis que la po­lice a été ap­pe­lée, ils n’ont plus de re­te­nue. »

Joy, sa com­pagne, pour­suit :

« De­puis deux se­maines, ils ont un chien qui aboie toute la soi­rée. Avec tous ces gosses, c’est de­ve­nu un parc d’at­trac­tion. Et comme c’est de la taule, ça ré­sonne énor­mé­ment. »

Vincent Ber­trand, pré­sident du conseil syn­di­cal de la ré­si­dence, confirme le cal­vaire vé­cu par Ch­ris­tophe et Joy : «Moi je ne les en­tends pas trop car je ne vis pas au qua­trième étage comme eux. Mais j’ai re­çu plu­sieurs plaintes d’autres ré­si­dents de l’im­meuble, et nous avons dé­po­sé une plainte pour la dé­gra­da­tion du grillage cet été. »

Na­tu­rel­le­ment, le couple ap­pelle la po­lice pen­dant le mois de juillet, pour ten­ter de mettre fin à ce ta­page qui l’im­por­tune de jour comme de nuit. Avec de l’es­poir au dé­part. Puis, fi­na­le­ment, un cer­tain fa­ta­lisme.

« Quand on a ap­pe­lé la pre­mière fois pour les nui­sances so­nores, on nous a ré­pon­du qu’ils étaient au cou­rant et qu’une pro­cé­dure d’ex­pul­sion était en cours. Quand on a rap­pe­lé, ils nous ont dit qu’une pro­cé­dure était en cours et qu’ils ne pou­vaient donc rien faire. »

Une ver­sion que confirme Mi­chel Mo­les­ti, ad­joint à la sé­cu­ri­té de Val­lau­ris : « Nous avons ef­fec­ti­ve­ment été aler­tés par le voi­si­nage. Des cour­riers ont été en­voyés au pro­prié­taire. Mais on ne peut pas s’y sub­sti­tuer. Ce der­nier a tou­te­fois dé­po­sé une plainte. Et pour qu’il y ait ex­pul­sion, il doit en faire la de­mande au­près du pré­fet. Mais en au­cun cas il n’au­to­rise le squat sur son ter­rain. »

Quid des nui­sances so­nores qui durent de­puis des mois se­lon les ri­ve­rains ? L’élu ré­pond : « Nous in­ter­ve­nons dans la me­sure où il y a nui­sance lorsque nous re­ce­vons un ap­pel. Nous avons d’ailleurs ef­fec­tué des contrôles d’iden­ti­té et tout et tous sont en règle. Les vé­hi­cules éga­le­ment. »

« Des en­fants qui com­mencent à rê­ver »

Vio­rel Cos­tache, pré­sident de l’as­so­cia­tion Prales qui lutte

(1) pour la dé­fense des droits des Rroms is­sus de l’Eu­rope de l’Est, ex­clut une ex­pul­sion sans so­lu­tion de re­lo­ge­ment der­rière : « L’ave­nir de ces en­fants est l’éducation. Nous de­man­dons à la mu­ni­ci­pa­li­té de trouver des so­lu­tions. On ne peut pas ba­lan­cer dans la rue des en­fants qui, grâce no­tam­ment à l’école, com­mencent à avoir des rêves. Notre but est de sor­tir les gens de la mi­sère avec des so­lu­tions concrètes. Dé­pla­cer les gens d’un en­droit in­sa­lubre vers un autre ne ré­sout pas le pro­blème. Nous vou­lons de vraies so­lu­tions. Ces en­fants sont sco­la­ri­sés en ma­ter­nelle, pri­maire ou au col­lège. Il leur faut une so­lu­tion pé­renne. »

(Photo Sé­bas­tien Bo­tel­la)

De­puis sa ré­si­dence à Golfe-Juan, Ch­ris­tophe su­bit les nui­sances so­nores du squat d’un han­gar en taule et contre le­quel il est impuissant.

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