L’Etat dans les quar­tiers

Nice-Matin (Cagnes / Vence / Saint-Laurent / Carros) - - France -

Par

DE­NIS JEAMBAR

que le taux est de  % pour l’en­semble de la po­pu­la­tion. Le taux de chô­mage y est de  % contre une moyenne na­tio­nale dé­sor­mais in­fé­rieure à  %. C’est pire en­core pour les moins de  ans :  % y sont sans em­ploi contre  % pour la France en­tière. Dans ces zones en dif­fi­cul­té, on re­cense deux fois moins de mé­de­cins gé­né­ra­listes et quatre fois moins de spé­cia­listes que sur le reste du ter­ri­toire. Etc. Au­tant de dés­équi­libres qui ex­pliquent l’émer­gence à la fois de la France pé­ri­phé­rique et des ter­ri­toires per­dus de la Ré­pu­blique. C’est donc sur ce ter­rain de la ville qu’Em­ma­nuel Ma­cron a dé­ci­dé de don­ner une di­men­sion plus so­ciale à sa po­li­tique pour en­rayer les cri­tiques sur des ré­formes fa­vo­rables aux plus for­tu­nés. Il a donc me­né une vaste opé­ra­tion de com­mu­ni­ca­tion lors d’un dé­pla­ce­ment de deux jours dans le Nord, no­tam­ment à Tour­coing, l’une des villes plus déshé­ri­tées de France. Il en a ap­pe­lé à une mo­bi­li­sa­tion na­tio­nale et abat­tu son plan de ba­taille en dé­fen­dant une fois en­core cette idée : seule la re­lance éco­no­mique glo­bale du pays per­met­tra de sor­tir ces quar­tiers de l’or­nière. Diag­nos­tic conclu par cet en­ga­ge­ment : « Je veux que le vi­sage de nos quar­tiers ait chan­gé à la fin de ce quin­quen­nat. Le coeur de la ba­taille de notre Ré­pu­blique se joue là. » De grands mots mais les moyens sont-ils à la hau­teur ? Certes, le Pré­sident a an­non­cé une flo­pée de me­sures concrètes, dont cer­taines sont dé­jà en­ga­gées : créa­tion de la po­lice de sé­cu­ri­té du quo­ti­dien, dé­dou­ble­ment des classes de CP dans les zones prio­ri­taires, dé­ve­lop­pe­ment des em­plois francs, ou­ver­ture des bi­blio­thèques le di­manche, dou­ble­ment du nombre des mai­sons de san­té, au­cune baisse des cré­dits en , etc. Force, ce­pen­dant, est de consta­ter que cette pa­no­plie rap­pelle à bien des égards celles pro­po­sées par ses pré­dé­ces­seurs. A l’image de ces em­plois francs lan­cés sans suc­cès par Fran­çois Hol­lande. Il manque, en fait, à ces pro­po­si­tions une con­cep­tion glo­bale, une ap­proche sur l’ar­ti­cu­la­tion ville centre-ban­lieue, un plan de re­con­quête co­or­don­née de tous les ser­vices pu­blics, etc. Bref, les bonnes in­ten­tions et les pro­po­si­tions du Pré­sident ne consti­tuent pas l’acte de nais­sance d’un ur­ba­nisme ma­cro­nien.

«Que ceux qui les dé­fendent les prennent ! Ils n’en vou­draient pas pour eux­mêmes ! »

« Il n’est pas sain, se­lon les cycles élec­to­raux, de mon­ter à  ou   les em­plois ai­dés en les pla­çant comme des pe­tits pains au­près des col­lec­ti­vi­tés ou des maires pour ar­ran­ger les chiffres du mo­ment et nous ex­pli­quer que c’est l’al­pha ou l’omé­ga de la po­li­tique de l’em­ploi, a lan­cé, hier, Em­ma­nuel Ma­cron.

Un contrat ai­dé, c’est un contrat à court terme sub­ven­tion­né par l’Etat. Un contrat ai­dé, ce n’est pas la bonne so­lu­tion quand il n’y a pas une for­ma­tion à la clé pour trouver un em­ploi ».

Une al­lu­sion à la po­li­tique de son pré­dé­ces­seur Fran­çois Hol­lande, qui avait por­té à   le nombre de ces contrats en .

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