Adieu et mer­ci !

Nice-Matin (Cagnes / Vence / Saint-Laurent / Carros) - - La Une -

C’est alors que je m’ap­prê­tais à ins­crire sur la liste de mes voeux le sou­hait de pour­suivre en 2018 ce pe­tit billet, qu’on m’a in­for­mé qu’il de­vait dis­pa­raître en rai­son de dif­fi­cul­tés fi­nan­cières de la presse écrite n’épar­gnant plus les grands ré­gio­naux. Pour­tant, par so­li­da­ri­té à l’égard d’une équipe cou­ra­geuse et par at­ta­che­ment en­vers des lec­teurs fi­dèles, j’avais ré­duit des deux tiers ce qu’on ap­pelle des pré­ten­tions quand la caisse est vide. Peut-être au­rais-je ac­cep­té le bé­né­vo­lat to­tal. Mais on ne me l’a pas pro­po­sé. Je m’adresse donc à vous ici pour la der­nière fois. De­puis qua­torze ans et sans ja­mais prendre un jour de re­pos, j’es­sayais tan­tôt de vous faire sou­rire avec ce qui sem­blait al­ler mal tan­tôt de vous alar­mer avec ce qui pa­rais­sait al­ler bien. Qua­torze an­nées qui m’ont of­fert le luxe d’une li­ber­té com­plète. Qua­torze an­nées qui m’ont per­mis de nouer avec vous des contacts pri­vi­lé­giés. Par exemple, lorsque je des­cen­dais de ma col­line can­noise et qu’à la fa­veur d’un feu rouge par­ta­gé, vous me di­siez que vous ve­niez de me lire. Qua­torze an­nées de vie com­mune ! 5225 billets ! Au­jourd’hui, votre ser­vi­teur connaît l’étrange si­tua­tion du maître d’hô­tel qui, pour ré­duire les heures sup­plé­men­taires, aban­donne son ser­vice en plein dî­ner en sou­hai­tant « bonne conti­nua­tion ! » aux convives. Quant à moi, je vais ten­ter de trou­ver si­non la paix de l’âme, au moins la sé­ré­ni­té du sty­lo. Mais je pen­se­rai sou­vent à vous.

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