« Je ne sais pas si je vais conti­nuer »

Nice-Matin (Cagnes / Vence / Saint-Laurent / Carros) - - Côte D’azur - SYL­VAIN MOUHOT

Quel est votre sen­ti­ment ?

Je n’ai ja­mais vu une at­taque de cette vio­lence. C’est très dur à vivre. Au fond de moi, je suis fier de nour­rir mes bêtes, de les faire gran­dir et de les em­me­ner à la mon­tagne en été. J’aime mon mé­tier d’éle­veur, mais ça de­vient trop dur.

On ne peut plus vivre de ça. Dans la fa­mille, nous sommes ber­gers de père en fils de­puis six gé­né­ra­tions... Mais com­ment mo­ti­ver mon pe­tit gar­çon quand il voit son pa­pa dans cet état ?

de 650 bêtes, 250 ovins étaient en­core dans la na­ture après avoir fui le lieu de pré­da­tion. Cer­tains re­gagnent pro­gres­si­ve­ment l’en­clos, quitte à tra­ver­ser le Ga­peau. Deux bre­bis se sont même ré­fu­giées dans un cam­ping. Pour avoir don­né son nu­mé­ro à tout le voi­si­nage, le té­lé­phone du ber­ger n’ar­rête pas de son­ner. La po­lice mu­ni­ci­pale d’Hyères a aus­si par­ti­ci­pé aux re­cherches des bre­bis éga­rées.

« En­té­ri­ner la pré­sence du loup »

Pour la ville d’Hyères, Élie Di Rus­so, ad­joint à l’agri­cul­ture, avoue ne pas sa­voir com­ment trai­ter cette pré­sence du loup, de plus en plus pré­gnante. Sur­tout aus­si proche des zones ur­baines. « Je vais sol­li­ci­ter la chambre d’agri­cul­ture et les or­ga­nismes syn­di­caux. Il faut ana­ly­ser la si­tua­tion avant de sol­li­ci­ter l’État,

Al­lez-vous conti­nuer ?

Là, tout de suite, je ne sais pas. J’ai un cré­dit sur le dos... et je n’ai pas en­core été in­dem­ni­sé après l’at­taque d’oc­tobre. Seules les bêtes re­con­nues mortes sont rem­bour­sées, pas les dis­pa­rues. En plus de ça, avec les fêtes, l’équar­ris­seur ne peut pas se dé­pla­cer avant mar­di. Nous al­lons ras­sem­bler les car­casses sous une bâche. Comp­ter et re­comp­ter mes bêtes, je sais faire. Mais les sai­gner, c’est le plus dur… »

le cas échéant. Le pro­blème se pose sur l’en­semble du ter­ri­toire », dit-il. La pré­sence du loup a été si­gna­lée à plu­sieurs re­prises au­tour d’Hyères, Bormes, La Môle, ou Ca­va­lière. Des traces d’em­preintes et des re­le­vés pho­to­gra­phiques en at­testent.

Il y a quinze jours, Cé­cile So­li­nas, elle aus­si ber­gère, a éga­le­ment en­re­gis­tré la mort de sept agneaux, une bre­bis et trois agneaux bles­sés et cinq agneaux dis­pa­rus. « Se­lon les agents de l’of­fice de la chasse, il ne fait au­cun doute qu’il s’agit de loups se­lon la ma­nière dont la viande a été dé­cou­pée. Au prin­temps der­nier, un agneau, une bre­bis et une chèvre avaient aus­si été tués à Bormes. Les au­to­ri­tés doivent en­té­ri­ner la pré­sence du loup pour qu’on pro­cède à des bat­tues et qu’on puisse re­ce­voir des aides pour sur­veiller nos trou­peaux la nuit. »

(Pho­tos Laurent Mar­ti­nat)

Tho­mas Char­rier,  ans, est abat­tu de voir son trou­peau dé­ci­mé. Le  oc­tobre à Col­mars-les-Alpes, il avait dé­jà per­du vingt bêtes à la suite d’une at­taque de même type.

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