Fillon dans la les­si­veuse

Nice-Matin (Cagnes / Vence / Saint-Laurent / Carros) - - Rétro 2017 -

Il y a ceux qui plaignent Fran­çois Fillon. Pour eux, le can­di­dat de la droite a été vic­time d’un com­plot, d’une cam­pagne de dé­ni­gre­ment qu’il ne mé­ri­tait pas, du moins pas plus que d’autres aux pra­tiques si­mi­laires. Et puis il y a ceux qui jugent qu’il n’a ré­col­té que ce qu’il a se­mé. Tou­jours est-il que le destin de l’an­cien Pre­mier mi­nistre ne peut lais­ser per­sonne in­sen­sible. Un ar­ticle de jour­nal au­ra suf­fi à trans­for­mer un qua­si-pré­sident en pes­ti­fé­ré de la po­li­tique. Sans doute nombre de Fran­çais ne lui ont-ils pas par­don­né de les avoir trom­pés sur la mar­chan­dise. Ils avaient, dou­ce­ment, ap­pris à ai­mer cet homme au sour­cil brous­sailleux, pa­ran­gon de ri­gueur et d’aus­té­ri­té. Une sorte de Ray­mond Barre, l’amour des voi­tures en plus. Mais quand on en ap­pelle au gé­né­ral de Gaulle, il faut être soi-même ir­ré­pro­chable. Et après les ré­vé­la­tions du Ca­nard en­chaî­né sur l’em­ploi de sa femme et ses en­fants, cha­cun a confu­sé­ment per­çu, quoi qu’en dise de­main la jus­tice, que Fran­çois Fillon avait lui-même pris quelques dis­tances avec l’exem­pla­ri­té qu’il pré­ten­dait in­car­ner. Pa­trick Ste­fa­ni­ni, son di­rec­teur de cam­pagne jus­qu’au Tro­ca­dé­ro, ra­conte que Fillon n’a pas com­pris qu’on «vienne lui cher­cher des poux », alors qu’il n’avait rien fait de pire que nombre de dé­pu­tés. Il n’a pas me­su­ré son dé­ca­lage avec le pays, s’en­tê­tant après sa mise en exa­men, tan­dis que Jup­pé, meur­tri par sa dé­faite à la pri­maire, n’a pas osé fran­chir le pas du re­tour, peu en­cou­ra­gé il est vrai à le faire par Sar­ko­zy. C’est ain­si que, le 23 avril, la droite a per­du l’im­per­dable. Et Fillon ache­vé sa car­rière po­li­tique. Broyé.

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