92 lo­ge­ments so­ciaux par an: un ob­jec­tif réa­li­sable?

92 par an pen­dant 6 ans, c’est l’ob­jec­tif fixé à Vence par la Mé­tro­pole via son pro­gramme lo­cal de l’ha­bi­tat vo­té le 1er fé­vrier. Cet ob­jec­tif est-il réa­li­sable? Les avis des élus di­vergent

Nice-Matin (Cagnes / Vence / Saint-Laurent / Carros) - - PAYS VENÇOIS -

Construire 92 lo­ge­ments so­ciaux sur 6 ans, ce­la fait 552 lo­ge­ments au to­tal. Fai­sable ou pas ? « On va le tes­ter, es­time l’ad­jointe au maire dé­lé­guée au lo­ge­ment Lau­rence Im­pe­raire-Bo­ro­nad. On peut aus­si tra­vailler sur le lo­ge­ment va­cant, le conven­tion­ne­ment avec le pri­vé. Il n’y a pas que la construc­tion ».

« C’est im­pos­sible »

« Pour faire 92 lo­ge­ments so­ciaux par an, ça im­plique, compte te­nu du taux de 40 % qu’on ap­plique à chaque per­mis de construire, de réa­li­ser 230 lo­ge­ments tous les ans. C’est im­pos­sible », cal­cule Jean-Pierre Dau­greilh, conseiller mu­ni­ci­pal FN. Mais même avec 92 lo­ge­ments par an, la com­mune se­rait tou­jours hors la loi. Car pour se mettre en confor­mi­té avec la loi SRU (loi re­la­tive à la so­li­da­ri­té et au re­nou­vel­le­ment ur­bains) c’est 186 lo­ge­ments so­ciaux par an qu’il lui fau­drait réa­li­ser.

« Ces lois doivent être re­pen­sées »

Et avec un taux de 6,28 % de lo­ge­ments so­ciaux, contre les 25 % im­po­sés par la loi, Vence est loin du compte. Sanc­tion­née, la com­mune a été pla­cée en ca­rence il y a plu­sieurs an­nées dé­jà. Les pé­na­li­tés, qui s’éle­vaient à 465 000 eu­ros en 2017, ont été por­tées à 910 000 eu­ros pour 2018. L’ad­joint dé­lé­gué à l’ur­ba­nisme So­phie Co­ral­lo-Lom­bard en a pro­fi­té pour dé­non­cer des lois à la lo­gique « pu­re­ment comp­table », qui « ne tiennent pas compte des ca­rac­té­ris­tiques de chaque com­mune » et fixent « des ob­jec­tifs im­pos­sibles à at­teindre ».« Ces lois doivent être re­pen­sées » in­sis­tet-elle.

« Dire au pré­fet que ce n’est pas cor­rect »

« J’ai vo­té ce PLH en con­seil mé­tro­po­li­tain, ex­pose la conseillère mu­ni­ci­pale d’op­po­si­tion Anne Sat­ton­net, éga­le­ment conseillère mé­tro­po­li­taine. Mais j’ai été gê­née. Le PLH doit être op­po­sable du plan lo­cal d’ur­ba­nisme mé­tro­po­li­tain. Si il y a plus de cons­truc­tions, il faut qu’il y ait une ré­flexion sur l’em­ploi, la voi­rie, la réa­li­sa­tion de trot­toirs, les trans­ports en com­mun... On ne peut pas ima­gi­ner pro­duire des lo­ge­ments sans ces élé­ments-là ». Elle pour­suit : « La ville a fait des ef­forts im­por­tants en la ma­tière. J’ap­prends au­jourd’hui qu’on ne sort pas de la ca­rence à 92 lo­ge­ments par an et que les pé­na­li­tés ont dou­blé. Il faut en­voyer un si­gnal au pré­fet pour dire que ce n’est pas cor­rect ».

Un pro­jet de loi au pre­mier se­mestre

L’an­cien maire UDI de Vence, Loïc Dom­bre­val et nou­veau dé­pu­té La Ré­pu­blique en Marche a ten­té de ras­su­rer les élus: « En France on parle de 1,5 mil­lion de lo­ge­ments so­ciaux qui manquent. Sur 1150 com­munes concer­nées par

la loi SRU, 650 ne la res­pectent pas. Mal­gré tout, le se­cré­taire d’Etat au lo­ge­ment, Ju­lien De­nor­man­die, a dit, à pro­pos du pro­jet de loi sur le lo­ge­ment qui se­ra dé­bat­tu et vo­té à l’As­sem­blée Na­tio­nale au pre­mier se­mestre 2018, qu’il fau­drait prendre en compte la spé­ci­fi­ci­té des ter­ri­toires ». Le pro­gramme lo­cal de l’ha­bi­tat a été adop­té à la ma­jo­ri­té des élus. Les neufs conseillers du groupe por­té par Anne Sat­to­net se sont abs­te­nus et les deux conseillers FN ont vo­té contre.

« Il est dom­mage de voir des per­sonnes vo­ter pour quand elles sont dans la Mé­tro­pole et contre quand elles sont dans leur ville » tacle, pour conclure, le maire Ca­the­rine Le Lan.

MA­THILDE TRANOY mtra­noy@ni­ce­ma­tin.fr

(Pho­to Eric Ottino)

Avec un taux de , % de lo­ge­ments so­ciaux, contre les  % im­po­sés par la loi, Vence est loin du compte.

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