Mo­na­co, c’est dé­jà re­par­ti !

Une semaine après la dé­con­ve­nue face à Nice (0-4), l’ASM a dé­jà tour­né la page en s’offrant très fa­ci­le­ment le pro­mu stras­bour­geois (3-0)

Nice-Matin (Cannes) - - Sports -

Sans cette ban­de­role aper­çue en vi­rage en dé­but de pre­mière mi­temps - « Un der­by ça se joue » - dif­fi­cile d’ima­gi­ner que l’AS Mo­na­co sor­tait d’une gifle à l’Al­lianz Ri­vie­ra la semaine der­nière (0-4). Hier, por­té par un grand Fal­cao (un dou­blé, une passe), Mo­na­co s’est fa­ci­le­ment im­po­sé contre Stras­bourg (3-0) et signe une 13e vic­toire consé­cu­tive en cham­pion­nat au Louis-II. Ce ma­tin, les Cham­pions de France af­fichent 15 points après 6 jour­nées, nan­tis de 17 buts. Des chiffres qui donnent le ver­tige… Dire qu’il y a une semaine, cer­tains ont dou­té de cette for­mi­dable équipe après le non-match face à Nice. C’est le sou­ci de l’ana­lyse ins­tan­ta­née. Une semaine plus tard, on y voit dé­jà un peu plus clair, Nice était un ac­ci­dent. Au­teur d’un bon nul à Leip­zig mer­cre­di pour ses dé­buts en Ligue des cham­pions (1-1), Mo­na­co confirme son très bon dé­but de sai­son avec cette cin­quième vic­toire en six matches. Mal­gré tout, il va en­core fal­loir un peu de temps pour se dé­bar­ras­ser de cette ombre gê­nante, celle du sou­ve­nir de l’an der­nier. A un mo­ment, il fau­dra pour­tant ar­rê­ter de tout cal­quer, dans un sens comme dans l’autre. Ce sont deux équipes dif­fé­rentes, des joueurs dif­fé­rents et une im­pres­sion vi­suelle dif­fé­rente. Ce qui est dif­fé­rent n’est ni meilleur ni moins bien. Jorge n’est pas Men­dy, Tie­le­mans n’est pas Ba­kayo­ko, Ghez­zal n’est pas Sil­va et Jo­ve­tic n’est pas Mbap­pé. L’idée était, de toute fa­çon, de ne pas les rem­pla­cer mais de construire une autre équipe, sur un autre dy­na­misme, avec une autre ma­nière de jouer en­semble. Même si le manque d’au­to­ma­tismes du qua­tuor of­fen­sif est criant - le contraire se­rait éton­nant avec trois « bi­zuts » sur quatre (Ro­ny Lopes, Ghez­zal et Jo­ve­tic) - cette équipe a su gar­der sa force : mar­quer quand il fal­lait. Face à un pro­mu très naïf dé­fen­si­ve­ment, l’es­couade de Jar­dim a trou­vé l’ou­ver­ture avant la pause et au re­tour des ves­tiaires. Un scé­na­rio par­fait pour tuer une ren­contre.

« Glik ? C’est un tueur à gages »

Der­rière, Mo­na­co a gé­ré. Jar­dim en a pro­fi­té pour don­ner du temps de jeu à cer­tains, per­mis à Fal­cao d’al­ler cher­cher sa stan­ding ova­tion au mo­ment de son rem­pla­ce­ment. On a même vu Da­ni­jel Su­ba­sic – bles­sé – faire le pitre avec l’ap­pa­reil du pho­to­graphe of­fi­ciel du club sur le bord de la pe­louse. Bref, cer­tains s’in­quié­taient des len­de­mains dif­fi­ciles après la claque ni­çoise, ils doivent être ras­su­rés. Mo­na­co est vite pas­sé à autre chose, por­té par ses cadres et no­tam­ment un Ka­mil Glik, dé­ci­dé­ment in­fran­chis­sable après sa sor­tie XXL de Leip­zig. Le Po­lo­nais, en­core par­fait hier, a char­mé tout le monde, y com­pris Thier­ry Lau­rey, le coach stras­bour­geois. « Ce n’est peut-être pas un top joueur mais c’est un dé­fen­seur fan­tas­tique. Un

tueur à gages, il don­ne­rait sa vie pour dé­fendre son but. Il faut s’ins­pi­rer d’un mec comme ça. A la 90e, il vient en­core ba­lan­cer des tacles alors qu’il mène 3-0 », ana­ly­sait le bat­tu du jour qui s’est em­pres­sé d’al­ler fé­li­ci­ter le dé­fen­seur mo­né­gasque à la fin du match. Moins ima­gé, Leo­nar­do Jar­dim s’est sur­tout fé­li­ci­té de cette vic­toire à la sor­tie d’un match eu­ro­péen. Comme c’était sys­té­ma­ti­que­ment le cas l’an der­nier. Rien ne change. « La vé­ri­té, c’est qu’on a per­du six joueurs, tranche Jar­dim. Mais on a gar­dé notre phi­lo­so­phie, notre idée. L’im­por­tant c’est que le groupe adhère aux ob­jec­tifs. Chaque équipe a son his­toire. On a tour­né la page de l’an der­nier ». Vi­si­ble­ment, la page du der­by est tour­née, elle aus­si.

Rachid Ghez­zal a dés­équi­li­bré la dé­fense al­sa­cienne.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.