Enis Sli­ti (REM): «Nous avons une stra­té­gie de conquête »

Nice-Matin (Grasse / Pays Grassois) - - Côte D’azur - Éric Ciot­ti, Marc Fes­neau, Ch­ris­tian Es­tro­si, TH. P.

« Le mi­nistre de l’In­té­rieur @ge­rard­col­lomb est absent et n’est pas à la hau­teur dans la ges­tion de cette crise #Ou­ra­ganIr­ma. » di­manche,  h .

« Avec @ECiot­ti on n’est ja­mais dé­çu de sa constante ins­tru­men­ta­li­sa­tion sans ver­gogne, sans honte, sans nuance des mal­heurs du monde. »

pré­sident du groupe Mo­dem à l’As­sem­blée na­tio­nale, di­manche,  h .

« Avec l’in­té­gra­tion de l’état d’ur­gence dans le droit com­mun E. Ma­cron fait  ca­deaux : le er aux ter­ro­ristes, le ème à l’ex­trême droite... » Da­vid Na­kache, pré­sident ni­çois de Tous citoyens, lun­di,  h .

« EM aux An­tilles une su­per­pro­duc­tion de com­mu­ni­ca­tion pour faire ou­blier toutes les in­suf­fi­sances du gvt et l’aban­don de la po­pu­la­tion. » Lion­nel Lu­ca, maire LR de Villeneuve-Lou­bet, mar­di,  h .

« La #CGT ma­ni­feste, @JLMe­len­chon éructe, la vieille droite s’op­pose par ha­bi­tude. Ts fe­raient mieux de sou­te­nir une ré­forme utile pr l’em­ploi. »

Enis Sli­ti est le nou­veau ré­fé­rent de La Ré­pu­blique en marche ! dans les Alpes-Ma­ri­times. De ma­nière in­té­ri­maire pour l’ins­tant, en at­ten­dant que ce choix de­vienne sans doute dé­fi­ni­tif dé­but oc­tobre. Ce jeune Can­nois de 34 ans suc­cède à Richard Per­rin qui avait pris la tête du mou­ve­ment fin 2016. Ses nou­velles obli­ga­tions pro­fes­sion­nelles, a in­di­qué ce der­nier, ne lui «per­mettent plus d’as­su­rer cette mis­sion avec toute l’éner­gie sou­hai­tée ». Il au­ra néan­moins connu la sa­tis­fac­tion de voir trois dé­pu­tés REM (Alexan­dra Va­let­taAr­dis­son, Cédric Rous­sel et Loïc Dom­bre­val) élus en juin dans les Alpes-Ma­ri­times.

Un choix pa­ri­sien

Enis Sli­ti, mar­cheur can­nois de la pre­mière heure, était dé­jà membre du co­mi­té dé­par­te­men­tal, en charge des fi­nances et de la lo­gis­tique, lors de la pré­si­den­tielle. Pas­sé no­tam­ment par l’école de com­merce Ske­ma, il a étu­dié la ges­tion pu­blique. Il est au­jourd’hui contrô­leur de ges­tion à l’hô­pi­tal de Cannes. Ce sont les ins­tances na­tio­nales qui l’ont choi­si et qui de­vraient l’ins­tal­ler de fa­çon pé­renne comme ré­fé­rent ma­ral­pin. Pas d’élec­tion des di­ri­geants lo­caux à En marche !, en ef­fet. Ce fonc­tion­ne­ment prête le flanc à l’iro­nie des autres par­tis, voire à la grogne de cer­tains mar­cheurs, mais Enis Sli­ti le dé­fend sans états d’âme : « Nous avons eu une conven­tion na­tio­nale en juillet et nos adhé­rents ont va­li­dé à une écra­sante ma­jo­ri­té ce prin­cipe de dé­si­gna­tion, per­çu comme une fa­çon Il fut un temps où les deux hommes s’échan­geaient des noms d’oi­seaux. Ou plu­tôt de per­son­nage ima­gi­naire, Jacques Pey­rat af­fu­blant Eric Ciot­ti du so­bri­quet, peu cour­tois, de «Gol­lum». C’était lors des mu­ni­ci­pales de  à Nice. Le maire sor­tant Jacques Pey­rat de­vait faire face à l’of­fen­sive du duo Es­tro­si-Ciot­ti. Une bataille qui ne tour­na pas en fa­veur de l’an­cien pa­ra­chu­tiste. C’était il y a neuf ans, au­tant dire une éter­ni­té en po­li­tique. Hier, lors du ren­dez-vous des as­so­cia­tions à Nice, les deux hommes se sont salués plus que cour­toi­se­ment. Eric Ciot­ti n’a pas man­qué de faire im­mor­ta­li­ser cette ren­contre par une photo qu’il a pos­tée sur son compte Twitter. Les en­ne­mis de mon (nou­vel) ennemi – Ch­ris­tian Es­tro­si – sont mes amis, au­rait pu écrire Eric Ciot­ti. plus mo­derne de faire de la po­li­tique, quand les élections lo­cales donnent sou­vent nais­sance à des ba­ron­nies. Notre sou­ci est d’al­ler vite, d’être ef­fi­caces, les ré­fé­rents dé­par­te­men­taux étant d’abord consi­dé­rés comme des re­lais, des rouages tech­niques ayant l’ADN du mou­ve­ment pour en dif­fu­ser les consignes. » La Ré­pu­blique en marche ! dans les Alpes-Ma­ri­times, ce sont dé­sor­mais 7 500 adhé­rents (qui ne versent au­cune co­ti­sa­tion). Le nou­veau ré­fé­rent Comme le maire de Cannes Da­vid Lis­nard, Eric Pau­get est sé­duit par la dé­marche de Valérie Pé­cresse. Il était pré­sent di­manche der­nier à Ar­gen­teuil pour le lan­ce­ment de « Libres », le mou­ve­ment de la pré­si­dente LR de la Ré­gion Ile-de-France. « Pro­fon­dé­ment at­ta­ché aux va­leurs de la droite et du centre, d’une fi­lia­tion gaul­liste so­ciale, je crois plus que ja­mais à une droite mo­derne, une droite du XXIe siècle, ou­verte et équi­li­brée. Une droite qui place le ré­ga­lien ré­pu­bli­cain au coeur de la so­cié­té, qui af­firme l’au­to­ri­té de l’Etat, la li­ber­té d’en­tre­prendre et l’in­di­vi­si­bi­li­té de la na­tion. Une droite qui croit dans un pro­jet eu­ro­péen fort et qui est prête à s’em­pa­rer des as­pi­ra­tions qui tra­versent notre so­cié­té dans les do­maines (DR) azu­réen s’est fixé deux ob­jec­tifs prin­ci­paux : la mul­ti­pli­ca­tion des comités lo­caux d’abord, son am­bi­tion étant de dou­bler d’ici un an la tren­taine qui existe dé­jà. Et « la conquête de nou­veaux ter­ri­toires po­li­tiques». Lors des eu­ro­péennes de 2019, « qui se­ront pré­cé­dées par une grande marche eu­ro­péenne qui mo­bi­li­se­ra les citoyens », puis des mu­ni­ci­pales de 2020 où REM as­pire à « pré­sen­ter des listes par­tout où elle le pour­ra », ce qui né­ces­site d’iden­ti­fier de nou­veaux ta­lents. « Nous avons une stra­té­gie de conquête. Nous vou­lons as­seoir notre an­crage lo­cal et ne pas être seule­ment un par­ti pa­ri­sien », sou­ligne Enis Sli­ti.

« Des ef­forts »

In­ter­ro­gé sur le désa­mour en­vers Ma­cron dans les son­dages, il note que «le chef de l’Etat res­pecte à la lettre ses pro­messes de cam­pagne. Mais quand on touche au so­cial, c’est tou­jours sen­sible. Il doit ex­pli­quer qu’il faut une trans­for­ma­tion de notre so­cié­té, qui don­ne­ra des sa­tis­fac­tions mais exi­ge­ra aus­si des ef­forts».

de l’en­vi­ron­ne­ment, du nu­mé­rique ou en­core du so­cié­tal », dé­ve­loppe le dé­pu­té an­ti­bois.

Dans le cadre de l’exa­men de la loi sur la sé­cu­ri­té in­té­rieure et la lutte contre le ter­ro­risme, un amen­de­ment pro­po­sé par la dé­pu­tée LR construc­tive Ma­rine Bre­nier a été adop­té en com­mis­sion. Il a vo­ca­tion à « étendre les me­sures in­di­vi­duelles de contrôle ad­mi­nis­tra­tif et de sur­veillance à ceux qui, en dif­fu­sant des mes­sages de haine ou en fai­sant l’apo­lo­gie du ter­ro­risme, contri­buent au phé­no­mène de ra­di­ca­li­sa­tion ».

Ch­ris­tian Es­tro­si l’a confir­mé cette semaine dans un en­tre­tien au Fi­ga­ro. Il sou­haite lan­cer, après les sé­na­to­riales du  sep­tembre, « un mou­ve­ment d’élus lo­caux sou­cieux de se pla­cer au­des­sus de la mê­lée », afin de « pro­po­ser une nou­velle es­pé­rance à ces mil­liers d’élec­teurs en déshé­rence, qu’ils soient de droite, de centre droit et peut-être de centre gauche, qui ne se re­trouvent pas dans les vieux par­tis po­li­tiques ». Dans son es­prit, cha­cun se­rait libre d’adhé­rer à ce mou­ve­ment, tout en res­tant membre d’une autre for­ma­tion po­li­tique. Le maire de Nice, quant à lui, prend en tout cas de plus en plus ses dis­tances avec Les Ré­pu­bli­cains. «Si, comme je le crains, ils de­vaient don­ner l’image de se trans­for­mer en secte, j’en ti­re­rais toutes les consé­quences.» Ce dont je vais m’aga­cer ici est bien dé­ri­soire au re­gard des sou­bre­sauts du monde. J’y vois néan­moins le signe d’un entre-soi pa­ri­sien qui, qua­rante ans bien­tôt après la dé­cen­tra­li­sa­tion, a dé­ci­dé­ment la vie dure. Voi­ci mon me­nu tra­cas. Il y a huit jours, au soir de la vic­toire de Nice sur Mo­na­co, re­gar­dant le jour­nal de  h sur France , je m’at­ten­dais, la page spor­tive ve­nue, à y dé­gus­ter le car­ton ni­çois. D’un point de vue pu­re­ment spor­tif s’en­tend, il s’agis­sait d’une in­fo non né­gli­geable. Mais non, on m’in­fli­gea les buts pa­ri­siens de la veille, qui avaient dé­jà sa­tu­ré les écrans  heures du­rant. Quelques mi­nutes plus tard, sur la même chaîne, sui­vait une mi­ni-émis­sion spor­tive. Cette fois, me dis-je, c’est la bonne. Mais non, rien, que dalle, na­da, ni les buts ni même le score du match. Le vide des mots cou­plé au néant des images. Un si­lence as­sour­dis­sant. Ni­çois « d’im­por­ta­tion », je n’ai ja­mais été un grand fan du M’en ba­ti sieu nis­sart. A cet ins­tant pour­tant, j’ai mieux com­pris pour­quoi cer­tains sont si en­clins à se sen­tir à part quand, vu de là-haut, la Côte se ré­duit à un ap­pen­dice à bron­zette. Nice ne pos­sède certes pas le mo­no­pole de ce dé­dain, du moins de ce dés­in­té­rêt ré­cur­rent pour la pro­vince. Ce pe­tit rien foot­bal­lis­tique, après tel­le­ment d’autres, le confirme ce­pen­dant : Pa­ris reste le nom­bril de notre beau pays. « Il a en­ga­gé des ré­formes que per­sonne n’a su faire ces trente der­nières an­nées. Il y a dans sa dé­ter­mi­na­tion quelque chose de Mar­ga­ret That­cher. » Ch­ris­tian Es­tro­si par­lant

d’Em­ma­nuel Ma­cron.

Enis Sli­ti: «Nous vou­lons as­seoir notre an­crage lo­cal.» Jacques Pey­rat et Eric Ciot­ti tout sou­rire hier à Nice. (DR) Eric Pau­get avec Valérie Pé­cresse à Ar­gen­teuil. (DR)

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