Col­loque in­ter­na­tio­nal au vil­lage

Nice-Matin (Grasse / Pays Grassois) - - Pays Grassois - AN­THO­NY SALOMONE

Pa­trick Quillier, ha­bi­tant d’Ai­glun et pro­fes­seur de lit­té­ra­ture com­pa­rée à l’uni­ver­si­té de Nice, est à l’ori­gine d’un col­loque in­ter­na­tio­nal sur Au­guste La­caus­sade, poète réunion­nais du XIXe siècle. Dans sa dé­marche, il a été ap­puyé par Pros­per Ève, pro­fes­seur d’his­toire mo­derne à La Réunion. Cette ren­contre s’est dé­rou­lée à la Fac de lettres à Nice avec une der­nière jour­née en ter­ri­toire ai­gle­nois. Au centre de la nef de l’église SaintRa­phaël, der­rière une table jon­chée de re­cueils, les spé­cia­listes du su­jet ont fait face à une ving­taine de per­sonnes. Le pu­blic aver­ti est ve­nu de La Réunion, de l’île Mau­rice, du Qué­bec et de toute la France. Pa­trick Quillier, bé­ret vis­sé sur une longue che­ve­lure blanche, ex­plique sa dé­marche : « J’aime em­me­ner mes étu­diants et confrères dans mon vil­lage où l’at­mo­sphère est si par­ti­cu­lière, no­tam­ment au châ­teau tro­glo­dyte. Tous les 2 ans, j’y or­ga­nise un col­loque in­ter­na­tio­nal» . La veille au soir, le po­ly­glotte a ac­cueilli les par­ti­ci­pants au sein même de son do­mi­cile au­tour d’un buf­fet. « Le pi­geon­nier », comme il le sur­nomme, évoque une bi­blio­thèque mé­dié­vale fan­tas­ma­go­rique. Pa­trick Cou­nillon, en­sei­gnant cher­cheur en lit­té­ra­ture à Bor­deaux, est di­thy­ram­bique sur Au­guste La­caus­sade : « C’était un mu­lâtre réunion­nais, fils d’un bor­de­lais et d’une femme af­fran­chie. Il a dû s’exi­ler en France après avoir été re­fu­sé au Col­lège. Cet épi­sode est dé­ter­mi­nant dans sa vie car on lui a fait re­mar­quer qu’il était de cou­leur. Il a écrit des oeuvres ma­jeures sa­luées par d’illustres au­teurs tels que Vic­tor Hu­go. In­con­tour­nable en son temps, il a par­ti­ci­pé ac­ti­ve­ment à la lutte contre l’es­cla­vage. » Le col­loque s’est ter­mi­né par

(1) la lec­ture des oeuvres du cé­lèbre poète ni­çois Alain Freixe pré­sent pour l’oc­ca­sion (2). Ce der­nier, ac­com­pa­gné de sa femme et dans un der­nier élan poé­tique, a confié : «Il y a trente ans, nous avons cam­pé à Ai­glun lors d’une longue ran­don­née entre le pla­teau de Caus­sols et Ami­rat. Je me sou­viens qu’une vieille dame m’a dit alors : les mon­tagnes ne bougent ja­mais. »

(Pho­tos DR)

De gauche à droite, C. Ra­guet, P. Quillier, A. Ughet­to et J.-P. Ga­gnon de­vant des pas­sion­nés de poé­sie.

Pa­trick Quillier de­vant sa bi­blio­thèque au Pi­geon­nier à Ai­glun.

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