Ré­sur­rec­tion

le ta­bleau de Charles Nègre est en cours de res­tau­ra­tion en la ca­thé­drale de Grasse. L’opé­ra­tion se pour­suit en­core pen­dant quelques se­maines.

Nice-Matin (Grasse / Pays Grassois) - - La Une -

Les per­sonnes fré­quen­tant la ca­thé­drale de Grasse se sont for­cé­ment ren­du compte de cette étrange dis­pa­ri­tion. Il faut dire que l’ab­sence d’un ta­bleau de trois mètres de large et 2,3 mètres de hau­teur, ça ne passe pas in­aper­çu. Lorsque l’on jette un oeil au fond de la ca­thé­drale, der­rière le choeur, on peut aper­ce­voir une étrange lu­mière se dé­ga­ger. Il s’agit de celle du pro­jec­teur qui per­met à Syl­vain Bas­sa­nese de tra­vailler sur l’oeuvre de l’ar­tiste Gras­sois Charles Nègre, La mort de SaintPaul. Blouse, gants, lu­nettes gros­sis­santes, co­tons et pro­duits à faible pou­voir dé­ter­gent, le conser­va­teur-res­tau­ra­teur de Ma­gag­nosc est équi­pé comme un mé­de­cin pour pro­di­guer les pre­miers soins au ta­bleau.

Contrôle de l’état de san­té

« L’oeuvre a dé­jà su­bi une pre­mière in­ter­ven­tion, constate Syl­vain Bas­sa­nese en pre­mier lieu. Avec une lampe UV, on peut voir la fluo­res­cence d’un ver­nis qui a été po­sé il y a plu­sieurs an­nées. Ce genre de re­touche ne se voit pas for­cé­ment à l’oeil nu. Le ta­bleau a été ren­toi­lé éga­le­ment. » Après un pre­mier diag­nos­tic, Syl­vain Bas­sa­nese, qui col­la­bore avec la ca­thé­drale de­puis plu­sieurs an­nées main­te­nant, peut alors éta­blir les tra­vaux à mettre en place. « La ten­sion de la toile est en­core bonne, re­prend-il. Il n’y a pas de sou­lè­ve­ment de la couche pic­tu­rale, elle est en­core saine. Il n’y a pas de dé­gât ap­pa­rent non plus. Le ver­nis mis pré­cé­dem­ment ne s’est pas oxy­dé, il n’y a donc pas be­soin de mettre une nou­velle couche. De ce fait, la res­tau­ra­tion ne né­ces­si­te­ra pas un gros tra­vail de fond à four­nir. Juste de l’en­tre­tien et un contrôle de son “état de san­té”».

Un mois de tra­vail

Syl­vain Bas­sa­nese va alors pro­cé­der à un « dé­pous­sié­rage » en pro­fon­deur de l’oeuvre. Une étape im­por­tante qui per­met­tra d’évi­ter la for­ma­tion de cham­pi­gnons ou toute autre al­té­ra­tion du ta­bleau. « Lorsque l’on dé­marre une res­tau­ra­tion, il est tou­jours dif­fi­cile de dé­ter­mi­ner une date pour la fin du tra­vail. Ce­la de­mande beau­coup d’adap­ta­tion car on est sou­mis à des im­pré­vus. Là, je di­rais que j’en ai pour en­vi­ron un mois pen­dant le­quel je me consa­cre­rai à ce tra­vail une de­mi-jour­née chaque jour. »

La ca­thé­drale Notre-Dame-du-Puy contient quelques tré­sors. Par­mi eux, on trouve des pein­tures de Ru­bens ain­si que le La­ve­ment des pieds de Jean-Ho­no­ré Fra­go­nard de , est une des rares oeuvres re­li­gieuses de l’ar­tiste gras­sois.

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