 migrants ex­pul­sés par les po­li­ciers

Sous le coup d’un ar­rê­té d’ex­pul­sion pris en fin de se­maine der­nière par le maire de la com­mune, En­ri­co Io­cu­la­no, le cam­pe­ment sau­vage a été in­ves­ti par la po­lice hier ma­tin

Nice-Matin (Menton) - - Menton - ERIC GALLIANO egal­lia­no@ni­ce­ma­tin.fr

De­puis la vi­site du mi­nistre de l’In­té­rieur An­ge­li­no Al­fa­no, le 7 mai der­nier à Vintimille, l’Ita­lie a dur­ci sa po­li­tique en­vers les migrants qui, de­puis le 13 no­vembre, se heurtent au ré­ta­blis­se­ment des contrôles aux fron­tières par la France (nos édi­tions d’hier). Une nou­velle étape vient d’être fran­chie avec le dé­man­tè­le­ment du cam­pe­ment sau­vage où en­vi­ron 250 de ces can­di­dats à l’exil avaient trou­vé re­fuge. Le centre d’ac­cueil de la Croix Rouge joux­tant la gare avait dé­jà dû re­plier ses ma­ra­bouts sur dé­ci­sion du Mi­nistre. Dans la fou­lée c’est le free spot amé­na­gé sur la plage qui avait re­çu la vi­site des forces de l’ordre. Les migrants s’étaient alors exi­lés sur les rives de la Roya. C’est, là, sous un pont à l’en­trée de Vintimille qu’ils avaient ins­tal­lé leur vil­lage de tentes. Une si­tua­tion dont l’as­so­cia­tion Ca­ri­tas qui leur vient en aide avait dé­non­cé la pré­ca­ri­té. Inad­mis­sible ! C’est aus­si l’avis du maire de la ville qui, en fin de se­maine der­nière, a pris un ar­rê­té pour rai­son

sa­ni­taire : ce nou­veau cam­pe­ment sau­vage avait 48 heures pour fer­mer à son tour.

Sous la pres­sion des élus lo­caux Les migrants n’ont eu le ré­pit que d’un court wee­kend. Ce lun­di ma­tin l’ar­rê­té d’ex­pul­sion a été mis à exé­cu­tion avec le concours d’un im­por­tant dis­po­si­tif po­li­cier.

Outre les four­gons des forces mo­biles ita­liennes, quatre bus avaient pris po­si­tion aux abords de la mai­rie. De­puis la vi­site du pre­mier flic ita­lien, les can­di­dats à l’exil sont sys­té­ma­ti­que­ment ren­voyés dans le Sud de la Botte, vers des centres d’iden­ti­fi­ca­tion. Tous vont de­voir en pas­ser par un re­le­vé d’em­preintes. Ceux qui peuvent pré­tendre à l’asile po­li­tique de­vront en faire la de­mande en Ita­lie. Les autres se­ront ran­gés dans la ca­té­go­rie « migrants éco­no­miques ». Ces der­niers se ver­ront alors si­gni­fier leur avis d’ex­pul­sion. Ils ont en théo­rie huit jours pour quit­ter le pays par leurs propres moyens. Il y a fort à pa­rier qu’ils pré­fèrent uti­li­ser ce dé­lai pour ten­ter à nou­veau de pas­ser la fron­tière. Mais plus ques­tion pour au­tant de les lais­ser s’ins­tal­ler du­ra­ble­ment aux portes de la France avec le risque de voir Vintimille se trans­for­mer en pe­tit Ca­lais. Les élus lo­caux, se fai­sant sans doute l’écho de leurs ad­mi­nis­trés, n’en veulent pas.

Ac­cueillis par l’évêque Cette po­li­tique d’éloi­gne­ment vers les hot spot de Si­cile a sans doute pour but de cal­mer l’opi­nion pu­blique. Mais, elle a mis en co­lère l’évêque de Vintimille qui, hier, a ap­pli­qué à la lettre le mes­sage dé­li­vré par le pape Fran­çois en ou­vrant grand les portes de son église : « Soyez mi­sé­ri­cor­dieux comme votre Père est mi­sé­ri­cor­dieux ». Ne se conten­tant pas de ci­ter la pa­role de Saint-Luc, le SaintPère avait mon­tré l’exemple en ac­cueillant douze migrants au Va­ti­can. L’évêque de Vintimille en au­rait sous­trait une cen­taine hier aux bus qui de­vaient les ren­voyer dans le Sud de l’Ita­lie.

(Pho­to Gui. Ber­to­li­no)

Im­por­tant dis­po­si­tif po­li­cier hier ma­tin à Vintimille.

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