Ma­roon  a les oreilles qui sifflent

Le mé­ga-concert des Ca­li­for­niens, di­manche soir à Nice, a dé­chaî­né les cri­tiques. Pé­tard mouillé ou simple concert de rock ? La po­lé­mique fait rage. Et la com­pa­rai­son avec Cold­play est pe­sante

Nice-Matin (Menton) - - Côte D’azur -

Une honte ! » « Vaste ar­naque ce concert. » « Mau­vais et im­per­son­nel. » « Pas d’in­ter­ac­tion, pas de voix, pas de show, concert ex­pé­dié. » En d’autres termes et en ré­su­mé : « Une belle m... » À dé­faut d’em­bra­ser le stade Charles-Ehr­mann di­manche soir, Ma­roon 5 au­ra en­flam­mé les dé­bats. Si­tôt les 20 000 spec­ta­teurs par­tis de la plaine du Var, la po­lé­mique a dé­fer­lé sur la Côte d’Azur et les ré­seaux so­ciaux. Ra­tage XXL ? Fias­co tech­nique ? Ou bon concert rock à l’an­cienne ? Con­trai­re­ment à notre compte-ren­du d’hier, les in­ter­nautes n’ont pas fait dans la nuance. Sur­tout les dé­çus qui avaient dé­bour­sé 73 à 84 € la place. « Bé­nis soient les gens qui ont éco­no­mi­sé leurs sous et leur temps. Pas comme moi, pi­geon que je suis », ful­mine Mr Pringles sur Twit­ter. « Zé­ro ef­fort de mise en scène et un in­gé son qui au­rait pu être ma grand­mère... Y avait mille fois mieux à faire ! », as­sène Frap­pe­de­mule. Le coup de grâce vient de Ju­liiy : « Heu­reu­se­ment que la plas­tique d’Adam re­lève un peu le ni­veau. »

■ Pas ceux que vous croyez Voi­là bien le hic : di­manche, une large frange du pu­blic est ve­nue ad­mi­rer un sex-sym­bol au­tant qu’un phé­no­mène ra­dio et vi­déo (Su­gar ,le mor­ceau de clô­ture, culmine à 1,3 mil­liard de vues sur YouTube). Pro­blème : le beau Adam Le­vine et sa bande, connus pour leur son hy­bri­deen­tre­pop,r’n’be­t­élec­tro,sont juste ve­nus jouer du rock. Rien que du rock. En­core faut-il pour ce­la du souffle, de l’en­vie, de la fo­lie. Au­tant d’in­gré­dients qui ont sem­blé faire dé­faut aux Ca­li­for­niens. Leur Moves like Jag­ger a beau avoir conquis la pla­nète, n’est pas Jag­ger qui veut ! Ma­roon 5 n’a ni la pres­tance des Stones, ni le ta­lent des Red Hot, ni le cha­risme de U2... Ni, sur­tout, les ar­ti­fices mul­ti­co­lores de Col­play.

■ L’ombre de Cold­play Et c’est bien là que le bât blesse. Au cruel jeu des com­pa­rai­sons, la fée­rie Lio­nel et Nathalie, couple can­nois, ont pu ren­con­trer le groupe grâce à Nice-Ma­tin : « Un échange bref mais convi­vial. » (DR) Cold­play a han­té les nom­breux spec­ta­teurs dé­jà ve­nus cinq jours plus tôt au concert-re­cord des Lon­do­niens (56 000 spec­ta­teurs). « Cold­play, c’était quand même autre chose... Là, pour un prix plus cher, il n’y avait au­cun ef­fet vi­suel, et les pro­blèmes de mi­cro, c’est un peu abu­ser », re­grette Aman­da. Pour au­tant, cette Ni­çoise de 24 ans ne « re­grette pas d’y être al­lée » .Fi­gu­rant par­mi les ga­gnantes d’un concours or­ga­ni­sé par Nice-Ma­tin, elle a eu l’im­mense plai­sir de ren­con­trer les stars avant le concert. Tout comme les Can­nois Lio­nel Gon­za­lez et Nathalie Bon­ne­fond. « Ils ont été très sym­pas. L’échange a été bref, mais convi­vial. » Plus cha­leu­reux que le concert en lui-même, re­con­naît Lio­nel : « C’était bon, le jeu scé­nique était sym­pa, mais il au­rait pu faire quelques ef­forts en fran­çais, un pe­tit “Bon­soir Nice, ça va ?”. Il y avait tout pour que la fête soit belle... On a l’im­pres­sion qu’ils vou­laient faire vite, ba­cler. »

■ Un mi­cro aphone 1 h 25 de live, après un er­satz de pre­mière par­tie as­su­ré du bout des doigts par un DJ : in­digne d’un concert dans un stade. Guillaume Boi­roux a beau évi­ter le pa­ral­lèle avec Cold­play, cet An­ti­bois de 25 ans est ca­té­go­rique : « On a l’im­pres­sion qu’ils avaient un train à prendre. L’in­ter­ac­tion avec le pu­blic était mau­vaise, tout comme le son. » Par­lons-en, du son ! Ou plu­tôt de ce mi­cro HS qui a lais­sé Adam Le­vine sans voix... Et qui a, pa­ra­doxa­le­ment, of­fert un se­cond souffle à la soi­rée. « Ce fut un mal pour un bien, puisque ça a re­lan­cé le concert » , es­time Lio­nel Gon­za­lez. « C’est de­ve­nu mieux après l’épi­sode du mi­cro, confirme Au­ré­lie, Ni­çoise de 31 ans. Au fi­nal, on a pas­sé quelques bons mo­ments. Mais ça ne va­lait Le mi­cro d’Adam Le­vine lui a cau­sé bien des tra­cas... mais a re­lan­cé le concert. (Pho­to Frantz Bou­ton)

pas du tout le prix. » Alors quoi ? Pas à la hau­teur, les Ri­cains ? Ou ja­mais content, le pu­blic ni­çois ? Alexia, grou­pie lo­cale de 24 ans, vole au se­cours des dieux dé­chus du stade : « Je suis une fan de la pre­mière heure... et je suis en­core sur mon nuage ! » Ma­thieu et Oriane, Ni­çois d’adop­tion, ac­quiescent : « On a pas­sé un très bon mo­ment. Comme tous les gens

au­tour de nous dans la fosse. » La mo­rale de l’his­toire ? Nice, son pa­lais Ni­kaïa et son stade Char­lesEhr­mann, qui viennent d’en­chaî­ner deux ex­clus fran­çaises, peuvent s’en­or­gueillir de fi­gu­rer en bonne place sur la carte des tour­neurs mon­diaux. Et puis, après tout, ce n’est que du rock’n’roll. CH­RIS­TOPHE CIRONE

cci­rone@ni­ce­ma­tin.fr

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