« Les actes de mal­trai­tance ne nous concernent pas»

Nice-Matin (Menton) - - Côte d’Azur -

Em­ma­nuel Viz­za, pré­sident du syn­di­cat mixte de l’abat­toir dé­par­te­men­tal du Mer­can­tour, ré­pond aux cri­tiques sus­ci­tées par la dif­fu­sion de la vi­déo choc, dé­fend l’abat­toir et ses équipes.

Comment ré­agis­sez-vous à la pu­bli­ca­tion de cette vi­déo ? En pre­mier lieu, je vais dé­po­ser plainte contre cette as­so­cia­tion pour vio­la­tion de pro­prié­té pri­vée. Nos ser­vices ju­ri­diques sont en train de plan­cher des­sus. Des per­sonnes sont ren­trées sans mon ac­cord pour dis­po­ser des ca­mé­ras ; c’est in­ad­mis­sible. L’autre pro­blème tient au mon­tage vi­déo : on peut faire dire ce qu’on veut à des images... Ne té­moignent-elles pas de mau­vais trai­te­ments ? Les actes de mal­trai­tance ou de bar­ba­rie ne concernent ni mon abat­toir, ni mon per­son­nel ! Je suis se­rein par rap­port à mes équipes. Certes, un ac­ci­dent peut ar­ri­ver, il peut y avoir des non confor­mi­tés mi­neures. Mais seuls les ser­vices vé­té­ri­naires, pré­sents en per­ma­nence sur le site, di­ront s’il y a des ano­ma­lies et s’il faut rec­ti­fier cer­taines choses.

Vous com­pre­nez que le grand pu­blic puisse être cho­qué à la vue d’ani­maux en­san­glan­tés, voire égor­gés en­core conscients afin de res­pec­ter le ri­tuel ha­lal ? Ce­la peut cho­quer le grand pu­blic, en ef­fet. Mais tout est fait dans le res­pect de la ré­gle­men­ta­tion exis­tante. Et nos em­ployés sont ha­bi­li­tés pour l’abat­tage se­lon le ri­tuel ha­lal, qui re­pré­sente  à  % de notre pro­duc­tion.

L dé­nonce un ma­té­riel et des tech­niques in­adap­tés, dans un abat­toir qui date de ... Il a été re­mis aux normes. S’il ne l’était pas, il se­rait fer­mé ! Cet abat­toir ne pro­duit que  tonnes par an. Ce n’est rien par rap­port aux mil­liers de tonnes pro­duits ailleurs, mais c’est un ou­til im­por­tant pour le dé­par­te­ment. Cette vi­déo a été mon­tée en épingle dans le but de le faire fer­mer. Son ave­nir est-il me­na­cé ? Il n’y a au­cune am­bi­gui­té quant au de­ve­nir de l’abat­toir. Tous les éle­veurs du dé­par­te­ment, les re­pré­sen­tants des syn­di­cats agri­coles ou de la Chambre de l’agriculture nous ont ap­pe­lés pour ex­pri­mer leur sou­tien. Cet abat­toir est l’ou­til de travail de nos éle­veurs. Je fe­rai tout pour qu’il vive et, à moyen terme, qu’il ac­cueille un ate­lier de dé­coupe.

Vos em­ployés ont été cho­qués de se re­trou­ver cloués au pi­lo­ri ? Ils n’étaient pas bien. Ils se sont fait es­pion­ner, fil­mer à leur in­su, et on ignore com­bien d’heures de vi­déo ont été fil­mées. On leur a donc dit de ren­trer chez eux. Je veux pré­ser­ver mon per­son­nel. C’est un mé­tier très dur, ils n’ont pas be­soin de cette pres­sion sup­plé­men­taire.

Quand rou­vri­ra l’abat­toir ? Nous l’avons fer­mé ce jeu­di, et il n’y a pas d’abat­tage le ven­dre­di, juste le dé­part des car­casses. Ce qui me pré­oc­cupe, c’est : au­rai-je tous mes per­son­nels lun­di ?

(Pho­to Fran­çois Vi­gno­la)

Em­ma­nuel Viz­za, pré­sident du syn­di­cat mixte qui gère l’abat­toir, a dé­ci­dé de fer­mer jus­qu’à nou­vel ordre « pour pré­ser­ver les em­ployés ».

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