Le monde agri­cole fait corps dans la tour­mente

Nice-Matin (Menton) - - Côte d’Azur -

« Ce ma­tin à l’abat­toir, j’ai vu des em­ployés en pleurs. Cer­tains di­saient “Qu’est-ce que je vais de­ve­nir ?” Ils ont peur que l’abat­toir ferme... » Hier, de­vant l’abat­toir en ques­tion à l’en­trée de Pu­get-Thé­niers, Ro­bert Ve­lay fait front face aux ca­mé­ras. Le maire sait de quoi il parle: membre du syn­di­cat mixte qui gère l’abat­toir du Mer­can­tour, élu au conseil dé­par­te­men­tal qui le fi­nance, il est lui-même un an­cien bou­cher. Bien ar­mé, donc, pour faire bar­rage à la tem­pête mé­dia­tique qui souffle sur la moyenne val­lée du Var. Il est 11 h 30, l’abat­toir a dé­jà fer­mé, alors le pre­mier ma­gis­trat du village se fait son avo­cat: «C’est une cam­pagne com­plè­te­ment or­ches­trée. On a mé­lan­gé les deux abat­toirs. Sur les images de Pu­get, je n’ai pas vu de mal­trai­tance ani­male. Après, on a un abat­toir sa­cri­fi­ca­teur, donc on y égorge les bêtes... comme nous y au­to­rise la DSV (di­rec­tion des ser­vices vé­té­ri­naires). On est dans les règles! »

Dans les règles... Mais plus vrai­ment à la page? C’est ce que laisse en­tendre le pro­cu­reur L214. Ro­bert Ve­lay sou­pire: «Avant, on était un pe­tit abat­toir lo­cal. De­puis 1936, on a plâ­tré comme on a pu... Qu’on nous re­fasse donc un abat­toir neuf! Dans l’en­semble, notre ma­té­riel est agréé. A 98 %, l’abat­tage est fait dans les bonnes normes.» D’abord ré­ti­cent, le di­rec­teur de l’abat­toir a consen­ti à nous ren­con­trer. Pour dire «sa grosse co­lère» et l’in­com­pré­hen­sion de ses em­ployés. «Je pense qu’il y a du res­pect vis-à-vis des ani­maux. Sur ces images, on ne voit pas d’agneaux vo­ler ou des coups de masse comme dans d’autres vi­déos... » Re­fu­sant de voir son équipe clouée au pi­lo­ri mé­dia­tique, le di­rec­teur s’en re­met aux vé­té­ri­naires-en­quê­teurs. «A eux de faire la dif­fé­rence entre mal­trai­tance et mau­vaise ma­ni­pu­la­tion.» En at­ten­dant, l’abat­toir gar­de­ra porte close ce jeu­di. Dé­ci­sion du pa­tron. «Quand j’ai vu

Cé­line, la pa­tronne, cherche à «sa­voir qui est le traître». Et s’in­surge contre cette of­fen­sive du lob­by pro-vé­gé­ta­rien. «Alors de­main, on ne ser­vi­ra plus que de la sa­lade? Faut ar­rê­ter! » Na­nou, le pa­tron, rap­pelle que Pu­get-Thé­niers abrite «un abat­toir de proxi­mi­té pour les est bien content de l’avoir! Des tas d’éle­veurs l’uti­lisent. Alors si on le ferme, on égor­ge­ra les bêtes dans les bai­gnoires?» Les vi­déos de L214 n’y chan­ge­ront

(Pho­tos Franz Cha­va­roche)

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