Drame de la Bo­nette: « Il y a for­cé­ment des té­moins »

Antoine Vla­j­nic de­vait ac­cueillir dix amis de sa fille dans sa mai­son du Lau­zet (04). Trois étu­diants ont per­du la vie alors que leur voi­ture a ver­sé dans un ra­vin. Ré­cit d’un cau­che­mar

Nice-Matin (Menton) - - Côte d’Azur - CH­RIS­TOPHE PERRIN chper­rin@ni­ce­ma­tin.fr

Antoine Vla­j­nik est ar­ri­vé le pre­mier sur les lieux de l’ac­ci­dent et il a a aus­si­tôt réa­li­sé l’am­pleur du drame. Loïk, Aly­cia et Mor­gane, des amis de sa fille, étaient at­ten­dus dans sa mai­son du Lau­zet-sur-Ubaye, le point de ral­lie­ment. «Ils étaient onze étu­diants. Huit en den­taire, une en droit et une en mé­de­cine. Ils ve­naient pour faire la fête», ra­conte Antoine Vla­j­nic, en­core sous le choc. « Nous sa­vions que sur les trois voi­tures, deux se sui­vaient. Une s’était éga­rée. Le pre­mier groupe a fait des pho­tos au som­met du col vers 13 heures.» Hier, la bri­gade de gen­dar­me­rie de Bar­ce­lon­nette, char­gée de l’en­quête, a rec­ti­fié son ap­pel à té­moins. Pré­ci­sant que l’ac­ci­dent s’était pro­duit entre 13 heures et 14 heures sur la route 2205, la route som­mi­tale, et non plus dans la ma­ti­née (1). «C’est une route qui, à une époque, était à sens unique. Là, elle est à double sens, sans pa­ra­pet », pré­cise Antoine Vla­j­nic qui connaît par­fai­te­ment les lieux.

Séance pho­tos au som­met

« Quand ils sont re­par­tis après la séance pho­tos, Loïk n’était pas der­rière. Ma fille et ses amis, dans la pre­mière voi­ture, sont des­cen­dus dans la val­lée. Ils ont par­cou­ru 1 à 2 km avant de se ga­rer sur un par­king. Ils ont at­ten­du puis ont re­fait le cir­cuit et, ne voyant rien, m’ont aler­té. Je suis al­lé à la gen­dar­me­rie du Lau­zet et je suis re­mon­té sur le col. On ne voyait tou­jours rien puis on a aper­çu quelques dé­bris et la voi­ture en contre­bas sur une piste qui mène au col de la Mou­tière. L’un des étu­diants très cou­ra­geux m’a ac­com­pa­gné sur la route en terre.» Tous deux ont com­po­sé le 112, un hé­li­co­ptère est ar­ri­vé sur zone mais il n’y avait plus rien plus rien à faire pour les jeunes

vic­times. Les trois oc­cu­pants de la voi­ture n’ont pu sur­vivre à une chute de 400 m. Les étu­diants dé­vas­tés par la ter­rible nou­velle pou­vaient es­pé­rer que les au­di­tions des gen­darmes soient re­por­tées au len­de­main, il

n’en a rien été. En­quête oblige. « Je me suis bat­tu pour qu’il y ait une prise en charge psy­cho­lo­gique de ces jeunes qui ont tous été ex­trê­me­ment forts, ra­conte Antoine Vla­j­nic, qui contient sa co­lère . Les parents s’in­quié­taient mais, en dé­but de soi­rée, per­sonne ne les avait en­core pré­ve­nus con­trai­re­ment à ce que les au­to­ri­tés m’avaient dit. » Que s’est-il pas­sé dans le sens sud­nord, à 200 m du som­met, pour que la pe­tite Toyo­ta Ay­go grise tombe dans le ra­vin ? « Il est in­vrai­sem­blable que per­sonne n’ait rien vu», sou­ligne Antoine Vla­j­nic. Loïk a-t-il ten­té d’évi­ter un cy­cliste ou une mo­to­comme cer­tains le pensent ? A l’en­quête de le dé­ter­mi­ner. En re­ga­gnant la Côte d’Azur, les amis de Loïk, Aly­cia et Mor­gane ont te­nu ab­so­lu­ment à re­pas­ser par la Bo­nette. Ils se sont re­cueillis sur les lieux du drame en dé­po­sant des fleurs.

(Pho­to Théo Gia­co­met­ti)

Il a fal­lu plu­sieurs heures, lun­di, avant que le pi­lote de l’hé­li­co­ptère re­père la car­casse d’une voi­ture grise sur la route som­mi­tale de la cime de La Bo­nette.

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