La Cour des comptes craint un dé­ra­page bud­gé­taire en 

Nice-Matin (Menton) - - France -

On pour­rait ap­pe­ler ce­la les bombes à re­tar­de­ment de Fran­çois Hol­lande : dans leur rap­port sur les fi­nances pu­bliques, les ma­gis­trats de la Cour des comptes s’in­quiètent du dé­ra­page des dé­penses à par­tir de 2017, an­née élec­to­rale. Le dé­fi­cit bud­gé­taire en 2017 ne pour­rait donc pas at­teindre l’ob­jec­tif de 2,7 % du PIB, après les dé­penses nou­velles an­non­cées par le gou­ver­ne­ment de­puis le dé­but de l’an­née, même si Fran­çois Hol­lande se veut ras­su­rant. « L’at­teinte de l’ob­jec­tif 2017 [fixé par le gou­ver­ne­ment, ndlr] est très in­cer­taine et le res­pect de la tra­jec­toire 20172019 des fi­nances pu­bliques peu réa­liste », a af­fir­mé sans

dé­tour le Pre­mier pré­sident de la Cour des comptes, Di­dier Mi­gaud, lors de la pré­sen­ta­tion à la presse du rap­port sur la si­tua­tion et les pers­pec­tives des Fi­nances pu­bliques, qui ne tient pas en compte des ef­fets du Brexit.

Hausse de la masse sa­la­riale

La Cour des comptes pointe en par­ti­cu­lier la hausse de la masse sa­la­riale, après l’an­nonce par le gou­ver­ne­ment du dé­gel du point de l’in­dice des fonc­tion­naires, ain­si que la hausse pro­gram­mée des dé­penses mi­li­taires et les aides an­non­cées de­puis le dé­but de l’an­née pour les jeunes, les agri­cul­teurs ou l’em­ploi. La masse sa­la­riale « aug­men­te­ra, dès 2017, à un rythme mar­quant une rup­ture forte avec les évo­lu­tions consta­tées de­puis dix ans », soit plus de 2 %, a sou­li­gné M. Mi­gaud, rap­pe­lant au pas­sage qu’elle re­pré­sente près d’un quart des dé­penses de l’Etat. De­puis Bruxelles, M. Hol­lande a confir­mé l’ob­jec­tif: « Si la crois­sance était ce que l’on pense pou­voir es­ti­mer au­jourd’hui à 1,7 % l’an­née pro­chaine, et si nous conti­nuons nos ef­forts en ma­tière de maî­trise de la dé­pense et si nous étions ex­trê­me­ment vi­gi­lants sur l’exé­cu­tion de notre bud­get, nous de­vrions at­teindre ce ré­sul­tat », a-t-il as­su­ré. De son côté, le se­cré­taire d’Etat au Bud­get, Ch­ris­tian Eckert, s’est éga­le­ment vou­lu ras­su­rant à l’As­sem­blée na­tio­nale. « L’ob­jec­tif de 2,7% fin 2017 est main­te­nu », a-t-il af­fir­mé. Les nou­velles dé­penses, an­non­cées avant une an­née élec­to­rale, avaient sus­ci­té de vives réac­tions de l’op­po­si­tion. «Hé oh, Fran­çois Hol­lande. Pré­sident en cam­pagne ? », s’était de­man­dée

Va­lé­rie De­bord, porte-pa­role du par­ti Les Ré­pu­bli­cains. Pour M. Mi­gaud, elles alour­dissent le bi­lan et « vont pous­ser les dé­penses à la hausse à hau­teur d’en­vi­ron 0,3 point de PIB en 2017, soit de l’ordre de 6 mil­liards d’eu­ros ». « Tout semble se pas­ser comme si le dy­na­misme es­pé­ré des re­cettes condui­sait le gou­ver­ne­ment à éta­ler en­core plus les ef­forts né­ces­saires au res­pect des ob­jec­tifs de re­dres­se­ment des fi­nances pu­bliques », a-t-il re­gret­té.

Hol­lande tien­dra-t-il la tra­jec­toire de ré­duc­tion du dé­fi­cit pu­blic qu’il s’est lui-même fixée, comme il le clame ré­gu­liè­re­ment ?

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