Is­tan­bul : le san­glant attentat porte “la marque” de Daesh

Le bi­lan s’est alour­di hier : 41 morts et 239 bles­sés à l’aé­ro­port Atatürk. Même si l’État is­la­mique ne l’a tou­jours pas re­ven­di­qué, son im­pli­ca­tion ne fait guère de doute

Nice-Matin (Menton) - - Monde -

La Tur­quie et la CIA – l’agence du ren­sei­gne­ment des ÉtatsU­nis d’Amé­rique – mon­traient du doigt le groupe État Is­la­mique hier après que des ka­mi­kazes eurent ou­vert le feu dans l’aé­ro­port in­ter­na­tio­nal d’Is­tan­bul avant de se faire sau­ter, tuant 41 per­sonnes dont treize étran­gers (1), dans un triple attentat-sui­cide cap­tu­ré sur des vi­déos sai­sis­santes. Ces at­taques co­or­don­nées, qui ont fait 239 bles­sés, sont les plus meur­trières dans la pre­mière mé­tro­pole de Tur­quie, dé­jà vi­sée trois fois cette an­née par des dji­ha­distes ou des Kurdes, et sur­viennent avant une pé­riode de va­cances. Au len­de­main de l’attentat de mar­di soir, au­cune in­for­ma­tion n’a été four­nie sur les ka­mi­kazes, dont le gou­ver­neur d’Is­tan­bul avait in­di­qué dans la nuit qu’ils étaient trois.

Tou­jours pas re­ven­di­qué

Le gou­ver­no­rat a an­non­cé que treize étran­gers – dont un père tu­ni­sien ve­nu cher­cher son fils dji­ha­diste dé­te­nu en Tur­quie – fi­gu­raient par­mi les 41 morts et que 130 bles­sés res­taient hos­pi­ta­li­sés. Le Pre­mier mi­nistre Bi­na­li Yil­di­rim a es­ti­mé que « les in­dices point[ai]ent vers Daesh », acro­nyme arabe de l’EI, face à la­quelle la Tur­quie, ini­tia­le­ment ac­cu­sée

de bien­veillance, a dû chan­ger de pied, adop­tant une ap­proche plus mus­clée. Et pour le chef de la CIA, John Bren­nan, l’attentat «porte sans au­cun doute la marque de la dé­pra­va­tion de l’EI ». Il n’a pas en­core été re­ven­di­qué. L’EI n’a

jus­qu’ici ja­mais re­ven­di­qué les at­taques qu’An­ka­ra lui at­tri­bue sur le sol turc. « Ces or­ga­ni­sa­tions bru­tales ont bien peu à pro­po­ser hor­mis tuer des in­no­cents », a dé­cla­ré le pré­sident amé­ri­cain Ba­rack Oba­ma, ajou­tant qu’elles «perdent

conti­nuel­le­ment du ter­rain». Mar­di soir vers 22 h (heure de Pa­ris), des ex­plo­sions ont d’abord eu lieu à l’en­trée du ter­mi­nal des vols in­ter­na­tio­naux de l’aé­ro­port Atatürk. Trois as­saillants ont mi­traillé des pas­sa­gers ain­si que des po­li­ciers en fac­tion puis les ka­mi­kazes se sont fait sau­ter.

L’aide d’Oba­ma

Le mode opé­ra­toire rap­pelle les at­ten­tats ji­ha­distes ayant en­san­glan­té Pa­ris en no­vembre (130 morts) et Bruxelles (32 morts dans le mé­tro et à l’aé­ro­port) en mars. L’aé­ro­port de Bruxelles a twee­té ses condo­léances : « Nos pen­sées aux vic­times de l’at­taque de @is­tan­bu­lair­port ». Le pré­sident turc Re­cep Tayyip Er­do­gan a ex­hor­té la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale à une « lutte com­mune » contre le ter­ro­risme. « Cette at­taque, qui s’est dé­rou­lée pen­dant le ra­ma­dan, montre que le ter­ro­risme frappe sans consi­dé­ra­tion de foi ni de va­leurs », a dit le chef de l’État. M. Oba­ma a pro­po­sé à M. Er­do­gan « toute aide dont les Turcs peuvent avoir be­soin » pen­dant leur en­quête, se­lon le porte-pa­role de la Mai­son Blanche.

1. Fran­çois Hol­lande a an­non­cé, hier, qu’il « y au­rait deux bles­sés lé­gers fran­çais » par­mi les vic­times.

(Pho­to EPA)

La vio­lence aveugle et bar­bare des trois ka­mi­kazes a plon­gé, mar­di soir, dans la dou­leur des di­zaines de fa­milles.

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