Des Vi­kings, vrai­ment ?

De­puis son ex­ploit contre l’An­gle­terre, on ne parle que de l’Is­lande. Faut-il réel­le­ment craindre cette équipe com­po­sée d’illustres in­con­nus ? Elé­ments de ré­ponse...

Nice-Matin (Menton) - - Sports -

On fe­ra, peut-être, moins les ma­lins di­manche soir, mais jusque-là, la France n’a pas eu à se plaindre du ti­rage. Quand l’Ita­lie se frotte à l’Es­pagne et l’Al­le­magne, les Bleus, eux, jouent l’Eire puis l’Is­lande. « Si on nous avait dit ça en dé­but de tour­noi, on au­rait tout de suite si­gné, glisse Eric Roy, consul­tant beIN. On ne peut pas se ca­cher der­rière la forme du mo­ment de l’Is­lande car oui, c’est un bon ti­rage. » « J’ai l’im­pres­sion de re­voir le Da­ne­mark 92 », glisse Re­né Mar­si­glia. De­puis le plus grand ex­ploit de son his­toire contre l’An­gle­terre en 8e, on ne parle plus que de l’Is­lande et ses Vi­kings, se pre­nant d’af­fec­tion pour son ca­pi­taine bar­bu (Gun­nars­son) qui tire des touches comme des cor­ners. Pour au­tant, la France doi­telle vrai­ment craindre quelque chose de cette équipe dont on ne connais­sait (presque) rien avant le dé­but du tour­noi ? « Ce qui est sûr, c’est que la France ne ga­gne­ra pas par trois buts d’écart, s’avance Gré­goire Fleu­rot, jour­na­liste en charge du sui­vi de l’Is­lande pour l’Equipe. C’est fi­ni le temps où cette équipe pre­nait des roustes. » Et de pour­suivre l’ar­gu­men­taire : « Ce ser­ra ser­ré. Il n’y a pas de grands foot­bal­leurs, mais ils savent tous très bien ce qu’ils ont à faire. Sur le plan de l’or­ga­ni­sa­tion, de la men­ta­li­té et de l’es­prit de sa­cri­fice, c’est sans doute ce qui se fait de mieux de­puis le dé­but de l’Eu­ro. »

 joueurs pro­fes­sion­nels

Au pays des vol­cans, il n’y a que 100 joueurs pro­fes­sion­nels de football quand en France on en ré­per­to­rie 1641. L’Is­lande, c’est 300 000 ha­bi­tants, soit à quelque chose près les mêmes stan­dards qu’une ville comme… Nice. C’est au­cun club pro­fes­sion­nel, une idole Gud­john­sen, 37 ans (ex-Mo­na­co), qui squatte le banc dans un rôle... d’ad­joint, une star Si­gurd­sson (Swan­sea) qui met les mains dans le cam­bouis et un at­ta­quant, Sigh­tors­son qui se traîne à Nantes. « La fai­blesse of­fen­sive an­glaise com­pa­rée à l’eu­pho­rie fran­çaise dans ce do­maine me laisse pen­ser que les Bleus sau­ront uti­li­ser leurs forces pour se mettre à l’abri » pense Mar­si­glia, notre consul­tant du­rant toute la du­rée de l’Eu­ro.

Friable sur les cô­tés

Certes, mais avec ces Is­lan­dais-là, in­vain­cus de­puis le dé­but de la com­pé­ti­tion et double-vain­queurs des Pays-Bas en qua­li­fi­ca­tions, la surprise n’est ja­mais loin. D’ailleurs, peut-on en­core par­ler de surprise ? Pour per­cer le coffre-fort, Di­dier Des­champs a plu­sieurs pistes à ex­plo­rer, dont l’une d’elles mène aux la­té­raux ad­verses. A droite, Bi­kir Sae­vars­son (31 ans) est un dé­fen­seur cen­tral de formation qui fait les beaux jours d’Ham­mar­by en Di­vi­sion 1 sué­doise. A gauche, Ari Sku­la­son (29 ans), lui, évo­lue au… Da­ne­mark, à Odense (7e sur 12 du der­nier cham­pion­nat). « C’est peut-être les maillons faibles, mais ils ne montent presque ja­mais et se contentent avant tout de bien dé­fendre, pose notre spé­cia­liste de l’Is­lande à l’Equipe. Et s’ils sont pas­sés, il faut en­core réus­sir un bon centre et sur­tout prendre le meilleur sur les deux cen­traux, le la­té­ral à l’op­po­sé et les deux mi­lieux dé­fen­sifs qui viennent pro­té­ger leur but. » Contre l’An­gle­terre, ils ont te­nu sur un fil, mais ont te­nu quand même. Dans son 4-4-2 as­sez ba­sique, l’Is­lande met en exergue des va­leurs proches de celles de l’ova­lie. Une so­li­da­ri­té de chaque ins­tant culti­vée de­puis quatre ans par le duo de sé­lec­tion­neurs qui n’a ces­sé de ra­bâ­cher les prin­cipes de base d’un football aty­pique. « Dès qu’un joueur fait une erreur, le pre­mier ré­flexe du par­te­naire est de se sa­cri­fier pour la ré­pa­rer, dé­crypte Mar­si­glia. Sur les longues touches, les deux cen­traux montent. Ce sont comme des coups de pied ar­rê­tés, un do­maine dans le­quel l’Is­lande ex­celle. » La France est pré­ve­nue… VINCENT MENICHINI À CLAI­RE­FON­TAINE (AVEC M.F. ET W.H.)

! (Ph. AFP)

L’Is­lande : la sen­sa­tion de l’Eu­ro-

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