Dé­jà ac­cu­sé de viol, Dar­ma­nin vi­sé par une en­quête pour abus de fai­blesse

Nice-Matin (Nice Littoral et Vallées) - - France -

« dé­faillances » et dé­faillances » « dys­fonc­tion­ne­ments

Blo­cage in­for­ma­tique du code-barres Au­di­tion­nés hier par la com­mis­sion des af­faires so­ciales du Sé­nat, les dis­tri­bu­teurs ont, eux, re­gret­té des « dé­faillances » hu­maines dans le sui­vi de la crise, et ré­cla­mé le blo­cage in­for­ma­tique du code-barres et une ré­vi­sion des pro­cé­dures de re­trait/rap­pel. Une fa­mille vient éga­le­ment de por­ter plainte pour « trom­pe­rie » mais aus­si pour « es­cro­que­rie », en vi­sant le fa­bri­cant et la Di­rec­tion gé­né­rale de l’ali­men­ta­tion, a in­di­qué l’avo­cat de cette fa­mille, Me Yas­sine Ya­kou­ti. « Le fait de ne pas avoir trans­mis des ana­lyses dont on sait sciem­ment qu’elles au­raient eu pour ef­fet de re­mettre en cause la si­tua­tion sa­ni­taire de l’usine est consti­tu­tif de ma­noeuvres frau­du­leuse propres à l’es­cro­que­rie »,

Sur 146 plaintes ou alertes re­çues par la di­rec­tion de l’or­ga­ni­sa­tion qui compte 40 000 em­ployés per­ma­nents dans le monde, « 40 cas ont été iden­ti­fiés comme des cas d’abus ou de har­cè­le­ment au terme d’une in­ves­ti­ga­tion in­terne. Sur ces 40 cas, 24 étaient des cas de « dans les autres cas, les em­ployés ont été sanc­tion­nés par des me­sures dis­ci­pli­naires ou des sus­pen­sions ». Se­lon MSF, ces 24 cas si­gna­lés n’in­cluent tou­te­fois pas « les cas di­rec­te­ment gé­rés par les équipes sur le ter­rain et non si­gna­lés au siège» à Pa­ris. Le nombre ef­fec­tif de cas de har­cè­le­ment ou d’abus sexuels peut donc être po­ten­tiel­le­ment plus éle­vé. «Tous les élé­ments consi­dé­rés comme des charges ayant jus­ti­fié le ren­voi du pré­ve­nu n’ont pas em­por­té la convic­tion du tri­bu­nal et sont in­suf­fi­sants pour dé­mon­trer la culpa­bi­li­té de Ja­wad Ben­daoud », a dé­cla­ré la pré­si­dente Isa­belle Pré­vostDes­prez, spé­cia­li­sée dans les af­faires ter­ro­ristes. Le par­quet, qui avait re­quis quatre ans de pri­son, a aus­si­tôt fait ap­pel.

Pro­cès hors norme

Ja­wad Ben­daoud, ju­gé de­puis le 24 jan­vier pour « re­cel de mal­fai­teurs ter­ro­ristes», a tou­jours cla­mé son in­no­cence tout au long de ce pro­cès hors norme. Ce ju­ge­ment conclut le pre­mier pro­cès en lien avec les at­taques du 13 no­vembre 2015. Un pro­cès re­ten­tis­sant avec quelque 700 par­ties ci­viles, plus de 100 avo­cats, des rires dé­clen­chés par les pro­pos dé­ca­lés de Ja­wad Ben­daoud, des larmes des vic­times des at­ten­tats. «On est ex­trê­me­ment émus d’avoir en­ten­du le tri­bu­nal nous dire que Ja­wad Ben­daoud était in­nocent », ont ré­agi ses avo­cats Xa­vier No­gue­ras et Ma­rie-Pom­péi Cul­lin. «La re­laxe, pour moi, elle était at­ten­due. Ja­wad m’a convain­cu sur beau­coup d’élé­ments», a dé­cla­ré Bi­lal Mo­ko­no, bles­sé par un ka­mi­kaze au Stade de France et qui se dé­place en fau­teuil rou­lant. Mais des par­ties ci­viles ont ex­pri­mé Dé­jà vi­sé par une plainte pour viol, Gé­rald Dar­ma­nin est dé­sor­mais confron­té à une en­quête pour abus de fai­blesse: une femme ac­cuse le mi­nistre de lui avoir de­man­dé des fa­veurs sexuelles en échange d’un lo­ge­ment. Mar­di, le par­quet de Pa­ris a ou­vert une en­quête pré­li­mi­naire vi­sant ce poids lourd du gou­ver­ne­ment peu après le dé­pôt de plainte de cette femme, qui a été au­di­tion­née dans la fou­lée, se­lon une source ju­di­ciaire confir­mant une in­for­ma­tion du Point.

Pour avoir un lo­ge­ment sa­lubre

La plai­gnante en­ten­due par le 1er dis­trict de la po­lice ju­di­ciaire pa­ri­sienne se­rait une ha­bi­tante de Tour­coing, ville dont Gé­rald Dar­ma­nin, au­jourd’hui mi­nistre de l’Ac­tion et des Comptes pu­blics, fut le maire de 2014 à 2017.

a lan­cé Pa­tri­cia Cor­reia, dont la fille a été tuée au Ba­ta­clan. «Nous sommes cho­qués par ce ver­dict qui ra­vive la dou­leur des vic­times des at­ten­tats et des fa­milles trau­ma­ti­sées par l’as­saut», dont cer­taines avaient dû être re­lo­gées, a ré­agi de son cô­té la mai­rie de Saint-De­nis.

Pri­son ferme pour les autres pré­ve­nus

Le deuxième pré­ve­nu, Mo­ha­med Sou­mah, éga­le­ment ju­gé pour «re­cel de mal­fai­teurs ter­ro­ristes», a lui été condam­né à cinq ans d’em­pri­son­ne­ment. Il avait mis en contact Has­na Aït Bou­lah­cen, qui cher­chait une planque pour les deux dji­ha­distes, et Ja­wad Ben­daoud. Une peine de quatre ans de pri­son, dont un avec sur­sis, a été pro­non­cée contre le troi­sième pré­ve­nu, Yous­sef Aït Bou­lah­cen, ju­gé pour «non-dé­non­cia­tion de crime ». Le tri­bu­nal n’a tou­te­fois pas de­man­dé de man­dat de dé­pôt pour ce pré­ve­nu qui com­pa­rais­sait libre. Il est le cou­sin d’Ab­del­ha­mid Abaaoud et le frère d’Has­na Aït Bou­lah­cen, morte aux cô­tés des ji­ha­distes dans l’as­saut du Raid. «La plai­gnante a ex­pli­qué qu’elle oc­cu­pait un lo­ge­ment in­sa­lubre», se­lon l’heb­do­ma­daire. «Elle a de­man­dé à être re­lo­gée et c’est à ce mo­ment-là que Gé­rald Dar­ma­nin lui au­rait fait des avances» à ca­rac­tère sexuel au cours des an­nées 2015 et 2016. Ces nou­velles ac­cu­sa­tions in­ter­viennent au len­de­main de l’au­di­tion libre, lun­di à Pa­ris, du mi­nistre dans une pre­mière en­quête, éga­le­ment me­née par le 1er dis­trict de la po­lice ju­di­ciaire pa­ri­sienne : une femme y ac­cuse Gé­rald Dar­ma­nin d’avoir abu­sé d’elle et de sa confiance alors qu’elle sol­li­ci­tait son aide il y a près de dix ans. Des faits qu’elle qua­li­fie de viol et que conteste vi­gou­reu­se­ment le mi­nistre, qui est res­té sourd jus­qu’à pré­sent aux ap­pels à la dé­mis­sion lan­cés par des op­po­sants po­li­tiques ou dans les rangs fé­mi­nistes.

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