Chez la dame aux  chats, le ma­tou choi­sit son maître

Au Iris Bion­do donne asile aux mi­nets aban­don­nés, afin de leur trou­ver de bons maîtres à adop­ter. En at­ten­dant, les fé­li­dés dis­posent d’une dé­pen­dance com­plète et amé­na­gée pour eux

Nice-Matin (Nice Littoral et Vallées) - - Côte D’azur - ALEXANDRE CARINI aca­ri­ni@ni­ce­ma­tin.fr

Ce ne sont pas Les 39 marches ni La dame aux ca­mé­lias, mais la dame aux 39 chats ! Chez Iris Bion­do, ils sont par­tout. Là, une queue qui ba­lance sur un ca­na­pé. Ici, des oreilles qui dé­passent d’un bos­quet. Plus loin, une paire de mous­taches à faire pâ­lir d’en­vie Sal­va­dor Dalí ! Dans la villa des Oli­viers au Cannet, les chats sont rois. Sur­tout s’ils ont été aban­don­nés ! «En ce mo­ment, on me les ap­porte par por­tée de cinq. Sou­vent, on les dé­pose dans un car­ton, de­vant mon por­tail d’en­trée », sou­pire celle qui les fait alors sté­ri­li­ser et pu­cer, avant de les don­ner à adop­ter. Mais pas n’im­porte comment, ni à n’im­porte qui. Car chez Iris, c’est aus­si l’ani­mal qui choi­sit !

Le chat choi­sit lui-même son adop­tion

« Quand je donne ren­dez-vous à une per­sonne in­té­res­sée, on at­tend que l’un des chats se dé­cide à mon­ter sur ses ge­noux, confirme celle qui aime au­tant les bêtes, si ce n’est plus, que les hu­mains. Après, on signe un contrat avec trois mois d’es­sai pour voir s’il y a adap­ta­tion. Je ne ré­cu­père que le prix de la puce élec­tro­nique, à sa­voir qua­rante eu­ros, ce n’est pas beau­coup, mais je ne fais pas du com­merce ! » Pas ques­tion de se nour­rir sur la bête. Et puis de toute fa­çon, les chiens nour­rissent les chats. « Je me fais payer pour sor­tir les chiens des per­sonnes âgées. C’est avec ce bud­get que je peux nour­rir mes chats, j’en ai eu chez moi jus­qu’à 63 ! » Pour au­tant, les ma­tous en at­tente n’y sont pas à l’étroit. D’abord parce que le jar­din avec ca­banes est une sorte de jungle à ex­plo­rer. Mais sur­tout parce qu’à quelques de mètres de la villa, la tri­bu à poils dis­pose elle-même d’une vraie mai­son, avec sa­lon-ca­na­pés, salle de bain, et même té­lé !

Tous les chats ont un nom !

« Je ne suis pas fol­dingue, mais pour moi, les ani­maux doivent bé­né­fi­cier du même res­pect que les hu­mains ». Chez Iris, tous les chats sont re­bap­ti­sés pour avoir un nom. Il y a l’Iliade et l’Odys­sée, deux soeurs ré­cu­pé­rées dans une caisse, qui semblent avoir trou­vé leur jar­din aux oli­viers. Une sia­moise Cas­sio­pée à l’oeil cre­vée, « ma­gni­fique, mais je ne peux pas trop l’ap­pro­cher, elle avait été at­tra­pée dans un fi­let» , qui a re­trou­vé une bonne étoile. Et puis Na­na 1, Na­na 2, Na­na 3, is­sues d’une même por­tée, dont le des­tin à la Zo­la au­rait pu les condam­ner. Un nom de bap­tême pour tous, comme on re­trouve une di­gni­té. « Avec mon dé­funt ma­ri, on a même bap­ti­sé un jour une arai­gnée d’oli­vier!», ri­gole Iris, à qui il ne faut sur­tout pas par­ler d’eu­tha­na­sie. « Ici, il y a même un goé­land tom­bé du nid il y a trois ans, Louis XIV, qui mange dé­sor­mais des cro­quettes ! ». La villa des Oli­viers est une arche de Noé qui re­vien­dra à la Fon­da­tion Bardot si la pro­prié­taire des lieux s’en va sous d’autres cieux. Mais bien des chats s’en mor­draient la queue... Toute per­sonne sou­hai­tant adop­ter un chat peut­con­tac­terI­risBion­doau06.14.57.43.73.

(Pho­tos A.C.)

Dans sa villa des Oli­viers, les chats sont comme à la mai­son, et pour cause : ils en dis­posent à leur gré !

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