Le gé­né­ral Goi­ran, maire à Nice et com­bat­tant au Nord

Nice-Matin (Nice Littoral et Vallées) - - Armistice De 14-18 -

Lorsque, en 1912, le gé­né­ral Goi­ran, âgé de 65 ans, fut élu maire de Nice, se dou­tai­til que, deux ans après, il re­par­ti­rait à la guerre ? La guerre, il l’avait connue dès 1870, où il avait été fait pri­son­nier par les Prus­siens. En­suite, il avait gra­vi tous les éche­lons mi­li­taires, jus­qu’à de­ve­nir mi­nistre des Ar­mées. Être maire, pen­dant la guerre, n’est pas chose simple. À la tête de la mai­rie de Nice, Fran­çois Goi­ran doit faire face à la désor­ga­ni­sa­tion de l’ad­mi­nis­tra­tion, à l’an­goisse de la po­pu­la­tion, à la ruine des fa­milles, à l’ef­fon­dre­ment du tou­risme, à la flam­bée des prix, à l’ar­ri­vée des ré­fu­giés et des bles­sés. Il doit or­ga­ni­ser les dis­tri­bu­tions de vivres, d’ar­gent et de soupes po­pu­laires, su­per­vi­ser la trans­for­ma­tion des hô­tels en hô­pi­taux et s’oc­cu­per des or­phe­lins. Il en re­cueille un chez lui. En 1916, Pa­ris le rap­pelle pour re­mettre en ordre le troi­sième corps d’ar­mée, qui est en dé­route, à Rouen. À 67 ans, il rem­pile. C’est de Rouen qu’il conti­nue­ra à ad­mi­nis­trer Nice. « Je fais la guerre à Rouen, dit-il, et c’est à Nice que je la su­bis. » Un ac­ci­dent de voi­ture l’obli­ge­ra à quit­ter l’ar­mée. « Je vous en­vie de pou­voir al­ler au com­bat, dit-il à ses troupes en par­tant. « Nous vous fe­rons hon­neur ! », pro­mettent ses sol­dats. Et le gé­né­ral Goi­ran est de re­tour à Nice…

(DR)

Le gé­né­ral Goi­ran fait la guerre à Rouen et la su­bit à Nice.

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