Dar­da­nelles,  : la fin du Bou­vet

Nice-Matin (Nice Littoral et Vallées) - - Armistice De 14-18 -

En  et , les Fran­çais ont pu dé­po­ser, au­près des ar­chives dé­par­te­men­tales et na­tio­nales, les do­cu­ments, ob­jets, cor­res­pon­dances, de -, pro­ve­nant de leurs aïeux. Ce livre, pro­duit par la Mis­sion du cen­te­naire de la Pre­mière Guerre mon­diale, donne un aper­çu de la ri­chesse de ces dons. Plus de   do­cu­ments, pho­tos, lettres font émer­ger le quo­ti­dien des Fran­çais.

509 pages, La guerre s’en­lise dans les tran­chées, de­puis la pre­mière ba­taille de la Marne, en sep­tembre 1914. Le Bri­tan­nique Wins­ton Chur­chill, pre­mier Lord de l’Ami­rau­té, pense ac­cé­lé­rer l’is­sue du conflit, en s’em­pa­rant, avec les Fran­çais, du dé­troit des Dar­da­nelles. L’at­taque, pu­re­ment na­vale, per­met­trait aux troupes d’at­teindre la mer Noire, par le Dé­troit du Bos­phore, puis de s’em­pa­rer de Cons­tan­ti­nople (ac­tuelle Is­tan­bul), ca­pi­tale de l’em­pire Ot­to­man.

Un lourd tri­but

Les troupes pour­raient re­joindre leurs al­liés russes, qui com­battent l’Au­triche-Hon­grie en­ga­gée aux cô­tés de l’Al­le­magne. En même temps, Chur­chill pense ré­duire à néant l’ar­mée turque, car l’em­pire Ot­to­man a re­joint le bloc en­ne­mi de­puis no­vembre 1914. Mais rien ne se passe comme il l’a ima­gi­né. 11,90 €. En vente dans les dé­pôts de presse ou au­près de la bou­tique

au 04.93.18.29.45. Les Turcs ont été ar­més par les Al­le­mands. Des mines em­pêchent les na­vires de pro­gres­ser. Des fi­lets font bar­rage aux sous-ma­rins. Le 18 mars 1915, une mine touche le cui­ras­sé fran­çais Le Bou­vet, par­ti de Tou­lon quelques mois au­pa­ra­vant. Seuls 75 ma­rins sur­vivent sur les 700 qui for­maient l’équi­page. Le capitaine Ra­geot de La Touche, un Tou­lon­nais, compte par­mi les vic­times. Du­rant cette ex­pé­di­tion, qui va du­rer en­core plu­sieurs mois, d’autres na­vires et sous-ma­rins se­ront en­tiè­re­ment dé­truits. Les Fran­co-Bri­tan­niques dé­cident de

Le  mars , une mine touche le cui­ras­sé fran­çais Il coule en moins d’une mi­nute.

La ba­taille du Che­min des Dames, aus­si ap­pe­lée « of­fen­sive Ni­velle » - nom du gé­né­ral Ro­bert Georges Ni­velle (1856-1924) com­mence le 16 avril 1917, à 6 heures du ma­tin, alors que les sol­dats fran­çais tentent de bri­ser le front al­le­mand, sur une ligne de crête entre les val­lées de l’Aisne et de l’Ai­lette. C’est sur ce che­min des Dames que les chars d’as­saut amé­lio­rés du ma­thé­ma­ti­cien ni­çois Paul Mon­tel (lire en pages pré­cé­dentes) font leur ap­pa­ri­tion. Se­lon les plans de Ni­velle, lan­cer une at­taque ter­restre, no­tam­ment dans la pres­qu’île de Gal­li­po­li (dans l’ac­tuelle Tur­quie). Nou­vel échec. Les Al­liés ne par­vien­dront ja­mais à fran­chir les soixante ki­lo­mètres du dé­troit des Dar­da­nelles. La ma­rine fran­çaise et les troupes co­lo­niales ont payé un lourd tri­but, avec quelque 10 000 morts. Il y en a trois fois plus cô­té bri­tan­nique... les poi­lus doivent pro­gres­ser de cent mètres toutes les trois mi­nutes, sur les trente ki­lo­mètres du Che­min des Dames. Fu­sils, gre­nades, bi­dons, vivres, les 180 000 fan­tas­sins sont char­gés comme des mules pour gra­vir la pente raide, boueuse, ins­table et dé­fon­cée, dans le froid, la pluie et la neige. L’ar­tille­rie n’a pas ou­vert les brèches es­comp­tées.

 sol­dats ar­rê­tés

En sur­plomb, les mi­trailleuses al­le­mandes sont à la fête. Près de 30 000 sol­dats fran­çais sont tom­bés, dont plus de 8 000 « ti­railleurs sé­né­ga­lais ». Ni­velle per­siste. Les re­vers se suc­cèdent. Le 27 mai, les troupes re­fusent de re­mon­ter au front. Ce sont les « mu­ti­ne­ries ». 130 hommes sont ar­rê­tés, dont cinq se­ront condam­nés à mort le 4 juin sui­vant et fu­sillés « pour l’exemple» le 17 juin. Mal­gré tout, les offensives vont conti­nuer en­core cinq mois, jus­qu’au 27 oc­tobre, et tou­jours sans suc­cès. À la suite de ces ba­tailles, Ni­velle se­ra ré­vo­qué au pro­fit de Pé­tain. Il y a cent ans, le  no­vembre, l’Ar­mis­tice est si­gné, dans un wa­gon, au coeur de la fo­rêt de Com­piègne, à Re­thondes. Le sé­na­teur du Var, Georges Cle­men­ceau, de­ve­nu mi­nistre de la Guerre en , prend le sur­nom de

 mil­lions de com­bat­tants sont morts, dont , mil­lion de Fran­çais. Mais il y a aus­si les bles­sés :  mil­lions, par­mi les­quels les Gueules Cas­sées. Ils sont dé­fi­gu­rés. Beau­coup ne re­trou­ve­ront ja­mais leur place, ni dans leur fa­mille, ni dans la so­cié­té. Plu­sieurs s’abri­te­ront des re­gards, au do­maine du Cou­don, dit des Gueules Cas­sées, à La Va­lette. Des mo­nu­ments aux morts ont pous­sé, par­tout. À Peille, dans les Alpes-Ma­ri­times et à Dra­gui­gnan, dans le Var, le mot « Pax» y a été gravé. Car tout le monde sou­haite que cette guerre soit la Der des Ders. Mais les sé­quelles sont là: fron­tières dé­pla­cées; éco­no­mies en ruine; veuves, or­phe­lins, mu­ti­lés à prendre en charge; lourds dom­mages de guerre ... Le Trai­té de Ver­sailles, qui de­vait être ce­lui de la paix, fait naître des res­sen­ti­ments, ex­ploi­tés par les ex­tré­mistes : les na­zis en Al­le­magne, les fas­cistes en Ita­lie, ce pays étant pour­tant par­mi les vain­queurs. Sour­de­ment, la Se­conde Guerre mon­diale se pré­pare.

Vic­toire. Père la

(DR)

Le Bou­vet.

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