Té­lé­phone fixe: le mes­sage passe mal chez les re­trai­tés

La fin pro­gram­mée du ré­seau té­lé­pho­nique com­mu­té, au pro­fit de la tech­no­lo­gie In­ter­net, in­quiète nos aî­nés. Simple «mo­der­ni­sa­tion», ras­sure Orange. Mais les ré­ac­tions ré­vèlent un pro­fond ma­laise

Nice-Matin (Nice Littoral et Vallées) - - Côte D’azur -

e té­lé­phone fixe fait par­tie de nos vies ! » Ce cri du coeur, vous l’avez ex­pri­mé par mail ou cour­rier, en ré­ac­tion à notre ap­pel aux lec­teurs. Vous avez été nom­breux à ré­agir à la fin pro­gram­mée du té­lé­phone fixe tra­di­tion­nel, au­quel était consa­cré notre dos­sier du  no­vembre der­nier. Ce jeu­di  no­vembre mar­que­ra, en ef­fet, un tour­nant dans l’his­toire de la té­lé­pho­nie : à comp­ter de cette date, Orange ne com­mer­cia­li­se­ra plus de ligne fixe hors In­ter­net. Pas de pa­nique : notre bon vieux ré­seau té­lé­pho­nique com­mu­té (RTC), qui compte , mil­lions de fi­dèles, a en­core quelques an­nées de­vant lui. Mais la pers­pec­tive de voir bas­cu­ler toute la té­lé­pho­nie fixe vers In­ter­net (IP, l’In­ter­net pro­to­cole) ul­cère nos aî­nés. Et ils l’ex­priment dans leurs cour­riers. Simple

ras­sure Orange. Pour­tant, cette énième mu­ta­tion tra­duit le ma­laise de nom­breux re­trai­tés dans une so­cié­té prise de bou­geotte fré­né­tique. Flo­ri­lège.

», «mo­der­ni­sa­tion du ré­seau C. C. per­tur­bés. Nous vi­vons une époque qui nous re­jette. »

Marre

■ « Je n’ai pas d’or­di­na­teur et je n’en veux pas. J’en ai marre de tous ces or­ga­nismes qui vous de­mandent votre e-mail. Le jour où ils sup­priment le fixe, je me ser­vi­rai d’un por­table (j’en ai un) tout simple, juste té­lé­phone et SMS. À 9,90 eu­ros illi­mi­té, ça me suf­fi­ra lar­ge­ment. » Da­nielle Am­ber­to, 71 ans Nice plus jeunes, ne suivent plus toutes les nou­velles tech­no­lo­gies, es­sen­tiel­le­ment faites pour ga­gner pour Orange. Ren­de­ment avant tout : voi­là le vrai ob­jec­tif. » Ce qui nous prive, aus­si, de la li­ber­té de choi­sir notre en­vi­ron­ne­ment. » Da­nièle Ray­naud, 71 ans, Vence

Cou­rant al­ter­na­tif

■ « Le plus pro­blé­ma­tique, c’est qu’il fau­dra ab­so­lu­ment pos­sé­der une ali­men­ta­tion élec­trique pour que votre té­lé­phone fonc­tionne en même temps que la box. Que se pas­se­ra-t-il donc pour les vieux usa­gers ha­bi­tant la mon­tagne sou­mis à des cou­pures de cou­rant ré­cur­rentes et de­vant avoir im­pé­ra­ti­ve­ment une connexion fiable car sou­mis à de graves pro­blèmes de san­té ???? (le té­lé­phone por­table est sans ré­seau à notre do­mi­cile). En­fin, ce qui ne nous in­quiète pas du tout, pas du tout, pas du tout, ce sont les aug­men­ta­tions de ta­rif car nous sa­vons que ce­la est A-BS-O-L-U-M-E-N-T im­pos­sible !!!!! » Ch­ris­tiane et Da­niel, ans cu­mu­lés », Roure

Har­cè­le­ment

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■ « À l’ori­gine, le concept était gé­nial : on met à dis­po­si­tion un ap­pa­reil, vous payez la consom­ma­tion. Mais le dé­tour­ne­ment de son usage a des fins pu­bli­ci­taires - sans par­ler de l’ex­pan­sion du té­lé­phone por­table - a très cer­tai­ne­ment pré­ci­pi­té sa perte. Il y a 7 ou 8 ans que j’ai car­ré­ment dé­bran­ché le mien, de­ve­nu un ob­jet de har­cè­le­ment publicitaire, liste rouge ou pas. » « Je vois des per­sonnes âgées (plus âgées que moi !) to­ta­le­ment per­tur­bées et dé­sta­bi­li­sées par ces ap­pels aux­quels elles se croient obli­gées de ré­pondre de crainte de lou­per un ap­pel de leur fa­mille, de leur doc­teur... » An­nie-Claude Lau­rier, 68 ans, Var

(Pho­to Sé­bas­tien Bo­tel­la)

La col­lec­tion de té­lé­phones vin­tage d’Et­si, à So­phia An­ti­po­lis.

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