Le hip-hop et la Pop culture

Numéro - - LA UNE - Par Del­phine Roche et Eli­sa­be­ta Tudor

En l’es­pace de quatre ans seule­ment, ils ont conquis le monde et re­nou­ve­lé les codes de la culture hip- hop. Ar­mé de son hu­mour et de sa créa­ti­vi­té ryth­mique hors pair, le groupe Mi­gos a fait de la trap d’At­lan­ta une nou­velle ré­fé­rence in­con­tour­nable. Nu­mé­ro a pho­to­gra­phié les su­per­stars en ex­clu­si­vi­té lors de leur pas­sage à Paris. Concept vi­suel de 9h29 Artspace Stu­dio

La veille au soir, ils ont mis le feu au fes­ti­val We Love Green. Sur scène, les fu­mi­gènes cho­ré­gra­phiés et les sauts fré­né­tiques des trois Mi­gos ré­pon­daient aux fu­mées épaisses et aux po­gos sau­vages du pu­blic en fo­lie. Le groupe d’At­lan­ta était l’at­trac­tion ma­jeure de l’évé­ne­ment mu­si­cal qui an­nonce les beaux jours pa­ri­siens, les soi­rées pro­lon­gées et la dolce vi­ta sur les pa­vés. Pour le plus grand bon­heur des fans réunis là, les Mi­gos ont égre­né une li­ta­nie de tubes im­pa­rables ali­gnés en l’es­pace de quelques an­nées seule­ment, de­puis Han­nah Mon­ta­na sor­ti en 2013, jus­qu’au tout ré­cent Nar­cos, en pas­sant par le dé­jà my­thique Bad and Bou­jee, sorte de plaque tour­nante qui a fait bas­cu­ler le trio dans une fame à l’échelle pla­né­taire et l’a pla­cé en or­bite par­mi les sen­sa­tions mu­si­cales les plus ex­ci­tantes de notre époque.

Lorsque nous les re­trou­vons le len­de­main,

Qua­vo, Of fset et Ta­keof f ont pu re­prendre de la vi­gueur et ef fa­cer les traces des riches émo­tions de la veille. Flan­qués de leur cou­sin au nom fran­co­phone, de leur ma­na­ger, de deux gardes du corps pa­ti­bu­laires do­pés aux sté­roïdes et d’une bonne di­zaine d’amis sty­lés, ils entrent l’un après l’autre dans la suite du Pla­za Athé­née, re­marquent la vue sur la tour Eif fel et dis­pa­raissent ra­pi­de­ment dans la chambre. Alors que les es­sayages com­mencent, les rires s’élèvent et rem­plissent l’es­pace. Dans les heures qui sui­vront, les Mi­gos se prê­te­ront vo­lon­tiers au jeu de la séance pho­to. Entre deux chan­ge­ments de look, le groupe donne un aper­çu de sa vie quo­ti­dienne faite de ri­go­lades entre amis, de free- styles et de dé­gus­ta­tions de re­pas concoc­tés par un cui­si­nier spé­cia­le­ment à leur dis­po­si­tion. Au fil des

pun­chlines et des blagues, le temps s’étire, tant et si bien que l’in­ter­view pro­gram­mée pas­se­ra à la trappe…

Il faut dire qu’entre Qua­vious Mar­shall ( Qua­vo, de son nom de scène), Kia­ri Ce­phus ( Of fset) et Kir­sh­nik Ball ( Ta­keof f ), l’os­mose est évi­dente et to­tale. Et pour cause, les trois com­plices sont liés par des liens fa­mi­liaux – les deux pre­miers sont des cou­sins, et le troi­sième est le ne­veu de Qua­vo. Chez les Mi­gos, tout se fait à trois, ou par trois. En 2013, c’est avec un flow ter­naire ré­vo­lu­tion­naire, le

tri­plet flow, que le groupe bou­le­verse le monde du rap et se taille ins­tan­ta­né­ment un nom avec son single Ver­sace, vé­ri­table ode à la cé­lèbre marque de mode ita­lienne. Alors que le rap s’est ma­jo­ri­tai­re­ment construit sur des flows bi­naires, le nou­veau rythme crée un son plus cha­lou­pé, plus sub­til, où les voix semblent dé­jouer le beat plu­tôt que de lui obéir. On parle dès lors du “Mi­gos flow”, qui fe­ra des émules

plus ou moins ta­len­tueux à tra­vers le monde, jus­qu’à ri­co­cher au­jourd’hui dans l’Hexa­gone où le son des Mi­gos donne le “la” d’un nou­veau rap fran­çais. Ce n’est pas tout. Hor­mis Run- DMC, NWA et Three 6 Ma­fia, le hip- hop s’est sou­vent construit sur des in­di­vi­dua­li­tés. Les Mi­gos font ex­cep­tion à la règle, dès leurs dé­buts, ils dé­montrent une en­tente si par­faite, sur le plan hu­main comme sur le plan mu­si­cal, que les uns fi­nissent les phrases des autres. Le groupe aime se li­vrer à des dé­mons­tra­tions édi­fiantes de free- style où les mots coulent na­tu­rel­le­ment de l’un à l’autre des trois MC, sans ja­mais se heur­ter.

Mais il y a plus : nés dans les an­nées 90, les trois Mi­gos dé­montrent dès leurs dé­buts un sens de l’image qui dé­con­cer te cer tains, en­thou­siasme d’autres, et gagne en sub­ti­li­té au fil du temps. Bar­dés de chaînes et de bi­joux, jus­qu’à fri­ser le ri­di­cule, et de che­mises à mo­tifs cha­toyants, les Mi­gos de l’époque du hit Ver­sace font preuve d’une qua­li­té propre aux

mil­len­nials et à la gé­né­ra­tion YouTube : un don pour le self- bran­ding. At­ti­fés de vê­te­ments as­sor­tis, les Mi­gos pro­posent une vé­ri­table image de marque, pen­sée et uni­fiée, comme s’ils en­cou­ra­geaient les fans à pro­duire des mèmes. Au- de­là des sphères des afi­cio­na­dos purs et durs du rap, le groupe pos­sède donc dé­jà tous les atouts pour de­ve­nir un vé­ri­table phé­no­mène cultu­rel en s’ap­puyant sur la puis­sance de dif fusion vi­rale d’In­ter­net.

Zap­pant le rôle des mai­sons de disques,

la trap a ain­si éta­bli son propre cir­cuit de dif fusion qui opère un rac­cour­ci ful­gu­rant entre l’échelle lo­cale et l’échelle pla­né­taire : tes­tés dans les strip clubs d’At­lan­ta et sur les ra­dios lo­cales, les mor­ceaux sont pa­ral­lè­le­ment dis­po­nibles en ligne. Quatre ans seule­ment après leur tube Ver­sace, les Mi­gos at­teignent dé­jà le som­met de leur ar t et touchent ce­lui de la re­nom­mée, comme l’at­teste le cri du coeur lan­cé par l’ac­teur et créa­teur de la gé­niale sé­rie

At­lan­ta, Do­nald Glo­ver – éga­le­ment lui- même un rap­peur of fi­ciant sous le nom de Chil­dish Gam­bi­no. Ra­flant plu­sieurs Gol­den Globes, Glo­ver pro­fi­tait en 2017 de la soi­rée de re­mise of fi­cielle des ré­com­penses pour lan­cer un cri d’amour aux Mi­gos, qui ont fait une ap­pa­ri­tion dans un épi­sode d’At­lan­ta : “J’ai­me­rais re­mer­cier les Mi­gos, pas pour avoir fi­gu­ré dans ma sé­rie, mais pour avoir fait Bad and Bou­jee. Hon­nê­te­ment, cette chan­son est gé­niale.”

En 2017, le titre Bad and Bou­jee fra­cas­sait lit­té­ra­le­ment In­ter­net en pré­am­bule de la sor­tie de l’al­bum Culture, et po­pu­la­ri­sait la culture trap dans le monde en­tier. Au me­nu, un style de vie ty­pique des po­pu­la­tions mé­tis­sées et ghet­toï­sées du sud des États- Unis, entre

gang­sté­risme, fré­quen­ta­tion des strip clubs, vente et consom­ma­tion de cer­taines drogues qui ra­len­tissent for te­ment les tem­pos des aî­nés du rap : le lean ( co­déine di­luée dans du so­da), la ma­ri­jua­na rou­lée dans des feuilles de ta­bac, la MDMA. Le style de musique qui lui est as­so­cié, la trap, agrège un son de boî te à rythmes très ré­pé­ti­tif et ro­bo­tique, à des har­mo­nies par fois sombres à base de nappes de syn­thé­ti­seur.

Lorsque les Mi­gos ré­vèlent au monde le titre Bad and Bou­jee, son clip dé­voile un nou­veau vo­let de l’iden­ti­té du trio, sous l’in­fluence ma­gique de Ka­nye West, qui vient de les si­gner sur son la­bel GOOD Mu­sic. Outre un style ves­ti­men­taire plus sobre, la vi­déo montre la culture très lo­cale d’At­lan­ta sous un jour à la fois plus pop, plus drôle et plus sexy : des femmes bar­dées de lo­gos de marques de luxe, ex­su­dant une au­ra sul­fu­reuse de nou­veau gang fé­mi­nin – bad, soit “mé­chantes”, mais ayant le goût des choses chères, bou­jee, c’est- à- dire “bour­geoises” – se ba­ladent avec le groupe sur des quads et des mo­tos, et ac­com­pagnent tout na­tu­rel­le­ment des bols de nouilles ins­tan­ta­nées et des seaux géants de pou­let frit d’un ex­cellent cham­pagne, le tout dé­gus­té dans un di­ner tout à fait quel­conque.

Le mor­ceau fait aus­si ap­pa­raî tre une nou­velle dy­na­mique au sein du groupe : après la fusion, vient l’ère de la dis­tinc­tion. Qua­vo, qui avait af fir­mé pen­dant quelque temps son

En 2013, c’est avec un flow ter­naire ré­vo­lu­tion­naire, le tri­plet flow, que le groupe Mi­gos bou­le­verse le monde

du rap et se taille ins­tan­ta­né­ment un nom avec son single Ver­sace, une ode

à la cé­lèbre marque de mode ita­lienne.

rôle de lea­der na­tu­rel, se voit presque chal­len­gé par Off­set, dont le cou­plet ob­sé­dant “Rain­drops, drop tops ( drop top)/ Smo­kin’ on co­okie in the hot­box (co­okie)”, de­vient un ob­jet de culte pour les cri­tiques de rap, même par­mi les plus dif fi­ciles et aguer­ris. L’éclo­sion musicale de Ta­keof f, le ben­ja­min du groupe, in­ter­vien­dra quant à elle un peu plus tard, sur l’al­bum Culture II où le jeune rap­peur brille no­tam­ment sur le très beau titre Made Men. Tel un che­val de Troie, la fra­trie Mi­gos s’est ain­si in­fil­trée dans le rap game pour y lais­ser ses marques – his­to­riques, c’est le moins que l’on puisse dire. Culture, l’al­bum pla­ti­né – dont Bad and Bou­jee, le titre phare men­tion­né ci- des­sus, est res­té nu­mé­ro 1 des charts amé­ri­cains pen­dant un mois – n’est pas juste un énième pro­jet de trap qui a vu le jour au sud des États- Unis. In­va­sif, voire des­truc­teur pour les rap­peurs qui n’ont pas su se mettre à la page, le tri­plet flow des Mi­gos ne s’est pas li­mi­té à une ten­dance musicale éphémère, mais s’est éta­bli comme une vé­ri­table ré­vo­lu­tion. Qua­vo, Off­set et Ta­keoff prouvent ain­si qu’ils ont un don qui se trans­forme en piège pour ceux qui tentent, en vain, de les imi­ter.

Au­then­tique, leur flow a su leur at­ti­rer les col­la­bo­ra­tions d’une pa­no­plie d’ar­tistes tels que Tra­vis Scott et 21 Sa­vage, sans ou­blier le fa­meux Drake, qui avait tant ai­mé le titre Ver­sace

Vé­ri­table épo­pée de 24 titres, Culture II, pa­ru en 2018 et pro­duit no­tam­ment par Phar­rell Williams et Ka­nye West, vient confir­mer leur gé­nie ryth­mique et nous fait ou­blier les éven­tuelles pé­riodes de sé­che­resse créa­tive du trio, dues à leur li­ta­nie de pro­cé­dures ju­di­ciaires, d’ar­res­ta­tions et d’in­car­cé­ra­tions.

qu’il en a fait un re­mix. Et de­puis le suc­cès de leur mix­tape Young Rich Nig­gas en 2013, la liste des princes du hip- hop qui se frottent au trio s’al­longe chaque an­née : Soul­ja Boy, A$ AP Ferg, Chris Brown, Guc­ci Mane, Rick Ross, French Mon­ta­na, Lil Yach­ty, sans ou­blier le Fran­çais La­crim qui se sont dé­jà bous­cu­lés au por­tillon pour obtenir un fea­tu­ring si­gné Mi­gos – une vé­ri­table va­leur sur le mar­ché. Im­pac­tant, Culture, sor ti en 2017, le deuxième opus du trio, s’avère être une suite par fai­te­ment lo­gique et tout de même sur­pre­nante à son pre­mier al­bum Yung Rich Na­tion sor­ti en 2015.

Les Mi­gos ne sont plus les bou­ton­neux bling qui s’ap­pe­laient Po­lo Club à leur tout dé­but. Les gar­çons sont de­ve­nus des hommes ma­tures, voyez- vous, et jouissent ou­ver te­ment de leur suc­cès mu­si­cal tout en pre­nant de vé­ri­tables risques pour ne pas se re­po­ser sur leurs lau­riers et ris­quer de dé­grin­go­ler des

charts. Avec Culture, les Mi­gos ont lais­sé l’écri­ture ri­gide, la dex­té­ri­té un peu trop technique et les ins­tincts pop en­core bal­bu­tiants de Yung Rich Na­tion der­rière eux pour s’éta­blir avec un flow ser­ré, ponc­tué d’ono­ma­to­pées qui sont de­ve­nues le vo­ca­bu­laire d’un nou­veau lan­gage du hip- hop. Le tri­plet flow se voit ain­si non seule­ment res­sus­ci­té mais per­fec­tion­né, et ouvre la voix à leur deuxième acte, Culture II, pa­ru tout juste un an plus tard, en 2018, et pro­duit no­tam­ment par Phar­rell Williams et Ka­nye West. Vé­ri­table épo­pée de 24 titres, qui a connu quinze en­trées si­mul­ta­nées dans la sec­tion Hot R& B/ Hip- Hop Songs des Bill­board en 2018, l’al­bum vient ain­si confir­mer leur gé­nie ryth­mique à coups de stac­ca­tos et de mots ha­chés puis cra­chés qui dé­fient le beat de chaque mor­ceau pour mieux le domp­ter : l’en­tê­tant Walk It Talk It, ain­si que le tube à l’hu­mour pop Stir Fry ont conquis les quatre coins du monde et nous font ou­blier les éven­tuelles pé­riodes de sé­che­resse créa­tive du trio dues à leur li­ta­nie de pro­cé­dures ju­di­ciaires, d’ar­res­ta­tions et d’in­car­cé­ra­tions. Car, comme pour tout rap­peur qui se res­pecte, le suc­cès ne vient pas sans son lot de re­vers. Et les pa­roles aux al­lures de pro­vo­ca­tions ju­vé­niles van­tant le culte de l’ar­gent, le bling et les armes à feu sont sou­vent le triste re­flet d’une réa­li­té vé­cue par les po­pu­la­tions is­sues de la “di­ver­si­té” dans les marges de la so­cié­té amé­ri­caine, entre pau­vre­té ex­trême et vio­lence, loin des lu­mières de la scène et du gla­mour des ta­pis rouges.

Dans le rap game, les com­pa­rai­sons, les dé­fis et les guerres d’ego sont le lot quo­ti­dien. Lorsque Rae Srem­murd, un duo com­po­sé de deux frères ori­gi­naires du Mis­sis­sip­pi, s’au­to­pro­clame en 2016 les Black Beatles sur leur titre du même nom – qui de­vien­dra un tube –, l’hon­neur des Mi­gos de­mande à être dé­fen­du. C’est Do­nald Glo­ver, en­core une fois, qui s’en char­ge­ra : “Je pense qu’ils sont les Beatles de notre gé­né­ra­tion et qu’ils ne sont pas as­sez res­pec­tés, en de­hors d’At­lan­ta. Il y a au­jourd’hui une nou­velle gé­né­ra­tion, la gé­né­ra­tion YouTube, dont je fais par tie. Et cette gé­né­ra­tion gran­dit avec des ré­fé­rences qui sont igno­rées par le reste de la so­cié­té.” Sta­tis­ti­que­ment, l’af­fir­ma­tion est juste : avec 14 mor­ceaux dans le Bill­board Hot 100 en 2018, les Mi­gos ont en ef­fet éga­lé le re­cord de plu­sieurs dé­cen­nies des Beatles. Un constat qui leur a va­lu du suc­cès, tout comme de la ja­lou­sie, voire des ra­fales de com­men­taires dé­gra­dants sur les ré­seaux so­ciaux. Mais ce rap­por t d’amour et de haine que l’in­dus­trie de la musique cultive avec ses propres ar tistes est éga­le­ment une fa­çon de dé­sa­cra­li­ser des icônes gé­né­ra­tion­nelles pour en construire de nou­velles. Vé­ri­table ver­sion mil­len­nial des Feux de l’amour, la vie des rap­peurs d’At­lan­ta et de leur en­tou­rage fas­cine les fans et les cu­rieux, tout en fai­sant en sor te que les mor­ceaux fraî­che­ment sor­tis dans les charts res­tent là où ils se doivent de res­ter – au som­met, ni plus ni moins. Choi­sis­sant la voie du po­wer couple, Off­set a convo­lé en justes noces avec la star Car­di B. Le couple a ré­cem­ment mis au monde son pre­mier en­fant tout sim­ple­ment pré­nom­mé… Kul­ture. Une se­maine après cet heu­reux évé­ne­ment, voi­là Of fset ar­rê­té par la po­lice d’At­lan­ta, qui dé­couvre dans le cof fre de sa Porsche trois armes à feu non dé­cla­rées. Plus sage, mais pas trop, Qua­vo s’adonne au bu­si­ness des fea­tu­rings et ne cesse d’étendre son in­fluence sur la musique de son époque. DJ Kha­led, Jus­tin Bie­ber, Chance the Rap­per, Young Thug, Fu­ture et Ni­cki Mi­naj, pour n’en ci­ter que quelques- uns, sont les ar­tistes qui l’ont cour­ti­sé de­puis le dé­but de l’an­née : sur n’im­por te quel mor­ceau, un hook de Qua­vo, sor te de Jé­sus du rap, suf fit à mul­ti­plier les ventes, té­lé­char­ge­ments et strea­mings. C’est à se de­man­der si le ca­det Ta­keoff ne se sent pas per­du entre les ébats mé­dia­tiques d’Of fset et le suc­cès mu­si­cal de son oncle Qua­vo. S’il est in­ti­mi­dé par cette fa­mille quelque peu dys­fonc­tion­nelle, il n’en laisse en tout cas rien pa­raî tre : une fois réuni sur scène, le trio est tout feu tout flamme, comme de­vant l’ob­jec­tif de notre pho­to­graphe. Lors­qu’ils sou­rient, ils ex­hibent fiè­re­ment leurs grillz tout en dia­mants, et les sur­doués gra­ti­fient au pas­sage l’as­sis­tance d’un free­style, tout en pre­nant des poses de plus en plus drôles et sur­réa­listes. Pour cou­ron­ner la jour­née, Mike Ty­son, la lé­gende de la boxe, pas­se­ra sa­luer un ins­tant les rap­peurs. Une jour­née tout à fait or­di­naire dans la vie du groupe qui a fait de la trap une his­toire de fa­mille, puis un suc­cès pla­né­taire.

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