La ga­le­rie Fu­mi cé­lèbre ses 10 ans.

De­puis dix ans dé­jà, la ga­le­rie Fu­mi, à Londres, met à l ’ hon­neur le de­si­gn contem­po­rain. Une ex­po­si­tion ex­cep­tion­nelle cé­lèbre cet an­ni­ver­saire avec une sé­lec­tion de pièces qui ont émaillé son his­toire.

Numéro - - Sommaire - Par Os­car Du­boÿ

Now and Then, la nou­velle ex­po­si­tion lon­do­nienne de la ga­le­rie Fu­mi, cé­lèbre les 10 ans d’ac­ti­vi­té de Va­le­rio Ca­po et Sam Pratt… Une mis­sion pour la­quelle les deux fon­da­teurs ont fait ap­pel au re­gard ex­per t de Lib­by Sel­lers, amie, cri­tique et ex- ga­le­riste, qui a contri­bué à sé­lec­tion­ner la tren­taine de pièces pré­sen­tées pour l’oc­ca­sion. Si la cu­ra­trice a pu no­tam­ment pio­cher dans les pre­mières pièces de Tho­mas Le­mut et la fine den­telle de co­quillages de Ro­wan Mersh, qui im­pres­sion­na le pu­blic du PAD Lon­don en 2016, les maî tres de mai­son, eux, se sont concen­trés sur ce qu’ils savent le mieux faire : pro­duire du de­si­gn contem­po­rain. En l’oc­cur­rence, des meubles di­rec­te­ment is­sus de l’ate­lier des de­si­gners, spé­cia­le­ment pour l’évé­ne­ment, dans la tra­di­tion chère à Fu­mi où les mains qui des­sinent sont aus­si celles qui réa­lisent. On y dé­couvre par exemple la sé­rie Gyp­sum, si­gnée du duo grec Vou­ke­nas Pe­trides, cô­toyant un com­plice des dé­buts comme Max Lamb avec sa nou­velle chaise en châ­tai­gner do­ré à la feuille.

C’est en 2008 qu’ils ado­ptèrent cette ligne ré­so­lu­ment contem­po­raine et ex­pé­ri­men­tale flir­tant avec l’art, après avoir no­tam­ment col­lec­tion­né du mo­bi­lier des an­nées 50 et 60 lors­qu’ils tra­vaillaient res­pec­ti­ve­ment dans le mar­ke­ting et la fi­nance : “Quand nous nous sommes re­cen­trés sur la sé­rie li­mi­tée, nous ne sa­vions pas exac­te­ment où ce choix nous mè­ne­rait, mais nous avions de bonnes pistes et d’ex­cel­lents contacts, par exemple avec Max Lamb ou Gli­the­ro. Si le risque n’était pas cal­cu­lé, nous nous étions néan­moins fixé un cri­tère de sé­lec­tion : la pièce de­vait nous plaire aus­si bien à la ga­le­rie qu’à la mai­son.”

Phi­lippe Ma­louin, Paul Cock­sedge… dès sep­tembre 2008, pour la pre­mière ex­po­si­tion Ma­te­ria­lism, les re­crues pré­sen­tées avaient dé­jà tout bon. Par la suite, leur suc­cé­de­ront dans les lo­caux de la ga­le­rie Fu­mi à Sho­re­ditch ( au­jourd’hui dé­mé­na­gée en plein May­fair) Faye Too­good ou en­core Lu­kas Weg­werth – avant d’at­ter­rir chez les col­lec­tion­neurs les plus avant- gar­distes – à une époque où les ten­dances du mar­ché n’étaient pas si au­da­cieuses. “Le de­si­gn contem­po­rain de­meure une niche, confirment les ga­le­ristes, mais, de­puis dix ans, les clients se sont ou­verts et on voit de nou­velles gé­né­ra­tions ar­ri­ver. Main­te­nant cer tains in­ves­tis­seurs sont même plus in­té­res­sés par le de­si­gner lui- même que par la spé­cu­la­tion !” Un pe­tit mi­racle pour un jeune de­si­gner, et un vrai

mo­tif d’op­ti­misme.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.