Tom Tjaar­da 1934-2017

Ri­chard He­sel­tine se sou­vient du de­si­gner au­to­mo­bile pro­li­fique, plus connu pour la Pan­te­ra.

Octane (France) - - Allumage / News -

SON NOM n’est peut-être pas aus­si connu que ce­lui de lé­gendes telles que Gior­get­to Giu­gia­ro ou Mar­cel­lo Gan­di­ni, mais pen­dant plu­sieurs dé­cen­nies il a été tout aus­si pro­li­fique qu’eux. Mais lui pré­fé­rait res­ter dis­cret, lais­sant son CV par­ler à sa place : cet ar­tiste ta­len­tueux a des­si­né plus de 70 voi­tures dans une car­rière qui a du­ré un de­mi-siècle. Tjaar­da n’a pas chô­mé en 82 ans. Né Ste­vens Thomp­son Tjaar­da van Star­ken­berg, son père John (né Joop), un Hol­lan­do-amé­ri­cain, était res­pon­sable du pro­to­type Briggs qui al­lait de­ve­nir la Lin­coln-ze­phyr, mais il pré­ten­dait qu’être le fils d’un de­si­gner n’a eu que peu d’in­fluence sur son choix de car­rière. « Mes pa­rents se sont sé­pa­rés quand j’étais très jeune et je suis par­ti vivre avec ma mère. Ce n’est que plus tard que j’ai com­men­cé à ap­pré­cier ce que mon père a fait » ra­con­tai­til à Octane. « À l’ori­gine, je voulais être ar­chi­tecte. J’ai étu­dié à l’uni­ver­si­té du Mi­chi­gan avec ce­la en tête, mais lors de ma der­nière an­née, j’ai de­man­dé à Aa­ree Lah­ti, mon pro­fes­seur, si je pou­vais des­si­ner une voi­ture dans le cadre de mes cours. »

Tjaar­da a réa­li­sé une ma­quette d’un break de chasse à 2 portes qui a pi­qué l’in­té­rêt du res­pon­sable de Ghia, Lui­gi Segre, qui lui pro­po­sa un contrat à l’été 1958. Bien qu’il n’eût ja­mais des­si­né de voi­tures avant et qu’il était un étran­ger, on de­man­da im­mé­dia­te­ment à Tjaar­da d’ima­gi­ner l’in­no­cen­ti 950 road­ster. Puis il pas­sa chez Pi­nin­fa­ri­na fin 1962 pour créer les lignes de voi­tures aus­si pres­ti­gieuses que les Fer­ra­ri 330 GT 2+2 et 365 Ca­li­for­nia, ou des plus humbles comme la Fiat 124 Spi­der, qui em­prun­tait le style du concept car Ron­dine ba­sé sur la Che­vro­let Cor­vette. Tjaar­da fit ses adieux à Pi­nin­fa­ri­na fin 1965 et tra­vailla à quelques pro­jets mi­neurs avant de re­tour­ner chez Ghia. Segre était par­ti de­puis long­temps et l’ar­gen­tin Alejandro de To­ma­so était dé­sor­mais aux com­mandes. « Les gens étaient ter­ro­ri­sés par de To­ma­so, mais ce n’était qu’un jeu. Il ado­rait l’in­fa­mie. Il était tou­jours à la re­cherche d’un bon coup, alors, sans sur­prise, il se dés­in­té­res­sait très vite des choses. »

Une dont il ne s’est pas dés­in­té­res­sé fut la Pan­te­ra, qui émer­gea en 1970. « Je pense que du dé­but à la fin, ça m’a pris peut-être quatre mois. Ça a été un vrai plai­sir. » Quand de To­ma­so re­ven­dit Ghia à Ford en 1974, Tjaar­da est res­té comme res­pon­sable du de­si­gn jus­qu’en 1978, et par­mi ses nom­breuses contri­bu­tions à la marque à l’ovale, on compte la toute pre­mière Fiesta. Après une pé­riode de “pur­ga­toire” à la tête du stu­dio de de­si­gn avan­cé de Fiat, il a re­joint Ray­ton-fis­sore 1981, où il est res­té trois ans avant de vo­ler de ses propres ailes, pro­po­sant ses ser­vices à des construc­teurs comme Bugatti ou Zas­ta­va.

Tjaar­da était une per­sonne très amicale et sur­tout, ce qui est le plus rare pour un de­si­gner, per­sonne dans l’in­dus­trie n’a ja­mais rien eu à re­dire sur lui ou son tra­vail.

Ci-des­sus et ci-des­sous Tjaar­da montre à Octane ses vieux car­nets de cro­quis. « En voi­là une que j’ai faite ja­dis » : la Fiat 124 Spi­der, quand il était chez Pi­nin­fa­ri­na.

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