Dex­té­ri­té ma­nuelle

La der­nière 911 GT3 ma­rie sen­sa­tions et vi­tesse.

Octane (France) - - Allumage / Nouveautés - Texte Kyle For­tune

IL Y A DEUX ANS qu’an­dreas Preu­nin­ger, le res­pon­sable du dé­par­te­ment GT de Porsche, s’est as­sis à cô­té de moi dans une 911 R. Nous avons dis­cu­té de la pos­si­bi­li­té de voir la trans­mis­sion ma­nuelle à 6 rap­ports de la R être uti­li­sée sur une autre 911 et avons même en­vi­sa­gé quelques éven­tuels chiffres de vente de pa­reille voi­ture, si celle-ci voyait le jour.

Et elle l’a vu. Porsche a ré­tro­pé­da­lé sur sa dé­ci­sion, avec la pre­mière gé­né­ra­tion de 991 GT3, de ne la pro­po­ser qu’avec deux pé­dales et sans pa­lettes. La nou­velle GT3 peut en dis­po­ser, avec un 7e rap­port, mais est éga­le­ment pro­po­sée avec une ver­sion amé­lio­rée de la boîte à 6 rap­ports qui a connu tant de suc­cès sur la 911 R.

Preu­nin­ger et moi avions ima­gi­né une ré­par­ti­tion 60/40 entre PDK et ma­nuelle. Ce se­ra peut-être plus, peut-être moins, peu im­porte : la Porsche la plus in­tense re­çoit en­fin la trans­mis­sion qu’au moins une por­tion de ses ache­teurs les plus pu­ristes at­ten­dait. Elle est lé­gè­re­ment moins ra­pide en ma­nuel, mais même Porsche ad­met s’être un peu trop fo­ca­li­sé sur les temps au tour avec la pré­cé­dente GT3, ou­bliant les gens qui n’ont que faire des mil­li­se­condes, mais qui pré­fèrent les sen­sa­tions. La nou­velle GT3 pro­met les deux. Les spé­ci­fi­ca­tions semblent être un amal­game de celles de la GT3 et de la 911 R, mais elle est plus que ce­la. Oui, le mo­teur est tou­jours un 4,0 litres, mais il pro­vient de la 911 Cup, avec une dis­tri­bu­tion ri­gide in­édite, un vi­le­bre­quin creux, des com­po­sants al­lé­gés, des re­vê­te­ments à fric­tion li­mi­tée et un sys­tème d’ad­mis­sion à double vo­let qui force l’air à haute vi­tesse.

Il en ré­sulte 500 ch à 8 250 tr/mn et une zone rouge stra­to­sphé­rique à 9 000 tr/mn. La ré­ac­ti­vi­té à bas ré­gime est im­mé­diate et en mon­tant dans les tours elle émet le gron­de­ment ma­niaque que seules connaissent les voi­tures de course. Avec la PDK, l’exer­cice du 0 à 100 km/h est abat­tu en 3’’5, il faut 0’’5 de plus en ma­nuel.

On l’ou­blie vite, tant le sé­lec­teur de la boîte 6 est ra­pide en ac­tion. Ajou­tez à ce­la un par­fait es­pa­ce­ment des pé­dales et vous ou­blie­rez de pres­ser le bou­ton Sport, qui éga­lise le ré­gime au ré­tro­gra­dage, pour le faire par soi­même. La vieille école, il n’y a que ça de vrai. La com­bi­nai­son du mo­teur et de la trans­mis­sion est un chef-d’oeuvre, comme l’est le châs­sis. La prise de vi­rages, ai­dée par les roues ar­rière di­rec­trices, est presque aus­si im­mé­diate que sur une RS. Les freins sont tout-puis­sants et la sus­pen­sion contrôle l’équi­libre de fa­çon in­croyable, alors que la sou­plesse du confort est sur­pre­nante. Im­pres­sion­nant, sur­tout compte te­nu du ca­rac­tère ra­di­cal de la GT3. L’ap­pui est éga­le­ment ac­cru, mal­gré un Cx qui n’évo­lue pas : sur la GT3, tout a été affiné pour une meilleure ef­fi­cience, dans le but ul­time de la vi­tesse. Elle est plus amicale et plus fa­cile que l’est la RS, et pas plus lente dans le monde réel. Peut-être même plus ra­pide, étant lé­gè­re­ment plus étroite et plus ex­ploi­table sur la route. C’est une voi­ture im­mer­sive, qui en­gage son conduc­teur, en­core mieux que la cé­lèbre 911 R. Oui, la GT3 est une réus­site et en trans­mis­sion ma­nuelle, elle est à son apo­gée.

Ci-des­sus et ci-des­sous

Pas de tur­bos pour la GT3 et le re­tour d’une trans­mis­sion ma­nuelle, pour l’ex­pé­rience de conduite la plus im­mer­sive qu’il soit.

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