MAR­CHÉ

À l’heure de faire le bi­lan de la sai­son, ce sont en­core et tou­jours les États-unis qui tirent le mar­ché vers le haut.

Octane (France) - - Sommaire - Texte Jean-ch­ris­tophe Langlais

Les ventes pas­sées et à ve­nir, les ten­dances, les prix

LA SAI­SON 2017 touche à sa fin, les prin­ci­pales ventes eu­ro­péennes et amé­ri­caines ont eu lieu, il est donc temps de ten­ter le dif­fi­cile exer­cice de l’ana­lyse par le prisme des résultats de ces va­ca­tions.

Nous l’avions dé­jà an­non­cé et par­tiel­le­ment vé­ri­fié, le mar­ché eu­ro­péen s’est cal­mé tan­dis que les ventes amé­ri­caines ont clai­re­ment main­te­nu la barre très haut. Ce qui est in­té­res­sant, c’est que nombre de vé­hi­cules trouvent pre­neurs fa­ci­le­ment, sou­vent au-des­sus des prix de ré­serve, sans même par­ler des “blue chips”, plu­sieurs re­cords ayant été bat­tus cette an­née.

Les au­tos es­ti­mées au-des­sus de 5 mil­lions d’eu­ros sont pour le mo­ment prin­ci­pa­le­ment fa­vo­ri­sées dans les ventes amé­ri­caines. Ce­la semble fonc­tion­ner, puisque le taux d’in­ven­dus de­meure très bas, au contraire des ventes eu­ro­péennes de l’an pas­sé qui en pré­sen­taient en­core bon nombre, sans beau­coup de suc­cès à l’ex­cep­tion de la très spé­ciale vente RM So­the­by’s à Ma­ra­nel­lo, qui a cé­lé­bré les 70 ans de la marque au che­val ca­bré.

En ce qui concerne les résultats eu­ro­péens, quatre ventes ont clai­re­ment re­te­nu notre at­ten­tion. Tout d’abord, la va­ca­tion Bon­hams Chan­tilly Art et Élé­gance a connu un suc­cès mi­ti­gé avec 50 % de lots ven­dus, mais sur­tout un to­tal de 1 898 650 eu­ros, à com­pa­rer aux 9 475 507 eu­ros réa­li­sés en 2016. Le lot le plus cher était une DB2 DHC Van­tage de 1953, ad­ju­gée 402 500 eu­ros.

Outre le franc suc­cès de la vente RM So­the­by’s de Ma­ra­nel­lo, avec un to­tal de 59 570 000 eu­ros, il est à no­ter le score phé­no­mé­nal de la Fer­ra­ri 400i ayant ap­par­te­nu à Keith Ri­chards, ven­due 345 000 eu­ros (!). à com­pa­rer aux 150 000 eu­ros es­ti­més et sur­tout à la cote ha­bi­tuelle de 85 000 eu­ros.

Lors de la vente Bon­hams du Good­wood Re­vi­val, 65 % de lots ont été ven­dus pour un to­tal de 11 075 000 eu­ros. Il était in­té­res­sant de consta­ter l’ab­sence de vé­hi­cules consi­dé­rés comme ex­cep­tion­nels, que l’on re­trouve fi­na­le­ment tous dans les ca­ta­logues des ventes amé­ri­caines des mêmes mai­sons de ventes.

L’en­chère la plus éle­vée concerne une Fer­ra­ri 365 GTB/4 Day­to­na à 675 000 eu­ros (frais com­pris). On est ef­fec­ti­ve­ment loin des 13 mil­lions ob­te­nus par une Mcla­ren F1 de route ayant

connu un seul pro­prié­taire, lors de la vente Bon­hams de Quail Lodge (USA).

À pro­pos de Mcla­ren F1, il se­rait in­té­res­sant de sa­voir quel prix se­ra payé pour celle dé­te­nue et ven­due par Tom Hart­ley Jr. Il s’agit d’une pre­mière main dis­po­sant tou­jours de ses pro­tec­tions plas­tique d’in­té­rieur et ja­mais conduite par son pre­mier pro­prié­taire, un col­lec­tion­neur ja­po­nais. Si le prix payé est connu du pu­blic, la F1 pas­se­ra très pro­ba­ble­ment dans un autre uni­vers. La Zoute Sale par Bon­hams a fait cette an­née amende ho­no­rable et cer­tains prix ob­te­nus ont de quoi éton­ner, voire in­tri­guer. Une Bra­bus Classe G Lan­dau­let pro­duite à 99 exem­plaires et au style très par­ti­cu­lier a trou­vé pre­neur pour 1 200 000 eu­ros tous frais com­pris, tan­dis qu’une très belle Fer­ra­ri 330 GTC res­tau­rée est par­tie pour 805 000 eu­ros. Les Ci­troën DS Ca­brio­let semblent tou­jours avoir la cote, une ma­gni­fique DS21 1967 dé­ca­po­table Cha­pron s’est ven­due 218 500 eu­ros, frais com­pris. Celle-ci était équi­pée du rare ta­bleau de bord Jae­ger et dis­po­sait en­core de son in­té­rieur com­plet d’époque en très bel état, chose rare.

Au ni­veau des ventes amé­ri­caines, des re­cords ont à nou­veau été bat­tus, ce qui confirme clai­re­ment une ten­dance dé­jà pres­sen­tie. Les ventes de Quail Lodge, Por­to­la Pla­za et Pebble Beach ont ef­fec­ti­ve­ment réa­li­sé des scores ex­cel­lents, preuve que le mar­ché outre-at­lan­tique se main­tient.

Les trois ventes de la Mon­te­rey Car Week ont rap­por­té un to­tal cu­mu­lé d’en­vi­ron 238 mil­lions d’eu­ros, presque au­tant que les 240 de l’an pas­sé. Un point po­si­tif à no­ter est le nombre de vé­hi­cules ven­dus au-des­sus de leur es­ti­ma­tion, à sa­voir 14 %, soit une aug­men­ta­tion de 5 points par rap­port à l’an pas­sé.

Avec 83 % de vé­hi­cules ven­dus, les trois ventes réunies sont ef­fec­ti­ve­ment à consi­dé­rer comme un très beau suc­cès. Les lots les plus mar­quants ap­pa­rais­sant dans notre Top 10 ci-contre.

Notre coup de coeur est très clai­re­ment la Ma­se­ra­ti 5000 GT car­ros­sée par Mi­che­lot­ti, ex-briggs Cun­nin­gham, ven­due 860 000 eu­ros par RM So- the­by’s. Elle a une his­toire par­ti­cu­liè­re­ment in­té­res­sante et en pos­sé­der une si­gni­fie faire par­tie d’un club aus­si fer­mé que ce­lui des pro­prié­taires de 250 GTO, la 5000 GT n’ayant été pro­duite qu’à 34 exem­plaires, car­ros­sés par dif­fé­rents fai­seurs tels qu’ale­ma­no, Pi­nin­fa­ri­na, Mi­che­lot­ti ou en­core Tou­ring et Frua, toutes plus ex­tra­va­gantes les unes que les autres, avec une liste de pro­prié­taires à faire rou­gir un Who’s who de l’époque. Pour conclure, outre des résultats très en­cou­ra­geants aux États-unis de ma­nière gé­né­rale et un mar­ché eu­ro­péen plu­tôt ti­mide, on re­marque clai­re­ment que cer­tains mo­dèles re­la­ti­ve­ment ré­cents sont de plus en plus pri­sés des col­lec­tion­neurs aus­si bien en Eu­rope qu’outre-at­lan­tique et nous ne se­rions pas éton­nés de voir ap­pa­raître sous peu une bulle spé­cu­la­tive au­tour de ces mo­dèles, in­té­res­sants à plus d’un titre pour cer­tains, pas for­cé­ment pour d’autres.

Il s’agi­ra donc comme pour tout mar­ché de sé­pa­rer le bon grain de l’ivraie et d’en dé­chif­frer les codes si on ne veut pas fi­nir en pi­geon nour­ri du même ali­ment…

LES AU­TOS ES­TI­MÉES AU-DES­SUS DE 5 MIL­LIONS D’EU­ROS SONT POUR LE MO­MENT PRIN­CI­PA­LE­MENT FA­VO­RI­SÉES DANS LES VENTES AMÉ­RI­CAINES

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