M2­tech Evo Two Plus Dac/sup­ply

La gamme Evo du ma­nu­fac­tu­rier ita­lien M2­tech, est une série de pe­tits ap­pa­reils au­dio­nu­mé­riques DAC, ali­men­ta­tion, in­ter­faces, hor­loge qui per­mettent de créer un sys­tème de conver­sion évo­lu­tif que l’on consti­tue brique par brique au gréé de ses en­vies, de

On Magazine - - SOMMAIRE - par Pierre-yves Ma­ton

En ef­fet, le grand spé­cia­liste ita­lien du nu­mé­rique M2­tech a ac­tua­li­sé en 2016 toute sa gamme Evo qui de­vient Evo Two. Deux nou­veaux convertisseurs pointent leur nez re­pous­sant les li­mites de l’an­cien Evo Dac bien plus loin, tant en ma­tière de for­mats trai­tés que de fonc­tion­na­li­tés. Une in­ter­face Hi­face Evo Two étend ses ca­pa­ci­tés grâce à l’ajout d’une se­conde en­trée au stan­dard S/PDIF RCA en plus de son USB : une nou­veau­té ap­pré­ciable qui ne le li­mite plus, comme l’an­cien mo­dèle, à jouer juste le rôle d’in­ter­face pour or­di­na­teur et le rend plus uni­ver­sel (sur­tout re­lié à la nou­velle hor­loge M2­tech). Plus in­té­res­sant et to­ta­le­ment nou­veau, l’evo Dac Two Plus pro­fite en sup­plé­ment d’une liai­son spé­ci­fique op­tique pour gé­rer de fa­çon pro­prié­taire le flux de don­nées nu­mé­rique entre l’hi­face Evo Two ou en­core l’evo Clock Two. Ain­si, et sui­vant la fré­quence d’échan­tillon­nage de chaque disque ou fi­chier, un ca­lage d’hor­loge se fe­ra au­to­ma­ti­que­ment et en temps réel entre les deux ap­pa­reils connec­tés. Sa­luons l’in­gé­nio­si­té de M2­tech. Une nou­velle hor­loge voit aus­si le jour, l’evo Clock Two. Là aus­si, cer­taines nou­veau­tés nous conviennent par­fai­te­ment. Rom­pant avec l’as­pect quelque peu aus­tère de l’an­cien mo­dèle, l’ap­pa­reil voit ar­ri­ver en plein mi­lieu de sa fa­çade un pe­tit af­fi­cheur bleu­té qui sert, té­lé­com­mande à la main, à son fonc­tion­ne­ment. Cette hor­loge de course peut aus­si tra­vailler avec d’autres pro­duc­tions que celles de M2­tech grâce à sa sor­tie Clock Mas­ter, mais à condi­tion que ces der­niers soient com­pa­tibles avec une hor­loge fonc­tion­nant à 22.5792 /24.576 MHZ, 11.2896 /12.288 MHZ ou en­core 10 MHZ. À ce­la s’ajoute la liai­son spé­ci­fique Clock In­fo ci­tée plus haut.

Un conver­tis­seur bien plus com­plet

Mais re­ve­nons-en à nos ap­pa­reils en test d’au­jourd’hui : le couple Evo Dac Two Plus et son ali­men­ta­tion ex­terne, Evo Sup­ply. L’an­cien Evo Dac était li­mi­té 24 bits/192 khz. La dif­fé­rence avec lui porte d’une part sur la com­pa­ti­bi­li­té de for­mats trai­tés, et aus­si sur les fonc­tion­na­li­tés dans le sens large du terme. Tou­jours em­bar­qué dans un pe­tit boi­tier mé­tal­lique de 11 x 5.5 x 10 cm, le nou­vel ar­ri­vant Plus offre en ef­fet un nombre ac­cru de connexion. À la place des trois en­trées de l’an­cien mo­dèle (I2S sur RJ45, USB et co­axiale), nous trou­vons tou­jours une USB, une RCA co­axiale, une I2S (cette fois-ci au stan­dard HDMI PS Au­dio) et en­fin une op­tique

Tos­link sup­plé­men­taire. Une se­conde prise op­tique tout à fait spé­ciale dite «Clock In­fo» re­joint les autres en face ar­rière. Cette sor­tie va échan­ger des in­for­ma­tions avec l’ap­pa­reil mis en connexion, per­met­tant ain­si un ca­lage de fré­quence d’hor­loge entre ce conver­tis­seur et l’hi­face Evo Two que re­join­dra ou pas la nou­velle hor­loge Evo Clock Two. Grâce à cette liai­son op­tique, l’evo Dac Two Plus pour­ra bas­cu­ler sa fré­quence d’hor­loge en mode Word Clock ou Mas­ter Clock en fonc­tion des si­gnaux, et ce en temps réel. Les deux sor­ties ana­lo­giques, du type Single-en­ded, offrent un ni­veau de sor­tie de 2.5 Vrms avec un taux de dis­tor­sion très bas de 0.0005%. et un rap­port si­gnal­bruit de 120 db. La confi­gu­ra­tion est double mo­no.

Pi­lo­tons de loin cette fois

Res­tant dans les pos­si­bi­li­tés et nou­veau­tés de ce conver­tis­seur Evo Dac Two Plus, ajou­tons qu’en lieu et place du com­mu­ta­teur de l’an­cien mo­dèle, une té­lé­com­mande peut pi­lo­ter l’ap­pa­reil à dis­tance. Pe­tite, com­pacte et toute noire, nous y trou­vons toutes les fonc­tion­na­li­tés né­ces­saires. Nous pou­vons, par exemple, jouer sur le contrôle de vo­lume (99 pas de 0.5 db), ré­gler la ba­lance en cas de dé­ca­lage entre les deux ca­naux et plus in­té­res­sant, in­ver­ser la phase ab­so­lue de l’ap­pa­reil. Plus beau­coup d’ap­pa­reils ne pro­posent cette der­nière fonc­tion, mais elle se ré­vèle bien utile lorsque cer­tains en­re­gis­tre­ments sont ef­fec­tués avec une phase in­ver­sée (le + à la place du – et sur les deux ca­naux). En ef­fet, et sui­vant les en­re­gis­tre­ments, il n’est pas cer­tain que la même phase soit ap­pli­quée en stu­dio donc sur le disque ou sur fi­chier lu. Il ar­rive que le même cas se pro­duise par­fois d’un mor­ceau à l’autre au sein du même al­bum. Et même, au ni­veau des ap­pa­reils eux-mêmes, cer­tains pré­am­plis par exemple, in­versent cette phase. Ce qui peut sem­bler être un gad­get de prime abord est en réa­li­té une fonc­tion bien pra­tique que nous re­trou­vons sou­vent dans des ap­pa­reils plus haut de gamme. D’autre part et grâce à la fonc­tion HID, L’evo Dac Two Plus pour­ra prendre le contrôle de vo­lume de l’ap­pli­ca­tion de lec­ture di­rec­te­ment lors­qu’il se­ra re­lié en USB à un or­di­na­teur. Un pe­tit plus bien sym­pa­thique en­core une fois qui lui offre la pos­si­bi­li­té d’être as­so­cié di­rec­te­ment à des en­ceintes ac­tives ou, pour­quoi pas, à un bloc de puis­sance ex­terne. Nous com­pre­nons mieux la pré­sence de cette nou­velle té­lé­com­mande.

Et in­side, what’s new ?

Outre ses fonc­tion­na­li­tés sup­plé­men­taires qui en font un conver­tis­seur dans l’air du temps, la struc­ture in­terne a bien chan­gé, ne se­rait-ce que pour ac­cep­ter des flux di­gi­taux 32 bits/384 khz en PCM et 11.2 MHZ en DSD256. Cette ou­ver­ture à des flux ul­tra Hi-res est due la pré­sence d’une puce de conver­sion Sabre ES9018K2M très ap­pré­ciée ac­tuel­le­ment dans le monde au­dio­phile. Cette puce de conver­sion de course est ac­com­pa­gné d’une in­ter­face USB asyn­chrone Xmos, de deux os­cil­la­teurs de haute pré­ci­sion et d’un double cir­cuit d’am­pli­fi­ca­tion (am­pli op) à faible bruit avec nombre de pe­tits conden­sa­teurs po­ly­pro­py­lènes de qua­li­té. En­fer­mé dans le même pe­tit boi­tier mé­tal­lique, le mon­tage uti­lise prin­ci­pa­le­ment des com­po­sants de sur­face. L’evo Dac Two Plus est li­vré avec une pe­tite ali­men­ta­tion ex­terne, mais comme les autres pro­duits de la gamme, nous ne sau­rons que conseiller de pas­ser à une ali­men­ta­tion plus per­for­mante qui en ti­re­ra de plus hautes per­for­mances so­nores. Ce qui nous n’avons pas hé­si­té à faire d’ailleurs avec l’evo Sup­ply.

Evo Sup­ply : une ali­men­ta­tion 3-en-1

Nous avons sou­vent quelque peu pes­té contre les pro­duits M2­tech pas­sés entre nos mains et leur bloc d’ali­men­ta­tion trop ba­sique. La marque pro­po­sait certes dé­jà une ali­men­ta­tion haut de gamme en op­tion, la Van Der Graff de M2­tech, mais d’un prix un peu trop éle­vé par rap­port à la classe de prix des mo­dèles Evo. L’evo Sup­ply comble cette la­cune. Pe­tite par la taille puisque dans le même cof­fret, elle n’en de­meure pas moins une ali­men­ta­tion à

dé­cou­page digne de ce nom dont la tech­no­lo­gie dé­coule de celle in­tro­duite dans le Van der Graff avec des ré­gu­la­teurs dis­crets, et une pro­tec­tion ef­fi­cace contre les courts-cir­cuits. Elle offre trois sor­ties de 9 V pour ali­men­ter un en­semble com­plet M2­tech, avec mise en veille sur la face avant de celles-ci.

Écoute : des pe­tites boîtes au­dio­philes pour un grand son

Les écoutes ont été ef­fec­tuées avec un sys­tème lé­gè­re­ment dif­fé­rent que ce­lui que nous pos­sé­dions au­pa­ra­vant : am­pli­fi­ca­tion Gold­mund Me­tis 5 avec en­ceintes Grand Cru Ho­ri­zon (sur les­quelles nous re­vien­drons un jour plus en dé­tail), alors que les sources étaient confiées, soit à un lec­teur ré­seau Lu­min via sa sor­tie nu­mé­rique, soit un PC jouant avec le player Jri­ver. Pour les liai­sons, nous avons re­pris notre Wi­re­world Star­light pour l’or­di­na­teur et un câble nu­mé­rique fait mai­son pour le Lu­min, le reste étant du Gold­mund Li­neal et Ab­so­lue Créa­tions IN-TIM. Ce n’est pas la pre­mière fois qu’un M2­tech passe entre nos mains. Nous avons tou­jours beau­coup ap­pré­cié le cô­té trans­pa­rent de ces ap­pa­reils, l’écoute du couple Evo Two Dac Plus et son Evo Sup­ply reste dans le sillon de la marque. Néan­moins, nous avons été sur­pris as­sez vite, car le ton gé­né­ral a quelque peu chan­gé pour une mu­si­ca­li­té douée de plus de cha­leur et d’onc­tuo­si­té. Se­rait-ce le choix du Dac Sabre qui en se­rait res­pon­sable, pour­quoi pas ? En ef­fet et sur l’ex­cellent disque «La belle Époque» réunis­sant Ma­rianne Pi­ket­ti, Da­na Cio­car­lie et Ma­ga­li Lé­ger sur des oeuvres de Saint-saëns et Sa­ma­zeuilh (Fon­da­men­ta), le couple en test s’illustre par un pou­voir de dé­fi­ni­tion propre à la marque qui s’as­so­cie au­jourd’hui à une pro­fon­deur et à une meilleure den­si­té des timbres, un hom­mage à la qua­li­té de ce disque. Le son reste fouillé et pré­cis dans le haut du spectre avec une ra­pi­di­té bien ap­pré­ciable, il s’ac­com­pagne cette fois d’un re­gistre mé­dium plus char­pen­té, plus char­nu. Nous conser­vons donc ce pou­voir d’ana­lyse tel­le­ment ap­pré­cié de la marque au­quel se joignent des timbres plus chauds don­nant sans contexte une touche plus hu­maine à la re­pro­duc­tion so­nore. Nous avons pu faire les mêmes consta­ta­tions sur «Die Fle­der­mauss» de J.S Strauss (Deutsche Gram­mo­phon) et, là aus­si, nous no­tons une nette amé­lio­ra­tion, no­tam­ment sur la construc­tion de la scène so­nore. L’image sté­réo­pho­nique jouit d’une lar­geur et d’une pro­fon­deur en­core plus convain­cante. Pas­sant à de la mu­sique plus mo­derne, on ne peut que tom­ber sous le charme de l’evo Dac Two Plus et son ali­men­ta­tion. Les fi­chiers «One Se­conde» du groupe Yel­low nous ré­vèlent, mais ce n’est pas une sur­prise, une ex­cel­lente ra­pi­di­té sur les pe­tits si­gnaux, cette qua­li­té se re­trou­vant sur les at­taques de notes par exemple. La so­no­ri­té de l’en­semble est très aé­rée, très vo­lu­bile. Le re­gistre ai­gu ne semble pas mon­trer de li­mite, avec un bas du spectre mus­clé, le genre qui ne traine pas une se­conde. Les syn­thés et leurs ef­fets sont au pre­mier plan dans toute leur di­men­sion, ils sont sou­te­nus par une basse élec­trique puis­sante, mais pas en­va­his­sante pour au­tant. Cha­cun reste à sa place et avouons que l’evo Dac Two Plus + l’evo Sup­ply en donne jus­te­ment de l’es­pace pour que le son s’épa­nouisse sans res­tric­tion. Au mi­lieu d’une image sté­réo­pho­nique d’une belle pers­pec­tive so­nore, les voix conservent leur ma­té­ria­li­té et leur pré­sence scé­nique. Ce­la va vite, c’est pré­cis, net, mais sans au­cun as­pect dé­char­né. Il semble que sur ce point, ce nou­veau sys­tème Evo marque in­con­tes­ta­ble­ment des points par rap­port à l’an­cien.

En con­clu­sion

Cet en­semble marque de nou­veaux points par rap­port à la concur­rence qui n’a qu’à bien se te­nir. Il est fait pour ceux qui aiment la pré­ci­sion, comme le nombre de mi­cro-in­for­ma­tions, et éga­le­ment une scène so­nore ou­verte. Nous nous sommes ré­ga­lés de la pré­ci­sion comme de la sta­bi­li­té de l’image so­nore, mais que re­joint au­jourd’hui un spectre so­nore plus équi­li­bré. Un couple prêt à en dé­coudre avec tout type d’en­re­gis­tre­ment.

1150 € M2­TECH

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